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Jean-Pierre Foucault : Il pleure Paula, sa maman adorée

Publié le 17 octobre 2008

Ce samedi soir, sur TF 1, il présente, en direct, La Grande Interro, un jeu interactif sur la langue française. Comme d'habitude, Jean-Pierre Foucault devrait mener la soirée de main de maître.

Sûrement, même, Jean-Pierre Foucault trouvera le temps de rire, de partager des instants de complicité avec les téléspectateurs... Mais, derrière l'entrain et le savoir-faire, ses fans les plus attentifs devineront une faille dans ce regard si familier. Celle d'un homme qui vient de perdre sa maman...

La semaine dernière, l'animateur a eu l'immense douleur de devoir dire adieu à Paula, 92 ans et, devant cette terrible perte, nul doute que Jean-Pierre sera inconsolable. Oui, plus jamais il n'aura le bonheur d'accueillir Paula dans sa belle villa de Carry-le-Rouet, à trente kilomètres de Marseille, ou de lui rendre visite dans sa résidence, située près du Prado.

Plus jamais il ne lui adressera de petits signes discrets à l'antenne comme il se plaisait tant à le faire. Et plus jamais il ne pourra lui demander de parler, encore et encore, de son cher papa, Marcel, parti quand il n'avait que 14 ans.

->Voir aussi - Jean-Pierre Foucault : Ne lui parlez pas de Guy Marchand !

Holocauste

Car, Jean-Pierre s'est, très jeune, retrouvé seul avec sa mère et ses deux sœurs quand ce chef de tribu, président d'une société d'import-export, a été assassiné à Alger en 1962. Ce drame, il l'a raconté, en 2005, dans son autobiographie, Le Sourire aux larmes.

Un livre poignant qui était aussi un grand cri d'amour adressé à sa maman, au courage qu'il lui avait fallu quand elle s'est retrouvée veuve à 46 ans. Il faut dire que ce n'était pas la première fois que la tragédie s'invitait dans la vie de Paula. Loin de là...

Elle était née Pessa Leska, à Mogielnica, en Pologne, en 1916. Juive, elle avait dû quitter son pays, à 22 ans, pour fuir les Allemands. Tout d'abord réfugiée en Belgique, elle était arrivée à Marseille en 1940. Seule. Des onze membres de sa famille, elle était l'unique survivante, tous les autres ayant succombé à l'horreur nazie.

Rebaptisée Paula, elle avait alors rencontré Marcel, résistant puis brillant homme d'affaires. Et très vite, elle s'était retrouvée mère de trois jeunes enfants. Tous éperdus d'admiration pour cette femme si courageuse.

Pèlerinage

« Ma mère a connu les agressions physiques, les humiliations, expliquait Jean-Pierre Foucault à Paris Match lors de la sortie de son livre. Jusqu'au dernier jour de l'Occupation, mes parents furent inquiétés par les Allemands. Pour moi, c'est un exemple. On ne peut pas imaginer qu'un petit bout de femme de 20 ans, qui a tout perdu, ait pu lutter avec courage et obstination face aux nazis. Elle est l'un des artisans de cette liberté. »

Jusqu'au dernier moment, ce fils a été bluffé par l'instinct de vie de Paula. « Mais comment peut-elle sourire encore ? Je ne m'en rendais pas compte petit, je mesure maintenant ce qu'elle a vécu », s'émerveillait-il encore dans Paris Match.

C'est d'abord pour elle qu'il a voulu écrire son livre, Le Sourire aux larmes... « À l'origine, elle ne voulait pas que j'écrive ces souvenirs, admet-il. Elle avait peur de subir encore des remarques antisémites. [...] Elle a lu le chapitre qui la concerne lors d'un déjeuner familial et elle a été émue. Mais, si j'ai fait le pèlerinage à Alger sur les lieux où mon père fut tué, je ne suis, en revanche, jamais retourné en Pologne : ma mère n'en avait pas envie. »

Après la mort de Paulo, son ami d'enfance, en février dernier, c'est encore une part du passé marseillais de Jean-Pierre qui s'est évanouie. Lundi dernier, il n'a pu assurer son émission du matin sur RTL . Très ému, Cyril Hanouna, son compère de micro, a tenu à lui rendre hommage par un « On pense très très fort à lui. On l'embrasse ».

France Dimanche s'associe à ces mots et adresse à Jean-Pierre Foucault, ainsi qu'à ses sœurs Anne-Marie et Françoise, ses plus sincères condoléances...

Aurélien Chamouard

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