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Jean-Paul Belmondo : Il a failli mourir pulvérisé !

Publié le 2 février 2020

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© BESTIMAGE Jean-Paul Belmondo

La voiture de Jean-Paul Belmondo, lancée à pleine vitesse, est devenue incontrôlable.

Sa santé ne laisse pas d’inquiéter ses fans. Depuis son AVC survenu en Corse en 2001, dont la star ne s’était péniblement relevée qu’au prix de longs mois de rééducation, jusqu’à sa récente chute qui l’a sérieusement handicapé fin 2019, le comédien a dû se battre, ne serait-ce que pour parler et se mouvoir à nouveau. Véritable crève-cœur et situation intolérable pour cet hyperactif, si longtemps habitué à risquer sa peau par simple goût du danger.

Marcher sans protection le long de la corniche d’un immeuble, au péril de faire une chute fatale de quarante mètres, s’accrocher aux patins d’un hélicoptère, l’acteur, ancien boxeur amateur, a toujours eu besoin de sa dose d’adrénaline sur les tournages. Et grâce à sa prédilection pour les films d’action, les occasions de mettre à l’épreuve ses talents de casse-cou n’ont pas manqué. 

Initié à l’art de la cascade par son ami et spécialiste en la matière, Gil Delamare, au début des années soixante, Jean-Paul Belmondo ne voulait pas entendre parler de doublure à l’heure de jouer une scène à risques. Un cauchemar qui hantait les nuits des assureurs, des réalisateurs et de tous ceux qui l’aiment, mais, après tout, les stars ont bien le droit de faire des caprices. Et si, devant l’œil attentif des caméras, la situation a souvent failli tourner au drame, un jour, l’acteur a bien cru sa dernière heure arrivée, sans que son corps aujourd’hui fatigué ne soit en cause. Et le pire, c’est que cette tragédie aurait aussi pu coûter la vie à un enfant de 10 ans !

Ce jeune miraculé vient d’ailleurs de revenir sur cet épisode traumatisant de son existence dans les colonnes de notre confrère Télé Star. À l’époque, en 1982, Rachid Ferrache, repéré par le responsable de casting dans les pages du catalogue de La Redoute, réalise son rêve. Le gamin a des étoiles dans les yeux quand il rencontre pour la première fois son partenaire très particulier : Bébel, en chair et en os. Un sacré cadeau pour sa troisième apparition sur grand écran, dans L’As des as (après des rôles dans L’Amour nu, de Yannick Bellon, et Mille milliards de dollars, d’Henri Verneuil).

Dans son long-métrage, Gérard Oury lui demande de se mettre dans la peau d’un enfant juif, Simon Rosenblum, pris sous l’aile de l’entraîneur de l’équipe de France de boxe, Georges Cavalier (interprété par Belmondo), dans le contexte des Jeux olympiques de Berlin d’août 1936.

Alors qu’Hitler règne depuis trois ans sur l’Allemagne, ces JO lui offrent l’occasion de mettre en scène le « triomphe » du nazisme. Et Georges va se faire un devoir d’aider le pauvre gamin à retrouver ses grands-parents en fuite, poursuivis par la sinistre Gestapo.


Dans la vie comme face à l’objectif d’Oury, le duo fonctionne à merveille. « C’était un déconneur génial ! se souvient Rachid. Et très paternel avec moi. Il me faisait répéter mes scènes, me donnait plein de trucs techniques. Il m’apprenait aussi à boxer, ce qui a eu beaucoup d’influence sur mon parcours sportif. » Jean-Paul, alors à l’approche de la cinquantaine, a plus que jamais le goût de jouer avec le feu. 

C’est d’ailleurs à sa demande que des cascades aériennes, supervisées par le spécialiste de la voltige Jean Salis, sont ajoutées au scénario. Mais le danger ne viendra pas du ciel. L’un des morceaux de bravoure du film est la poursuite entre la voiture pilotée par Belmondo et des motards allemands. Une scène pour le moins hasardeuse.

« À un moment, Jean-Paul me cède le volant, raconte Rachid. Bien sûr, ce n’est pas moi qui conduis, mais le cascadeur Rémy Julienne. Il guide la Mercedes à distance, caché dans une plate-forme. Or, à la suite d’un faux mouvement, Jean-Paul a déconnecté la manette de la télécommande. Je me retrouve donc à conduire sur une route en pente un bolide lancé à pleine vitesse, avec Belmondo sur le capot… et mon pied n’atteint pas la pédale de frein ! Rémy Julienne s’est hissé dans la voiture et a réussi à la stopper, mais on a frôlé le drame. »

Une expérience aussi traumatisante ne pouvait que souder les liens entre l’enfant et le comédien. Au point qu’aujourd’hui, près de quarante années après, les deux complices continuent de se voir, conscients que ce jour-là, sans le sang-froid d’un maître de la cascade, L’As des as et son compagnon auraient sans doute été tués net dans le crash.

André MORLAIX

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