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Jean-Paul Belmondo : Il livre son dernier combat !

Publié le 6 octobre 2019

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© BESTIMAGE Jean-Paul Belmondo

Très affaibli par de multiples épreuves, Jean-Paul Belmondo a fait une terrible chute accidentelle.

Il était attendu le 16 septembre pour assister aux traditionnels Trophées du bien-être qui se déroulaient au théâtre de la Gaîté-Montparnasse, à Paris… Hélas, à la grande tristesse des organisateurs et du public présent lors de cette manifestation annuelle, Jean-Paul Belmondo a brillé par son absence… Absence qui a évidemment inquiété le monde du showbiz qui sait combien la vie n’a pas été tendre ces derniers temps avec la star.

Avant même le commencement de la soirée, Louis-Michel Colla, le directeur de cette célèbre salle de spectacles du XIVe arrondissement a annoncé aux spectateurs déçus que Bébel ne viendrait pas, expliquant que ce dernier avait fait une mauvaise chute. Souffrant de terribles douleurs intercostales et de contusions au niveau de l’épaule et de la jambe gauche, le Marginal doit donc désormais se reposer. À 86 ans, l’acteur qui ne se déplace plus qu’à l’aide d’une canne et semble de plus en plus affaibli livrerait-il là son dernier combat ?

Il faut avouer que si la star a été au faîte de la gloire durant la plus grande partie de sa carrière, l’ancien boxeur professionnel a aussi fait face à de douloureuses épreuves. À commencer par la mort de sa fille, Patricia, en 1994, brûlée vive dans l’incendie de son appartement de la rue de Rennes, à Paris, à l’âge de 40 ans. Un drame épouvantable qu’il a eu, on s’en doute, bien des difficultés à surmonter, suivi, 7 ans plus tard par un accident vasculaire cérébral qui a bien failli l’emporter.

Survenue le 8 août 2001 alors que Jean-Paul était en vacances en Corse, cette attaque a malheureusement signé la fin de sa carrière. Encore aujourd’hui, elle a laissé sur son corps et à son âme de nombreuses séquelles. Même s’il s’est battu comme un lion, rassemblant force et courage mois après mois, années après années, afin de laisser derrière lui ce mauvais coup du sort, le flamboyant comédien en est resté très diminué…


L’on peut sans peine imaginer le crève-cœur que représente pour cet incorrigible casse-cou ce lent et inexorable déclin… Comme il doit lui sembler loin, le temps où, amoureux du risque, accro aux poussées d’adrénaline, il mettait son corps à rude épreuve et son existence en danger pour l’amour du cinéma ! Alors que la plupart des acteurs se faisaient doubler lors des scènes d’actions dangereuses, lui, toujours prêt à rechercher les sensations fortes et à relever des défis, a mis un point d’honneur à réaliser lui-même toutes ses cascades, au risque d’y laisser sa peau… « Il n’en avait jamais assez, a confié Rémy Julienne qui chapeautait alors ses performances. Il était “inarrêtable”. » Souvenez-vous de cette scène incroyable dans Le casse, d’Henri Verneuil, sorti en 1971, où dans les rues d’Athènes, Bébel fait un parcours sur le toit d’une voiture lancée à pleine vitesse pour finir par s’accrocher à un bus, une course effrénée accomplie sans aucune sécurité ! Cette témérité manquera aussi de lui coûter la vie lorsque, en 1973, en plein tournage du Magnifique, après avoir sauté d’une voiture en marche, il se blesse gravement. Articulation foulée, élongation du tendon, ligaments de la cheville arrachés…

Il avait écopé d’un plâtre qu’il avait dû garder un mois durant. En 1985, c’est peut-être la cascade de trop sur le tournage du film d’Alexandre Arcady, Hold-up, au cours duquel, âgé de 52 ans, il se blesse sérieusement… Pourtant, ce fou du risque persiste et signe, alors qu’il a déjà atteint l’âge de raison – 65 ans ! –, se lançant dans une ultime prouesse dans Une chance sur deux, de Patrice Leconte, sorti en salles en 1998. Rien ne pourra le convaincre alors de laisser à un autre le soin de grimper sur un hélicoptère à l’aide d’une échelle malgré un vent très défavorable et un danger redoutable. « Avec le recul, ça me fait froid dans le dos », devait déclarer plus tard Rémy Julienne.

Si ce grand sportif a pris tous les risques dans son métier, à la ville, son besoin de vivre dangereusement était tout aussi présent… et assumé ! Amoureux de la vitesse, Jean-Paul Belmondo a souvent conduit à tombeau ouvert et bien failli à maintes reprises ne jamais arriver à bon port. Comme cette fois, en 1960, alors qu’il quittait le tournage de Moderato Cantabile, de Peter Brooks, où il avait perdu le contrôle de sa voiture en raison d’une chaussée glissante, et était allé s’encastrer dans un arbre. Il s’en était tiré avec un poignet cassé et quelques contusions, mais son jeune passager, le fils de Jeanne Moreau, âgé de 11 ans, avait été grièvement touché. Tout récemment encore, en 2015, Belmondo avait aussi eu très chaud, quand sa Bentley avait crevé sur l’autoroute… Autant de mésaventures, d’accidents graves et de soucis de santé qui ont sans nul doute fortement fragilisé l’acteur.

Mais aujourd’hui, pour ajouter à ces problèmes physiques qui le rongent depuis près de vingt ans, Belmondo se trouve dans un état désespéré de tristesse et de solitude depuis l’hospitalisation de son grand ami Charles Gérard, le 26 août dernier. Le complice de toujours de l’acteur, âgé de 96 ans, gît depuis lors sur son lit de douleur dans un hôpital parisien de renom, dans un état de fatigue extrême, et l’on peut craindre le pire pour celui qui a été l’acolyte du comédien depuis ses 15 ans.

Pour celui qui a, tout au long de sa vie, donné la priorité à ses amitiés, l’idée de devoir dire adieu à l’un de ses derniers proches le plonge dans la pire des détresses. Comment envisager la perspective de ne plus avoir à ses côtés, son double, Charles Gérard, de son vrai nom Gérard Adjémian, celui dont il ne se sépare quasiment jamais depuis quelques années, l’homme des bons et des mauvais jours, qui a été là au moment de son attaque en 2001 et ne l’a plus quitté ? Le 18 juillet dernier, au Cannet, dans les Alpes-Maritimes, les deux compères apparaissaient encore ensemble en photo, en compagnie du footballeur Adil Rami, souriants, heureux, insouciants…

Difficile, impossible même pour ce dernier survivant de la joyeuse bande du Conservatoire, de ne pas redouter ce moment où un autre de ses alter ego lui lâchera la main pour toujours… Une douleur indicible que la star a vécue tout récemment encore, lorsque, le 24 avril 2019, il a appris la disparition de son copain Jean-Pierre Marielle, un an et demi à peine après celle de son cher Jean Rochefort, mort le 9 octobre 2017…

Au lendemain de la soirée organisée au théâtre de la Gaîté-Montparnasse le 16 septembre, la famille et les proches de Jean-Paul Belmondo se sont empressés de rassurer ses admirateurs, insistant sur le fait que la mauvaise chute qui l’a gardé loin de la fête était sans gravité… Une nouvelle qui mettra du baume au cœur de ceux pour qui Bébel sera toujours Le magnifique !

Clara MARGAUX

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