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Jean-Paul Belmondo : L'as des as est mort !

Publié le 6 septembre 2021

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Après 60 ans d’une carrière flamboyante, Jean-Paul Belmondo s’est éteint ce 6 septembre à l'âge de 88 ans.

Le monstre sacré du cinéma français n’est plus. Jean-Paul Belmondo est mort ce lundi à l'âge de 88 ans, a annoncé son avocat à l’AFP. Acteur incroyable, icône du cinéma populaire et emblème de la nouvelle vague, Jean-Paul Belmondo laisse aujourd’hui le 7e art exsangue.


Né le 9 avril 1933 à Neuilly-sur-Seine d’un père sculpteur de renom, Paul Belmondo, et d’une mère artiste-peintre, Jean-Paul ne s’intéressait guère aux études. Enfant malicieux et espiègle, il excellait pour la bagarre, l’escalade des statues du jardin du Luxembourg ou encore le cochon pendu depuis le balcon du 5e étage de ses parents. Jamais à cours d’une nouvelle cascade, il en fera d’ailleurs sa marque de fabrique en réalisant l’ensemble de ses scènes d’actions, tout au long de sa carrière.

Acteur populaire, il passe devant la caméra de Jean-Luc Godard (A bout de souffle, Pierrot Le Fou…), François Truffaut (La Sirène du Mississipi), Henri Verneuil (Un singe en hiver, Peur sur la ville…), Philippe de Broca (L’homme de Rio, Le Magnifique…) ou encore Claude Lelouch (Itinéraire d’un enfant gâté…) et Georges Lautner (Le Guignolo, Le Professionnel). Autant de films qui font entrer Jean-Paul Belmondo dans la légende et la mémoire collective des Français.

Près de 80 films et 30 pièces de théâtre plus tard, la réputation de Bébel, de l’As des as, du Magnifique, n’est plus à faire. Pourtant, celui qui ne s’est jamais résigné à prendre la vie au sérieux, va être rappelé à l’ordre par le destin. Sa fille Patricia meurt dans un incendie en 1993 à l'âge de 40 ans seulement, puis en 2001, c’est un AVC foudroyant qui a bien failli le réduire au silence pour toujours. Mais c’était sans compter le tempérament exceptionnel du comédien qui n’a jamais cessé de le rappeler : “Réussir, c’est insister.”

Toute sa vie n’a été qu’une franche rigolade, un jeu d’enfant qui a refusé de trop grandir. Le sport pour religion, il a donné de sa personne, coûte que coûte, sur chacun de ses films. Il a tout fait, hélico, ailes d’avions, toit du métro, voitures, tentant de repousser ses limites et son art toujours plus haut, toujours plus loin. Passionné de boxe, de cyclisme et de football, il ne cesse de s’exercer pour devenir le roi du film d’action et finit immanquablement par devenir le héros des petits écrans.

Idole des Français, son éternel sourire, sa voix reconaissable entre toutes, et son jeu imparable sont récompensés. Il est fait commandeur de la Légion d’honneur en 2007, grand officier de l’ordre national du Mérite en 2017 et commandeur de l’ordre national des Arts et des Lettres. Récompensé du César du meilleur acteur en 1989 pour Itinéraire d’un enfant gâté, il refuse le prix. L’Académie des Césars ne lui en a pas tenu rigueur puisque, en 2017, elle lui a consacré un hommage pour l’ensemble de sa carrière. Un an plus tôt, c’est la Mostra de Venise qui célébrait d’un Lion d’or d’honneur l’intégralité de son œuvre. Au Festival de Cannes 2011, une Palme d’honneur avait été attribuée à l’acteur. Ovationné debout par la profession, l’homme d’action, mais aussi de cœur avait réagi avec la pudeur et l’émotivité qu’on lui connaît.

En 2018, il avait déclaré auprès de Corse-Matin : “Je n’ai pas peur de la fin. J’ai eu une vie si heureuse !”

Merci Bébel pour les frissons, les rires et les cascades...

Andréa Meyer

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