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Jean-Paul Belmondo : Son hommage 
à son maître ès cascades !

Publié le 19 juin 2017

Dans un livre consacré à celui qui coordonna ses légendaires acrobaties, la star Jean-Paul Belmondo revient 
sur sa longue complicité avec Claude Carliez.

«Gentleman de la cascade, Claude Carliez est à l’action physique ce que Rémy Julienne est à l’action mécanique. » Tirée de la préface de Jean-Paul Belmondo dans l’ouvrage Souvenirs en cascades, cette phrase reflète bien l’admiration professionnelle de l’acteur envers le cascadeur.

Avec Claude Carliez sur les toits des Galeries Lafayettes
Avec Claude Carliez sur les toits des Galeries Lafayettes

Décédé en mai 2015, à 90 ans, Claude Carliez a réglé des scènes d’action dans de nombreux films français et étrangers. Ce maître d’armes de formation a rencontré notre Bébel national en 1957, au théâtre Sarah-Bernhardt. À 24 ans, le comédien jouait alors un soldat romain dans César et Cléopâtre, de George Bernard Shaw. Jean Marais interprétait l’empereur, et Jean-Paul devait l’attaquer avec une lance.

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Claude a tout de suite remarqué la décontraction du jeune homme et son côté joyeux luron. Ensemble, ils ont travaillé sur plus d’une dizaine de films. Sur le tournage de Cartouche, de Philippe de Broca, en 1962, Belmondo savait déjà instinctivement se placer. Claude pouvait se reposer sur ce sportif-né, ancien boxeur de talent, qui ne blessait jamais son partenaire, même lorsqu’il maniait de très lourdes épées.

Cette complicité naissante entre les deux hommes avait rendu jaloux un autre grand acteur. Jean Marais avait demandé à Claude pourquoi il ne travaillait pas exclusivement pour lui. Le cascadeur avait répondu qu’il ne pouvait pas se contenter d’un seul long-métrage par an… Cet épisode ne troubla cependant en rien son amitié professionnelle avec le roi des films de cape et d’épée qui, comme Bébel, effectuait le plus souvent ses cascades lui-même.

Le guignolo Bébel dans
Le guignolo Bébel dans "Le Cerveau" en 1969

Casse-cou

En 1971, pour Les mariés de l’an II, de Jean-Paul Rappeneau, les deux compères se retrouvent en Roumanie, par un froid glacial. Dans la peau de Nicolas Philibert, Jean-Paul démontre à nouveau ses qualités physiques. Il s’illustre notamment par la façon très réaliste avec laquelle il donne l’impression de recevoir un coup violent.

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Avec sa partenaire, la pétillante Marlène Jobert, les scènes de gifles entre les époux Nicolas et Charlotte étaient vraiment crédibles. Jean-Paul/Nicolas était aussi capable de se glisser dans une cheminée pour surprendre sa femme avec son amant et d’en ressortir sans s’affoler, alors que 
sa veste prenait feu !

À 41 ans, dans Peur sur la ville, d’Henri Verneuil, le comédien effectuait une prodigieuse poursuite sur les toits du quartier de l’Opéra et des Galeries Lafayette. Et comme d’habitude, il n’a pas été doublé, même quand il se rattrape in extremis à une gouttière, se blessant à la main. Quant à la scène où il se tient debout sur le toit d’une rame du métro aérien en marche, c’est l’acteur qui a eu l’idée de sauter d’un wagon à l’autre, alors que le réalisateur ne lui avait pas demandé de prendre de tels risques !

Acrobatie dans
Acrobatie dans "L'homme de Rio"

Dans L’animal, de Claude Zidi, l’intrépide Bébel interprète deux rôles, ceux de Mike Gaucher et Bruno Ferrari, aux côtés de la superbe Raquel Welch. Ce film donne à la star l’occasion de réaliser l’un de ses vœux les plus chers : se retrouver sur une aile d’avion en plein ciel. Et pour corser un peu cette acrobatie, il a dû passer d’un hélicoptère à un biplan par une échelle de corde, alors que les deux engins étaient à 700 mètres d’altitude.

« J’étais dévoré par la peur, a raconté Jean-Paul à Claude, après son exploit. Quand je suis sorti en plein vol, ça a été incroyable, j’étais comme au cœur d’une tempête. J’avais les yeux qui me sortaient du visage. J’étais à genoux pour trouver mes appuis et j’en prenais plein la gueule, comme on dit. Et puis, je me suis mis debout. Et là – ça va paraître idiot –, j’ai eu l’un des plus grands plaisirs de ma vie. […] C’était pour moi la réalisation d’un rêve d’enfant. » À la fin du tournage, le comédien était couvert de bleus, des épaules aux chevilles !

En 1983, Claude a dû s’associer à Rémy Julienne pour orchestrer de dangereuses cascades, dans Le marginal, de Jacques Deray. Incarnant le commissaire Philippe Jordan, il a sauté d’un hélicoptère pour atterrir sur un bateau avançant à vive allure. Une vague plus haute que les autres, une différence de vitesse mal calculée, et Jean-Paul risquait de se briser les jambes à la réception.

Bébel livreÀ en croire Claude Carliez, son complice travaillait sérieusement mais sans jamais se prendre au sérieux. Quant aux mauvaises langues qui critiquaient la star jouant les casse-cou, le cascadeur connaissait par cœur la réponse de son ami à ces critiques : « Je ne fais pas ça pour pouvoir m’en vanter après, je le fais parce que j’y trouve du plaisir ! »

"Souvenirs en cascades", de Claude Carliez, conversations avec François Cardinali, aux éditions Michel de Maule.

Anita Buttez

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