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Jean-Pierre Mocky : “Le président, je le connais depuis perpète !”

Publié le 29 septembre 2018

En plein tournage de sa série inspirée par Hitchcock, Jean-Pierre Mocky raconte comment il a été soutenu par le chef de l’état.

Alors qu’il était en train de tourner Le Pique-assiette, un nouvel épisode de sa série Hitchcock by Mocky, tiré d’une des nouvelles écrites par le maître du suspense, avec en vedette Frédéric Bouraly et Anne Roumanoff.

Le toujours jeune réalisateur de 85 ans nous a reçus en exclusivité pour évoquer son projet marathon, entamé en 1991, et livrer des anecdotes sur les stars avec lesquelles il espère bien vivre encore de nouvelles aventures.


Emmanuel Macron

« Il aime bien mon travail.

Quand il était au lycée d’Amiens, il fréquentait le ciné-club où j’animais des conférences.

Je le connais depuis perpète.

En 2016, alors ministre, il m’a demandé de remettre l’ordre national du Mérite à un ami producteur.

Macron m’a rappelé qu’il connaissait mon cinéma sur le bout des doigts et avait même mon coffret de 56 films.

Quand il est arrivé au pouvoir, il m’a un peu aidé auprès de Mme Ernotte, la présidente de France Télévisions.

J’essaie de rester en contact avec lui, mais c’est difficile de le coincer pour le voir.

Je ne peux tout de même pas l’emmerder tous les jours.

Vous me voyez frapper à l’improviste à la porte de sa maison du Tréport ? »
 

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Gérard Hernandez

« Cet acteur m’a beaucoup touché.

Il formait un couple avec Marthe Villalonga, dans l’un des films de la série, et n’a pas voulu être payé.

Il a juste demandé deux bouteilles de vin.

C’est exceptionnel !

Un très beau geste. »
 

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Clint Eastwood

« J’ai eu 85 ans le 6 juillet, et j’ai un projet avec mon copain Clint Eastwood, qui en a 88.

Mais malheureusement, on nous a dit que nous étions des vieillards qui ne pouvaient plus tourner.

On voulait faire un film sur les migrants et les SDF qui les rejoignent.

Le titre du scénario est Impasse de l’espoir, et des rôles étaient prévus pour Clint et Woody Allen, qui auraient interprété des SDF.

Il n’y avait que des vieux dans ce casting : Jane Fonda, Charles Aznavour, Line Renaud et Jean-Paul Belmondo.

Mais nous n’avons pas trouvé de financement.

Quand j’ai revu Clint à Paris, pour son film 15 h 17 pour Paris, qui raconte l’attentat déjoué par trois Américains à bord du Thalys, on a essayé de convaincre Xavier Niel, le patron de Free, de financer notre film, mais ce n’est pas fait… »
 

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Gérard Depardieu

« Nous avons un projet de film ensemble, Un drôle de jardinier, dont le scénario devrait vous rappeler certains souvenirs.

Depardieu interpréterait un jardinier à l’Élysée, sur le point de prendre sa retraite.

Un jour, il voit le président de la République partir sur son scooter.

Il le suit et comprend qu’il va rejoindre sa maîtresse.

Quand il sort de chez elle, le jardinier l’enlève et le cache dans une cabane de pêcheurs, avant de convoquer un journaliste.

L’on cherche celui qui pourra incarner le chef de l’État.

Peut-être Franck Dubosc ?

En plus, aujourd’hui, Gérard est plus populaire à l’étranger qu’en France, où il a accumulé quelques échecs.

Alors il préfère faire du théâtre et chanter Barbara, ça marche bien mieux.

Il est aussi parti au Japon et en Chine, pour proposer ses émissions de cuisine.

Ce gars-là ne s’ennuie jamais. »
 

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Jean-Paul Belmondo

« Figurez-vous qu’il devait tourner un épisode de la série Hitchcock by Mocky.

Pour lui faire plaisir, on lui avait choisi Richard Anconina comme partenaire.

Je le connais bien, il a auparavant tourné dans cette série.

Dans cette histoire, Jean-Paul Belmondo jouait un caïd, assis dans une cellule de prison, et son fils, interprété par Richard, venait lui rendre visite. 

Compte tenu de ses problèmes de santé, on avait pensé qu’il lui fallait un rôle statique, pour lequel il n’aurait pas à marcher.

Du coup, il n’y avait pas d’action dans le scénario, mais beaucoup de dialogues.

On s’est vite aperçu que Jean-Paul avait du mal à parler, mais ça on ne l’avait pas du tout anticipé. 

L’autre jour, je suis allé dîner chez lui, et nous avons convenu qu’il lui fallait un rôle avec beaucoup moins de répliques.

C’est ce sur quoi nous sommes en train de travailler.

Si on pouvait trouver une nouvelle d’Hitchcock avec un personnage muet, alors là, on serait gagnants ! »

Anita BUTTEZ

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