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Jean-Pierre Mocky et Charles Pasqua : Ados, ils faisaient les 400 coups !

Publié le 2 mars 2012

Durant leur jeunesse cannoise, le réalisateur Jean-Pierre Mocky et le ministre Charles Pasqua fréquentaient le même lycée et exerçaient des petits boulots pas toujours réguliers...Durant leur jeunesse cannoise, le réalisateur Jean-Pierre Mocky et le ministre Charles Pasqua fréquentaient le même lycée et exerçaient des petits boulots pas toujours réguliers...

La vie réserve parfois des rencontres improbables, de celles que le plus doué des scénaristes ne saurait imaginer. Et ce n'est pas Jean-Pierre Mocky, auteur d'une soixantaine de films, qui dira le contraire ! Né en 1933, d'un père ukrainien ayant fui la révolution soviétique, la vie du réalisateur est en soi un roman. Et, malgré ses 78 ans, nous n'en connaissons pas toutes les pages. Dans l'excellent livre Petits moments d'ivresse, de Gustave Kervern et Stéphanie Pillonca, paru au Cherche midi, Jean-Pierre fait une révélation surprenante.

Adolescent, il était l'ami de Charles Pasqua ! Les deux garçons faisaient même de sacrées affaires ensemble ! « Pendant les vacances, je descendais à Cannes et j'étais maître baigneur. Lui, il vendait des Esquimau et il avait un tricycle réfrigéré. » Voilà pour la partie émergée de l'iceberg. En réalité, Jean-Pierre et le futur ministre, alors âgés de 14 et 20 ans, se livraient à des trafics bien moins licites.

->Voir aussi - 24 heures avec Jean-Pierre Mocky : Festival de Cannes 2010

« J'étais maquereau à l'époque, je présentais les touristes à des demi-mondaines, avoue Mocky dans Petits moments d'ivresse. Elles me prenaient à part pour me demander si je ne pouvais pas leur rabattre des clients. Alors je faisais l'intermédiaire, je touchais un peu d'argent de la fille et un peu d'argent du type... »

Son acolyte d'alors avait, lui aussi, la fibre commerçante. Ses glaces ? « Comme c'était un truand, il ne les vendait pas lui-même, s'amuse le cinéaste. Il engageait des gosses plus jeunes que lui et il les balançait sur les plages. Lui, il attendait avec un cigare sur un banc. » Cet adolescent peu soucieux des lois était le fils d'un brigadier de police !

Condisciple de Pasqua au collège de Grasse, Mocky le décrira comme un paresseux qui redoublait ses classes. « C'était un grand cancre », précisera-t-il sur Infrarouge.fr.

Cuites

Un cancre, mais un bon camarade ! Mocky se souvient avec tendresse de leurs « cuites terribles » le soir, lorsqu'ils rentraient les matelas de l'hôtel Carlton de Cannes. « Pasqua était ivre mort, assure-t-il dans le livre. Il était avec son copain Delfino, le Corse, et, tous bourrés, on dormait sur la plage, sur les matelas. »

Peu de temps après, les deux hommes montent chacun de leur côté à Paris pour réussir dans deux domaines pas si différents que ça, où le spectacle est permanent. Même si le réalisateur a été bluffé de voir entrer son vieux pote dans l'arène publique : « Quand je l'ai vu arriver en politique, j'ai cru que ce n'était pas le même ! »

Après un passage par la Résistance et la société Ricard, le vendeur d'Esquimau est devenu l'un des hommes les plus puissants de la Ve République. Son ex-camarade ne s'est pas si éloigné de son univers : le second enfant de Mocky est le gendre de Jack Lang.

Mais entre les deux mondes, le cinéaste Jean-Pierre Mocky a choisi. Comme il le déclarait dans Le Parisien en 2003 : « Les vrais truands, ce sont les mecs de la politique. » Parole d'expert.

Benoît Franquebalme

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