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Jean-Paul Belmondo : Son coup de folie !

Publié le 15 août 2017

L’acteur Jean-Paul Belmondo a fêté ses 40 ans pendant le tournage du Magnifique. Une date que la patronne de l’hôtel n’a jamais oubliée.

À 84 ans, il est toujours aussi « Magnifique ». Et ce n’est pas un hasard si ce qualificatif lui colle à la peau. Car Jean-Paul Belmondo aurait aussi bien pu hériter d’un surnom inspiré par le titre d’un autre de ses films : Morfalou, Guignolo… Or, c’est cet adjectif que le public a retenu le plus souvent pour désigner cet homme, aussi formidable sur grand écran que dans la vraie vie.

Ceux qui ont eu le plaisir de voir ou revoir le comédien le 9 juillet, sur HD1, dans le célèbre film de Philippe de Broca, ont d’ailleurs passé un excellent moment. Quelle joie en effet de retrouver l’agent secret Bob Saint-Clar, qui n’est en réalité que l’invention de François Merlin, un auteur en mal d’inspiration, qui se met dans la peau d’un James Bond à la française à qui tout réussit.

Dans ce double rôle, Bébel excelle, aussi drôle que juste. Et comme à son habitude, pas question de se faire remplacer dans les scènes de cascades !

->Voir aussi - Jean-Paul Belmondo : Son hommage à son maître ès cascades !

Si, la plupart du temps, l’acteur semble avoir été protégé des accidents par un ange gardien surmené, il en est allé tout autrement sur le tournage du Magnifique, au Mexique. À l’époque coproducteur du film, il aurait pu se dire qu’il fallait à tout prix minimiser les risques. Pourtant, ce casse-cou a, une fois de plus – ou de trop –, misé sur sa bonne étoile.

Dans cette scène, Jean-Paul, assis à la place du passager dans une voiture conduite par la sublime Tatiana, incarnée par Jacqueline Bisset, doit sauter de son siège, et tomber sur la route. La cascade semble bien préparée. Le réalisateur a demandé à l’actrice de rouler « à 50-60 », et l’endroit où Belmondo est censé atterrir a été tapissé de cartons, afin qu’il se réceptionne sans bobos.

Oui mais voilà, Jacqueline Bisset est anglaise. Dans son pays, on ne mesure pas la vitesse en kilomètres heure, mais en miles ! De plus, le véhicule dont elle tenait le volant était une belle américaine, dotée d’un compteur également gradué en miles ! Résultat, au lieu de conduire à la vitesse demandée, elle roulait à plus de 100 km/h ! Et l’inévitable s’est produit : Belmondo s’est éjecté de son siège, et les cartons étalés en guise de matelas n’ont pas suffi à amortir le choc. Il s’est gravement blessé ! Foulure de l’articulation gauche, élongation du tendon, ligaments de la cheville arrachés, jambe plâtrée… Il a écopé de douze jours d’immobilisation et a dû rester dans le plâtre un mois entier !

« Je me suis salement croûté », a commenté Belmondo, dans son formidable livre de mémoires, Mille vies valent mieux qu’une, paru en 2016 aux éditions Fayard. Mais cet accident n’a pas du tout calmé l’acteur ni apaisé son goût pour le danger. Pas plus qu’il n’a, comme il l’écrit dans le même ouvrage, réduit sa « propension pathologique à faire des blagues, avec la complicité de Philippe de Broca ».

->Voir aussi - Jean-Paul Belmondo : Les 400 coups de Bébel !

Un jour, toujours durant le tournage du Magnifique, cette tendance naturelle l’a poussé à aller bien plus loin qu’à l’ordinaire. Le comédien a été comme pris d’un véritable coup de folie ! Nous sommes en 1973. Cette année-là, Bébel fête ses 40 ans. Cerise sur le gâteau, son complice Philippe de Broca, son aîné de trois semaines, est lui aussi bien décidé à célébrer dignement ce double événement !

Quand arrive le 9 avril 1973, le duo s’en donne à cœur joie. Les jours précédents, ils se sont déjà mis en appétit en envoyant « une vieille ivrogne mexicaine » dans la chambre de leur copain Charly, maquilleur. Mais le jour J, comme le raconte Belmondo, toujours dans ses mémoires, ils ont « dépassé toutes les limites » !

Noblesse

À commencer par celles qui permettaient à l’eau de la piscine de l’hôtel dans lequel ils résidaient de ne pas déborder. Très éméchés, ils l’ont peu à peu remplie avec tout ce qui leur tombait sous la main : « Des verres, puis les assiettes, puis les chaises, puis les tables, puis les gens – même ce pauvre Charly, qui ne savait pas nager », écrit Belmondo, semblant encore rire aux éclats de leur bonne blague, en se remémorant les faits. Un véritable massacre !

Le lendemain, relativement sobre, Bébel est allé voir la patronne de l’hôtel, pour lui présenter ses excuses et lui offrir de rembourser la totalité des dégâts causés. La femme, qui était une de ses fans, lui a alors demandé s’il s’était bien amusé… Ce à quoi la star a bien sûr répondu par l’affirmative. Et là, comme dans un film, la directrice de l’établissement a rétorqué : « Alors, vous ne me devez rien ! »

La noblesse de son geste émeut encore Jean-Paul Belmondo, plus de quarante ans plus tard. Mais il est somme toute logique qu’il arrive des choses pareilles à un homme tel que lui. Car, comme l’a qualifié le grand réalisateur Quentin Tarantino : « Belmondo, ce n’est pas seulement le nom d’une star de cinéma, ce n’est pas seulement le nom d’un homme, c’est un verbe, qui représente la vitalité, le charisme, une force de l’Esprit. »

Laurence Paris

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