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Jean-Marie Bigard : Un coeur gros comme ça !

Publié le 5 mai 2020

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Très ému par les malheurs de ce monde, ce grand croyant a financé en 2017 les travaux de rénovation d'une chapelle.

« L'argent, c'est comme le fumier, si on le laisse en tas, il pollue l'air, mais si on le disperse, il donne des moissons merveilleuses », confiait Jean-Marie Bigard il y a quelques mois sur la chaîne KTO. En affichant de telles opinions, pleines de ces métaphores dont il a le secret, et des intentions aussi nobles, il ne peut plus nous leurrer et nous faire croire à son allure de vilain garçon !

Ce n'est plus un mystère pour personne : ses dehors de grossier personnage à la voix grasseyante et au parler bourru, une carapace sous laquelle il s'est caché depuis ses débuts, dissimulent des trésors de compassion et de générosité…


Une fois de plus, l'humoriste qui se repaît de blagues sous la ceinture, ravi de choquer en laissant parler son sens aigu de la provocation et de l'humour potache, nous montre son vrai visage : celui d'un homme sensible, croyant et délicat…

En novembre dernier, nous vous avions raconté dans nos pages le geste incroyable du fameux créateur du Lâcher de salopes à l'égard du neveu de sa concierge atteint d'un cancer de la gorge. Face à la détresse de ce garçon malade et de sa famille, trop démunis pour obtenir un traitement rapide, ce papa de trois enfants – Sasha, 11 ans, et les jumeaux Jules et Bella, 7 ans –, n'avait pas hésité à emprunter une très grosse somme d'argent pour le sauver. Comme un signe de la Providence, Jean-Marie devait très vite ensuite gagner un montant équivalent – 300 000 euros – grâce au tournage d'un spot publicitaire.

Celui qui sait mieux que personne jouer avec les – gros – mots, sait aussi que, dans la vie, rien n'a plus d'importance que les actes, qui en disent bien plus long sur la vérité intérieure d'une personne que toute parole…

C'est ainsi qu'il y a trois ans, cet être d'une grande piété et dévoué, en visite du côté de Gaillefontaine, en Seine-Maritime, s'est ému de la décrépitude de la chapelle Saint-Jean-Baptiste-des-Noyers, un édifice érigé au Moyen-Âge. Tout autre que lui aurait passé son chemin et détourné les yeux vers un spectacle plus amusant, le sien par exemple ! Mais celui qui affirme à qui veut l'entendre « Je suis riche de ce que je donne » a, ce jour-là, arrêté ses pas et décidé de venir en aide à l'association de sauvegarde de l'église, en mettant la main au portefeuille. Et quel portefeuille !

C'est en effet pas moins de 330 000 euros que Bigard a offerts aux passionnés de ce précieux patrimoine, des fonds qui ont été les bienvenus puisqu'ils ont permis de restaurer la toiture et la charpente, et de redresser le clocher qui piquait du nez.

C'est cette chapelle de Saint-Jean-Baptiste-des-Noyers que l'artiste a sauvé de la ruine.

Mais le donateur inattendu n'avait alors pas dit son dernier mot : ce 5 mars en effet, quelques heures avant de monter sur scène, non loin de là, à Forges-les-Eaux, le comédien a fait un léger détour par Saint-Jean-Baptiste-des-Noyers, le temps de s'assurer que son argent avait été bien employé, et pourquoi pas, envisager une « petite rallonge » ! « Je vous ai botté le cul en 2017, a asséné l'humoriste au président de l'association, Norbert Durand. Maintenant je suis prêt à y retourner ! »

Pour le récompenser de sa générosité, l'équipe en charge de la réfection de la chapelle lui a remis un beau tee-shirt comportant une photo de l'édifice et ces mots qui n'ont sans doute pas manqué d'émouvoir ce grand sensible : « J'ai un cœur gros comme ça ». Un vêtement qui éclipsera peut-être celui commercialisé par Jean-Marie lui-même et qui annonce avec cette percutante délicatesse dont il a le secret : « Allez tous vous faire enc… »

Déconcertant personnage, vous l'avouerez, que celui qui, encore aujourd'hui, s'étonne d'avoir été longuement reçu en audience par le pape Benoît XVI, en compagnie de Nicolas Sarkozy, il y a plusieurs années… Le locataire de l'Élysée de l'époque, connaissant la foi et l'immense générosité de l'humoriste envers l'Église, l'avait emmené au Vatican pour rencontrer le souverain pontife !

« J'étais dans le bureau du ministre du saint-père, à photographier des tapisseries millénaires, se souvient Bigard encore tout ébloui dans une émission diffusée sur TV Libertés, et publiée sur sa page Facebook. J'ai été invité et reconnu comme le plus gros donateur individuel français, ce dont je ne me vante pas trop… Sarkozy avait une main sur l'épaule du saint-père et une main sur la mienne ! Il lui expliquait que j'étais un mec bien, que j'avais fait le Stade de France, comme s'il en avait quelque chose à branler. C'était rapide, je n'ai même pas eu le temps de lui dire qu'il existait des préservatifs parfumés – vanille, chocolat, cacahuète –, et que c'était bien, les préservatifs. Mais je suis quand même resté cinq minutes en compagnie de notre président et de Benoît XVI, et quand je suis sorti, la presse italienne s'est jetée sur moi pour savoir qui j'étais ! Les autres étaient restés 15 secondes à peine, et moi 5 minutes ! C'était très comique, je leur ai dit – comme je le pouvais parce que je ne parle pas italien ! –, que j'étais juste un humoriste un peu vulgaire… »

Généreux, sensible, délicat et modeste en plus ! Contre toute attente, Jean-Marie Bigard ne serait-il pas l'homme idéal, en fait ?

Clara MARGAUX

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