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Jean-Pierre Foucault : Ses élèves se sentent trahis !

Publié le 21 mai 2016

Ils voulaient tellement bénéficier de l'expérience et des connaissances de Jean-Pierre Foucault. Mais aujourd'hui, les étudiants de cet institut marseillais se sentent floués.Ils voulaient tellement bénéficier de l'expérience et des connaissances de Jean-Pierre Foucault. Mais aujourd'hui, les étudiants de cet institut marseillais se sentent floués.

Combien de fois lui a-t-on fait ce type de proposition ? Dix fois ? Vingt fois ? Jean-Pierre Foucault serait bien en mal de le dire ! Les arguments sont toujours les mêmes : on lui suggère de créer une école de journalisme, une académie de communication, ou un pseudo-institut d'audiovisuel.

Il suffit qu'il prête son nom, cautionne l'affaire, et le tour est joué ! Succès garanti ! Argent qui coule à flots et sans effort ! À chaque fois, l'animateur vedette de TF1 a poliment refusé ce genre d'association.

Après plus de quarante ans de métier à la radio et à la télévision, Jean-Pierre sait à quel point des métiers comme le sien peuvent être attractifs pour les jeunes. Et combien il est facile aussi de piéger des garçons et des filles rêvant de devenir des stars du petit écran.

Pas question de mettre sa notoriété au service d'une telle entreprise. Pour lui, c'est clair : on ne joue pas à Qui veut gagner des millions ? avec l'avenir des enfants !

->Voir aussi - Jean-Pierre Foucault : Dans l'enfer de la drogue !

Apparition

Foncièrement intègre, il ne serait sans doute jamais lancé dans ce genre d'aventure si le destin n'avait pas mis Franck Papazian sur sa route. Ce dernier, lorsqu'ils se rencontrent grâce à un ami commun, ne parle pas d'argent, ou de retour sur investissement, mais évoque une école ouverte au plus grand nombre, accessible dès la sortie de la classe de terminale et qui offre de vraies possibilités d'avenir à ses étudiants.

Un autre argument touche Jean-Pierre au coeur : cet établissement s'ouvrira à Marseille, sa ville natale ! Un endroit où l'on ne fait pas de fausses promesses aux élèves, mais où l'on leur enseigne un vrai métier, avec de réelles chances de réussite... Séduit, le présentateur dit « banco ». Il s'investit financièrement, à hauteur de 25 %, et s'engage à donner des cours comme intervenant extérieur.

En janvier 2009, lors d'une conférence de presse annonçant la création de l'Institut européen de journalisme, l'animateur déclare : « J'apporte mon nom, j'apporte mon expérience. En tant que Marseillais, ayant quitté ma bonne ville pour monter à Paris, comme on dit, je pense que c'est un juste retour des choses que d'offrir aux jeunes qui rêvent de faire mon métier un cadre, une école et des enseignants de qualité. »

Très vite, les candidats affluent. L'examen d'entrée, il faut le reconnaître, n'est pas d'un niveau très élevé : un test de culture générale consistant en une vingtaine de questions, un autre sur le monde des médias et l'actualité, une dissertation et une épreuve d'anglais. Pour finir, les prétendants sont reçus par Aline Madilian, la directrice de l'établissement, qui jauge leur motivation.

Pour les plus chanceux, ce sont les parents qui règlent les quelque 6.000 euros d'inscription. D'autres font de gros sacrifices, comme cette jeune fille qui travaille dans une supérette près de la gare Saint-Charles pour s'offrir « l'école de Jean-Pierre Foucault ». Tous sont rassurés par le nom et la réputation de sérieux de l'animateur. Beaucoup s'imaginent même qu'il sera là en personne pour leur donner de précieux conseils...

Hélas, ils vont vite déchanter. Car, après une apparition pour l'inauguration du lieu en janvier 2010, les étudiants ne croiseront plus le présentateur. Pas de cours, pas de conseils ni d'interventions. Rien ! S'ils veulent le voir, les élèves ont plutôt intérêt de regarder TF1 !

Fin novembre 2011, les étudiants de l'IEJ sont rassemblés à l'hôtel de la Région. Tous se sont mis sur leur trente et un pour la cérémonie de remise des diplômes. Cette fois, Jean-Pierre est venu, et il pose, tout sourire, avec les lauréats de la première promotion de son école.

Amertume

Cette photo souvenir, certains la regardent aujourd'hui avec amertume. « J'étais contente de le voir, raconte Mélanie, 21 ans. Lors de la remise des diplômes, il a été très sympa, très gentil. Mais j'aurais voulu qu'il vienne plus souvent, nous aurions eu tellement à apprendre de lui. »

Du haut de ses 19 ans, Vincent, lui, est plus virulent : « À l'école, c'était toujours "Jean-Pierre Foucault, par-ci, Jean-Pierre Foucault par-là", mais en fait, on ne l'a pratiquement jamais vu. J'ai l'impression que la direction était surtout intéressée par les frais d'inscription. Heureusement que les profs étaient bons... »

Le journaliste aurait-il présumé de ses forces ? Mal évalué l'espérance que les élèves de son école investiraient sur son nom ? Tous ou presque rêvaient d'une relation privilégiée avec ce monstre sacré du petit écran. De l'approcher et de bénéficier de son immense expérience.

Aujourd'hui, ils sont bien évidemment déçus. Ces enfants que Jean-Pierre Foucault ne voulait pas trahir, et qu'il a, sans le vouloir, abandonnés...

Christophe Nohlaux

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