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Jean-Michel Larqué : Il dit adieu au football !

Publié le 28 avril 2018

En juillet prochain, le célèbre commentateur Jean-Michel Larqué fera sa dernière apparition télévisuelle. Retour sur un fabuleux destin…

Si cette nouvelle risque d’en attrister plus d’un, elle va en laisser beaucoup d’autres de marbre.

Mais, dans tous les cas, les matchs de football devant la télévision n’auront plus la même saveur.

Les grandes messes télévisées autour de l’équipe de France perdront ce petit ingrédient magique qui donnait tant de piment à une retransmission.

Pour vous, chères lectrices, il y a fort à parier que la prochaine retraite de Jean-Michel Larqué soit de l’ordre du détail. Mais pour vos compagnons, ce sera presque comme la disparition d’un proche.

Oh, rassurez-vous, la larme au coin de l’œil n’est pas près d’apparaître dans les jours qui viennent ! Mais préparez-vous tout de même à gérer l’émotion qui va sourdre tout autour de vous un prochain soir de juillet.

Chaudron

Le 15 exactement, ce sera la finale de la 21e Coupe du monde. Avec – qui sait – la France sur la pelouse de Moscou ?

Il s’agira surtout de la dernière apparition télévisuelle du commentateur Jean-Michel Larqué. Jean-Mimi pour les intimes de la planète Foot.

A 70 ans, après trente-huit années de bons et loyaux services, l’ex-capitaine des Verts quittera le petit écran.

Et partira avec ses bons et mauvais souvenirs. Et il n’est pas sûr que beaucoup de footballeurs lui taillent des louanges sur mesure.

En effet, par ses commentaires acerbes, l’ancien meneur de jeu de l’A.S. Saint-Étienne aura laissé de profondes traces de crampons sur les jambes de plusieurs générations de joueurs. Nombre d’entre eux en gardent d’ailleurs encore des séquelles. Il faut bien avouer que passer de la pommade à gogo n’est pas sa tasse de thé.

« Des reproches, j’en ai eu au moins cent fois, a confié Larqué au Parisien. Mais je n’étais pas l’agent commercial des joueurs. Ça a toujours été ma marque de fabrique. Un joueur de foot sans bagage technique – et mon Dieu que j’en vois ! – […] restera toujours un joueur moyen. Dès le départ, j’ai eu pour habitude, copain ou pas, d’être le plus juste possible. »

Sorte de Saint-Just du ballon rond, il en tire presque une certaine fierté. D’aucuns se souviendront, par exemple, qu’au fil d’un commentaire il avait qualifié Christophe Dugarry d’« assassin ».

Dire du bien dans ce métier est une norme qu’il prend plaisir à fouler aux pieds. Tant et si bien que son style et sa parole cash ne lui auront valu de lettre de remerciements de joueur… qu’une seule fois !

Étrange seconde carrière que celle de Jean-Mimi, tombé par hasard dans le chaudron du commentaire à chaud.

Car, à l’époque, à la fin des années 70, les commentateurs n’étaient jamais d’anciens joueurs. Il n’y avait que des journalistes.

Son destin s’est joué au terme de sa carrière au PSG. Après un match, Raymond Castans, patron de RTL, lui a suggéré d’aller voir Robert Chapatte, alors à la tête du service des sports d’Antenne 2.

Ils ont topé là, et c’est ainsi qu’a débuté l’inénarrable duo avec Thierry Roland, qui allait durer jusqu’à la mort de ce dernier en 2012, à l’orée de l’Euro qu’ils devaient couvrir ensemble sur M6.

Difficile d’oublier ce confrère, devenu un véritable copain à force de déplacements à travers le monde.

« On était de vrais amis, confie Larqué. Il avait un côté possessif. Sur un match, je prenais souvent l’avion plus tard que lui, et il n’aimait pas. Il fallait être ensemble. »

Leur plus grand souvenir commun restera la victoire des Bleus en 1998, lorsque Roland exulte et lance, en rendant l’antenne, son fameux : « Putain, quel pied, maintenant on peut mourir tranquille. »

Moment étonnant pour Larqué, car son comparse était plein de rituels, commençait et finissait ses commentaires toujours de la même façon.

D’où la surprise, à l’époque, de Jean-Michel, qui analyse ainsi l’écart de son complice : « Il n’aimait pas l’aventure, ni changer. Je m’attendais à ce qu’il remercie l’équipe de France pour son parcours. Et là, il se lâche, il avait rêvé toute sa vie de ce match. Il redevient un gosse. »

Tacle appuyé

Cependant, la seule personne qui a vraiment impressionné Larqué restera Thierry Gilardi, décédé d’une crise cardiaque en 2008.

A ses yeux, ils auraient pu former un duo d’exception : Larqué le pur technicien et ce commentateur à la voix, au rythme et à l’analyse parfaits. Mais trop d’anxiété et de tension ont eu raison de sa santé.

Alors, après les deux « super Thierry », une finale de Coupe du monde gagnée en 1998 et une perdue en 2006, Larqué tire sa révérence, presque certain d’avoir fait le tour des grandes émotions que pouvait lui offrir son parcours professionnel.

De quoi lui laisser un peu plus de temps pour rejoindre sa maison du Pays basque, de s’occuper de sa femme Régine et, après trois grands enfants nés d’un premier mariage, de sa petite Manon de 12 ans.

Mais ne lui parlez plus de jouer au foot ! Le foot, il l’a laissé tomber… pour le golf. Car il est un âge où l’on ne peut plus chuter sans se blesser après un tacle appuyé. Et de conclure avec son habituel sens de la formule : « A 70 ans, on tombe comme une vulgaire bouse de vache. »

Sacré Jean-Mimi !

Manu DESSALINS

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