France Dimanche > Actualités > Jean-Paul Belmondo : Ses incroyables secrets !

Actualités

Jean-Paul Belmondo : Ses incroyables secrets !

Publié le 9 mars 2018

1519312426_belmondo-jean-paul-20180222

C’est un véritable dictionnaire sur les faces cachées de Jean-Paul Belmondo que Larousse publie à l’occasion de ses 85 ans. Inventaire…

Il a failli être berger

En 1949, à 16 ans, il est atteint d’une primo-infection tuberculeuse. Le médecin l’envoie alors respirer l’air pur du Cantal, dans un petit village au sud de Clermont-Ferrand. Ravi de cette nouvelle vie à la campagne, le jeune Parisien se trouve une (autre) vocation : il sera berger !

Un début catastrophique

Le jeune homme passe son premier essai devant un ami de ses parents, André Brunot, doyen de la Comédie-Française. Dans sa loge, Belmondo déclame une fable de La Fontaine, Le savetier et le financier. Au bout de dix vers, le maître l’interrompt : « Tu es nul, rentre chez toi. Tu n’es pas du tout fait pour ce métier. »

Guy Bedos, le premier copain

En juillet 1951, le jeune Belmondo se fait engager par un organisme de vacances populaires pour jouer dans les Pyrénées la pièce Mon ami le cambrioleur avec Guy Bedos. Un élève de l’école d’art dramatique de la rue Blanche, copain de Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle. Le budget de la tournée est si étriqué que le duo dort où il peut et joue les sketches de Pierre Dac et de Francis Blanche sur les places des villages pour pouvoir rentrer à Paris. « On était deux voyous et on foutait la merde », dira Belmondo à Christine Ocrent en 1994. Il se souvient qu’ils allaient « en boum pour emmerder les mecs et leur piquer leurs nanas ».

Pépel ou Bébel ?

Au départ, « Bébel » n’est pas un diminutif de Belmondo. Ses copains du Conservatoire l’appelaient « Pépel » en référence au clochard interprété par Jean Gabin dans Les bas-fonds, car Jean-Paul portait toujours le même pull ! Puis « Pépel » devint « Bébel »…


Bras d’honneur

Au concours de fin d’études du Conservatoire, l’élève turbulent ne reçoit qu’un simple accessit. Ce verdict est sifflé par ses condisciples qui le portent en triomphe sur scène. L’insolent adresse alors un bras d’honneur aux membres du jury ! En plus de décevoir ses parents, Jean-Paul voit les portes de la Comédie-Française se fermer définitivement sur lui. Son grand regret. Et son leitmotiv :
« Toute ma vie, j’ai voulu me venger. Prouver qu’ils avaient eu tort. »

Présenté par Jean Marais

En 1957, Jean Le Poulain l’engage avec Jacques Perrin pour une courte scène comme centurion dans César et Cléopâtre, de George Bernard Shaw, dont le rôle principal est tenu par Jean Marais. La pièce connaît un tel succès que la troupe est invitée à la télévision dans l’émission 36 chandelles, animée par Jean Nohain. Le jeune acteur « de talent » y sera alors présenté par Jean Marais lui-même.

Il dit non à Godard !

Anne Colette, sa partenaire dans Sois belle et tais-toi, présente en 1958 Bébel à Jean-Luc Godard, jeune réalisateur suisse à la recherche d’un acteur pour un court-métrage : Charlotte et son jules. Le film doit se tourner dans une chambre de l’hôtel que l’homme aux lunettes noires occupe boulevard Raspail. Trouvant la « proposition louche », Belmondo refuse. C’est sa compagne Élodie qui le décide en lui disant qu’il est assez grand pour se défendre !

Célèbre grâce à Maria Pacôme

Sa copine du Conservatoire, Maria Pacôme, de dix ans son aînée, le fait engager en 1958 à l’Athénée dans la pièce à succès Oscar, au côté de Pierre Mondy. Enfin un « vrai rôle ». « La chance de ma vie », d’après Jean-Paul.

En concurrence avec Aznavour

À l’origine, Godard avait pensé à Charles Aznavour puis Sacha Distel pour le rôle masculin d’À bout de souffle et à Bernadette Lafont puis Annette Stroyberg pour l’héroïne féminine. Le tournage « improvisé » enchante Belmondo et décontenance Jean Seberg qui menace de quitter le plateau. Interdit aux moins de 18 ans à sa sortie, le film rencontre un beau succès et lance la carrière de Belmondo et du « belmondisme », terme inventé par Madeleine Chacal dans L’Express.

Chauffard, il provoque le coma d’un enfant !

En février 1960, Jean-Paul tourne sous la direction de Peter Brook Moderato cantabile avec Jeanne Moreau, à Blaye (Gironde). Ne s’entendant pas avec le réalisateur de ce film austère, Bébel fuit le tournage dès qu’il le peut au volant de sa Dauphine Gordini. Le 20 février, alors qu’il a comme passager Jérôme, le fils de 10 ans de Jeanne Moreau et du metteur en scène Jean-Louis Richard,
« L’as des as » perd le contrôle de sa voiture à la sortie du village de Lorignac.
Le conducteur s’en sort avec un poignet fracturé mais le gamin restera dix-sept jours dans le coma ! Avant même de savoir s’il s’en sortira, Jeanne conserve son amitié à son partenaire de plateau : « Elle ne m’a jamais fait aucun reproche. Je lui en ai voué une reconnaissance de plomb », avouera Belmondo. Après enquête, en novembre 1961, il fut reconnu innocent de toute imprudence par les experts du tribunal de Saintes.

Déjà cascadeur !

Dans Un singe en hiver, en 1962, le comédien insiste pour jouer lui-même la scène du toréador entre les voitures. Claude Pinoteau, l’assistant-réalisateur d’Henri Verneuil, se souviendra encore longtemps du bruit sec que fit le poignet du jeune acteur en percutant une carrosserie. « C’est rien, c’est rien ! » lancera alors ce kamikaze déjà prêt à rejouer la séquence.

Un sacré boute-en-train

De l’avis général, Belmondo est un « ambianceur » de plateaux. Il passe son temps à organiser des matchs de foot ou à faire des blagues à ses camarades de jeu. Sa préférée consiste à déménager l’intégralité du contenu de leur chambre d’hôtel dans une autre chambre, dans le hall, dans les ascenseurs ou même par la fenêtre !

Son rendez-vous manqué avec de Niro

Pour L’aîné des Ferchaux (1962), Jean-Pierre Melville, le réalisateur, demande à son assistant, Yves Boisset, de dénicher dans Paris deux jeunes Américains pour une scène de bagarre. Il finit par en trouver un : Robert De Niro, alors étudiant aux Beaux-Arts de Paris. Mais il ne convient pas à Melville, persuadé qu’il n’est pas américain. « Vous plaisantez, je suis né dans le Bronx !
– Monsieur, je déteste les menteurs. Au revoir.
 »

Chaplin pas si drôle

Dans Par un beau matin d’été (1965), Jean-Paul joue un escroc qui kidnappe la fille d’un milliardaire interprétée par la jeune Géraldine Chaplin, fille de Charlie. S’il garde un bon souvenir de cette partenaire débutante, il n’en va pas de même pour son père, « glacial et toujours de mauvaise humeur », qui vient régulièrement surveiller sa progéniture entourée par ces saltimbanques français.

L’incontournable René Château

René Château était son attaché de presse historique. Un homme détesté par les journalistes car il n’organisait jamais d’interviews ni de projections presse. C’est lui qui, à partir de Peur sur la ville (1975) et jusqu’au Solitaire (1987) a imaginé le graphisme reconnaissable des films de Belmondo avec les fameuses grosses lettres capitales au double liseré. Un style emprunté… au logo du syndicat Force Ouvrière (FO) !

Un sacré briseur de grève

Le tournage du Corps de mon ennemi (1976) d’Henri Verneuil est interrompu pendant quelque temps par une grève des techniciens. Lors d’une discussion avec Belmondo, également producteur du film, un gréviste l’interpelle : « Vous pourriez faire un geste pour nous ! » Ce dernier acquiesce, se lève, se retourne et baisse son pantalon ! Le travail reprit dès le lendemain…

Ursula Andress séduite par son humour

Son apparition remarquée en bikini blanc dans James Bond 007 contre Docteur No (1962) propulse l’actrice helvético-américaine de 25 ans au rang de « plus belle femme du monde » pour la presse de l’époque. Lorsqu’elle débarque à Hong Kong sur le tournage des Tribulations d’un Chinois en Chine (1965), une solide réputation de séductrice la précède puisque l’on compte parmi ses victimes Daniel Gélin, Marlon Brando, John Derek et James Dean ! Tout de suite Jean-Paul la fait rire. Après une semaine de tournage, il l’invite à sa table, avec Jean Rochefort. Rapidement, celui-ci se sent de trop. Leur romance restera longtemps secrète. Après Pierrot le fou et le divorce de Jean-Paul, les deux amoureux s’offrent un tour du monde pendant un an avant de se réfugier dans la propriété qu’il a achetée dans l’île des Corbeaux, sur la Marne près de Maisons-Alfort.

Accident grave chez Sabatier

Dans la plupart de ses films, où il s’est « explosé le crâne », le casse-cou du cinéma français se blesse lors de ses cascades, jamais doublées. Mais son plus grave accident a eu lieu dans une émission de télé. Lui qui les fuyait tant ! Invité principal de Patrick Sabatier dans Tête d’affiche, pour la promotion de Hold-up (1985), il doit s’extraire d’une voiture lancée à vive allure et attraper une échelle de corde pour grimper dans un avion. Le biplan accélère trop vite et la star heurte le bitume à 120 km/h ! Bilan : plusieurs vertèbres fracturées et une déviation du bassin qui l’obligent à observer deux mois d’immobilité et six mois de rééducation !

Sur scène malgré tout…

Alors qu’il joue au théâtre Tailleur pour dames, on le prévient dans la nuit du 30 au 31 octobre 1994 que Patricia, 40 ans, sa fille aînée qui vit seule depuis son divorce, a été retrouvée morte dans l’incendie de son appartement, rue de Rennes. Il remontera sur scène l’après-midi même. « Si je ne le fais pas, je ne remonterai plus jamais sur les planches. Patricia l’aurait voulu, j’en suis sûr. »

L’acteur qui en fait trop

Le bouillant comédien est-il capable de se ménager ? En 1999, Bébel tourne quatre films dont un en Tunisie (Peut-être) et un autre à Cuba (Amazone). Puis il enchaîne avec la tournée de la pièce Frédérick ou le boulevard du crime. C’est lors d’une représentation donnée à Brest que le comédien se sent mal et s’effondre en coulisses ! L’AFP évoque alors un « accident cardiaque ». Il quittera l’hôpital cinq jours plus tard « sur ses deux pieds ». Dix-huit mois plus tard, le 8 août 2001 (jour anniversaire de la naissance de son père),
« L’Incorrigible » est terrassé par un terrible AVC à son arrivée à Lumio pour des vacances en Corse.

En rééducation avec Thomas Sotto

Quelques mois après son accident, c’est Michel Drucker qui lui fait découvrir le centre de rééducation et de réadaptation en milieu marin de Granville (50) en l’y amenant en hélicoptère. Sur place, Bébel trouve la force de se battre, « pour tous ces jeunes éclopés ». Parmi eux, il y a le journaliste Thomas Sotto, victime d’un grave accident de scooter, avec lequel il va sympathiser… dans la piscine.

Victime d’une série noire

Alors qu’il se repose en février 2006 sur l’île Maurice, l’interprète du Docteur Popaul fait une mauvaise chute et se casse le col du fémur. Immobilisé durant cinq nouveaux mois, il sera même atteint d’une infection nosocomiale au cours de son hospitalisation…

L’ami de toujours

Charles Gérard, dit « Charlot », est « l’ombre » de Belmondo. Né Adjémian à Istanbul, il a réalisé des films « pas assez bons pour que Jean-Paul tourne dedans » et est présent dans tous ceux de Belmondo, sauf entre 1981 et 2001. Vingt ans durant lesquels les deux inséparables sont brouillés à la suite d’une interview de Charlot qui affirmait que c’était lui qui avait « quasiment élevé son fils Paul, car son père était toujours absent ». Réconciliés après l’AVC de Jean-Paul, les deux compères déjeunent ensemble tous les jours dans un restaurant différent.

“Je hais les chiens !”

Grâce à sa compagne, Carlos Sotto Mayor, l’acteur se découvre une nouvelle passion… pour les yorkshires ! Mais cela a pris du temps car au début, il n’en voulait pas chez lui et Carlos en avait trois ! « Je déteste ces chiens, qu’est-ce que ça fait ici ? » avait-il déclaré. Finalement, ils en donnent deux à des amis et gardent Maya. Rapidement, celle-ci va l’adopter et ne plus quitter ses gros bras. C’est aussi grâce à cette boule de poils que Jean-Paul va aborder Natty dans un club de sport parisien en 1989. Désireux de donner une descendance à Maya, il s’intéresse au chien de l’ancienne « Coco girl », dénommé Calypso… et qui s’avère être une femelle ! Patty et Jean-Paul sont restés près de vingt ans ensemble. Ils se sont même mariés seize mois après l’AVC du « Magnifique », en l’absence de son fils Paul qui dit de Natty qu’elle n’est « pas sa meilleure amie ». Ensemble, ils ont eu Stella, sept mois après la noce. Une autre femme de sa longue et belle vie…

À lire : Définitivement Belmondo, de Laurent Bourdon, éd. Larousse.

Pierre-Antoine BRIONNE