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Jean-Pierre Foucault : "Je refusais de parler de mon père

Publié le 29 janvier 2015

Jean-Pierre Foucault, habituellement peu disert sur le sujet, a évoqué son enfance difficile. Marcel Foucault, son père, a été assassiné à Alger en 1962. Un drame aux incidences terribles pour Jean-Pierre, alors âgé de 14 ans.

On connaît le Jean-Pierre Foucault jovial, bonhomme, aussi ouvert que l'expression calme de son visage le laisse présumer. Ce que l'on sait moins, c'est que l'animateur a pendant longtemps porté le masque du bonheur pour s'évader de son enfance tragique. Le journaliste a récemment été interviewé par nos confrères de TéléObs dans le cadre d'une thématique consacrée à la relation que les animateurs entretiennent avec leur père. Comme le raconte l'hebdomadaire dans cet article intitulée "Papa regarde moi", certains présentateurs ont même pu profiter du métier comme un exutoire du trop plein d'émotions les submergeant. Il semblerait bien que tel soit le cas pour l'animateur de Qui veut gagner des millions ?

Un bête curieuse

Le 22 février 1962, Jean-Pierre Foucault, alors âgé de 14 ans, apprend la terrible nouvelle. Son père, Marcel Foucault, vient d'être assassiné dans les rues d'Alger. Aujourd'hui encore, l'homme de radio ignore toujours l'identité des auteurs de cet abominable crime. Très affecté par cette tragédie, le jeune Jean-Pierre doit faire face aux interrogations et aux spéculations que ne manquent pas de déchaîner l'assassinat. C'est notamment le cas au lycée et dans son quartier, où l'animateur est considéré comme une "bête curieuse". Rongé par la tristesse, l'adolescent est bombardé de questions. "Pour faire cesser ces interrogatoires, se souvient-il aujourd'hui, je me suis fabriqué une façade de clown, je faisais marrer les copains" Le futur animateur constate alors que du jour au lendemain, les questions cessent. "Je n'étais plus celui qui a perdu son père", conclut-il en expliquant en outre qu'il exerce ce métier pour "afficher une bonne humeur communicative dès 7 heures du matin. Pour éviter qu'on me parle".

En octobre 2009, Marcel Foucault a reçu la médaille de "Juste parmi les nations" à titre posthume, pour avoir sauvé ses nièces de l'enfer des camps de concentration. Jean-Pierre Foucault, à qui sa mère a longtemps caché son douloureux passé de rescapée juive polonaise des camps de la mort nazis, a fini quant à lui par publier ces pénibles souvenirs. Tout d'abord en 2005 avec Le sourire aux larmes, puis en 2012 avec une deuxième autobiographie, intitulée La couleur des souvenirs.

Raphaël Marchal

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