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Jean-Pierre Foucault : Il a vécu l'enfer avec les Rolling Stones !

Publié le 22 juillet 2021

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Jean-Pierre Foucault n'avait que 19 ans et n'oubliera jamais sa rencontre choc avec le groupe mythique…

Lorsqu'on pense à Mick Jagger et à sa bande de « pierres qui roulent », qui incarnent à eux seuls le mot « rock », on n'y associe pas forcément l'ex-animateur de Sacrée soirée, le célèbre et plutôt débonnaire Jean-Pierre Foucault. Eh bien, on a tort ! Car il a fait partie de ceux qui ont organisé leur tout premier concert à Marseille ! Et il n'est pas près d'oublier cette incroyable et fracassante nuit du 30 mars 1966 ! En effet, c'est un véritable enfer qu'il a vécu ce soir-là, un enfer dont il vient de partager le souvenir avec nos confrères du Parisien.


Rien ne prédestinait pourtant l'animateur à croiser le chemin de ce groupe, alors en pleine ascension, qui triomphait avec le succès (I Can't Get No) Satisfaction, promis à un brillant avenir. À l'époque, Jean-Pierre, 19 ans, fait partie d'une association de jeunes. Cela tombe bien pour le producteur du groupe, qui, après avoir fait jouer ses poulains à Paris et à Lyon, cherche à défiscaliser l'opération en travaillant avec une structure à but non lucratif. La connexion s'effectue, et le contrat est signé pour que les Stones se produisent pour deux concerts à Marseille, le même jour, salle Vallier.

Comme l'avait raconté Jean-Pierre dans son livre Le Sourire aux larmes (Calmann-Lévy), si les 70 000 francs alors demandés pour les prestations semblaient représenter une petite fortune pour le futur animateur, le calcul avait été fait qu'avec une salle de 1 500 personnes, utilisée deux fois, à 18 h et 21 h 30, trois mille tickets vendus rembourseraient la dépense…

C'est ainsi qu'en quelques semaines, Jean-Pierre, avec son Solex et un de ses acolytes, se démène pour tout mettre au point afin d'accueillir les stars. « Comme ils avaient tout cassé à Paris, on nous a demandé d'attacher les chaises au sol dans la salle Vallier. On m'a demandé de garnir leur loge avec du Pepsi et du thé darjeeling, comme il était stipulé dans leur contrat. J'ai fait le tour de Marseille à la recherche de ce thé, que j'ai fini par trouver dans une épicerie de luxe. Évidemment, quand ils sont repartis, ils n'avaient touché ni au Pepsi ni au thé », a-t-il raconté joyeusement au Parisien. Jean-Pierre écrira dans son livre que c'est la première fois qu'il a eu affaire à un « caprice de star »…

L'apprenti-tourneur a aussi dû se débrouiller pour dénicher une sono, un service d'ordre, mettre en place une billetterie, faire imprimer des affiches…

Mais si tout s'est bien déroulé durant le premier concert, prévu à 18 h 30, à l'issue de celui-ci, le public, hystérique d'avoir assisté à ce grand moment de rock'n'roll, n'était pas du tout disposé à quitter les lieux pour laisser la place aux fans de la deuxième séance… C'est donc une foule deux fois supérieure aux prévisions qui s'est retrouvée massée dans la salle Vallier !

Dans cette ambiance brûlante et survoltée, au grand dam du jeune organisateur, qui sentait son cœur battre trop fort dans sa poitrine, soudain, le drame s'est produit : « Les immenses parois vitrées de la salle ont volé en éclats, les policiers sont intervenus et ça a été catastrophique ! » a-t-il encore raconté à notre confrère.

Catastrophique, et même apocalyptique ! Car alors qu'il chantait Satisfaction, Mick Jagger a soudain reçu un barreau de chaise en pleine face ! Le concert s'est immédiatement interrompu, mais, heureusement pour les fans, il s'agissait de la toute dernière chanson de la session.

Inutile de dire que Jean-Pierre a bien failli se trouver mal lorsque la rock star a été blessée ! C'est la police qui a dû raccompagner le groupe à son hôtel, tandis que Mick Jagger était conduit à l'hôpital. Jean Sarrus, futur membre des Charlots, était à l'époque bassiste du chanteur Antoine qui passait en première partie des Stones. Il a raconté qu'une fois revenu de se faire soigner l'arcade sourcilière, Jagger lui avait confié avoir vu un rat trotter sous sa chaise dans l'hôpital… Heureusement, Mick en a été quitte pour un œil au beurre noir.

Mais, la nuit suivante, le groupe a passé son temps à téléphoner depuis leur hôtel, qu'ils ont quitté sans régler la note astronomique de leurs conversations ! C'est donc l'association de Jean-Pierre qui a dû prendre en charge ces dépenses imprévues…

Si, sur le moment, ces événements ont beaucoup angoissé Jean-Pierre, il se les rappelle néanmoins avec beaucoup d'émotion aujourd'hui. Peut-être même ira-t-il visiter la formidable exposition consacrée aux Rolling Stones, à Marseille, au Stade Orange Vélodrome, pour se remémorer ces instants incroyables…

Laurence PARIS

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