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Jean-Pierre Coffe : Il avait la dent dure, mais le cœur tendre

Publié le 1 avril 2016

Le pourfendeur de la  malbouffe venait de fêter ses 78 ans. Nous avions accompagné Jean-Pierre Coffe pour son dernier marché de Noël.

C’était en décembre dernier. Grand, le chapeau vissé sur la tête, il avait fière allure dans les rues d’Asnières-sur-Seine. Les passants n’avaient d’yeux que pour lui, Jean-Pierre Coffe, venu vanter les produits du terroir sur le marché de cette commune des Hauts-de-Seine. Et s’il souffrait d’un léger rhume, rien n’aurait pu nous laisser imaginer qu’il allait quitter ce monde trois mois plus tard, à 78 ans.

D’ailleurs, quand nous lui avions demandé s’il se portait bien, cet ardent défenseur de la gastronomie nous avait rassurés, jurant qu’il ne s’était jamais senti aussi en forme. « J’ai récemment vu mon cardiologue et tout va bien, expliquait-il. Ma tension est normale, et je n’ai plus de cholestérol, ni même de diabète. »

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Assis à une terrasse d’un café en face de la mairie, il nous avait confié son secret de longévité. « Si je suis en bonne santé, expliquait-il, c’est parce que j’ai une alimentation équilibrée. En réalité, je mange tout ce qui me plaît, mais uniquement des bonnes choses. Durant cette période de fêtes, je ne me refuse rien : huîtres, foie gras, vin blanc, chocolat… […] Et je ne bois que du vin blanc, très peu de rouge. Je ne déjeune pas. Mon petit déjeuner est assez copieux pour me faire tenir toute la journée. Je me couche de bonne heure, et je fais aussi une heure de marche par jour. Bref, j’ai une vie saine. Je mange même de la charcuterie deux fois par semaine, même si certains disent que c’est cancérogène. Mais si l’on achète des produits de qualité, les risques sont limités. J’en suis la preuve vivante. »

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Cette hygiène de vie n’aura hélas pas suffi à le sauver. Jean-Pierre s’est en effet éteint dans la nuit de lundi à mardi dans sa maison de Lanneray, en Eure-et-Loir. À l’heure où nous écrivons ces lignes, les circonstances de son décès n’ont pas encore été divulguées.

Cet amateur d’une cuisine simple et conviviale, pourfendeur de la « malbouffe », décriant les abus de la grande distribution, des plats lyophilisés, du bétail dopé aux hormones laisse derrière lui une trace indélébile. Nul n’oubliera en effet ses coups de gueule à l’écran. Que ce soit sur Canal + au côté de Michel Denisot, puis de Jean-Luc Delarue dans La grande famille, ou, plus récemment, sur le divan de Michel Drucker, sur France 2.

“C’est de la merde !”

« Au bout de dix ans, j’en ai eu assez, nous avouait Jean-Pierre. J’avais besoin d’oxygène. Mais si Michel [Drucker] me le demandait aujourd’hui, je pourrais y retourner avec le même enthousiasme. Je n’oublierai jamais qu’il m’a tendu la main à un moment où je ne faisais plus grand-chose. Cela dit, il ne faut pas oublier que j’ai quand même 77 ans. Il vaudrait mieux que la jeunesse prenne le relais. » (...)

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Philippe Callewaert

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