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Jean-Pierre Pasqualini : “Nana m’a fait pleurer”

Publié le 27 décembre 2013

Il y a vingt ans, Jean-Pierre Pasqualini abandonne sa carrière dans le tourisme pour se consacrer à sa passion : la chanson française. Confidences  de celui qui est devenu l’ami des artistes.

S’il y a bien quelqu’un qui connaît la chanson, c’est lui ! À la folie, passionnément. Jean-Pierre Pasqualini, 55 ans, maîtrise si bien son sujet qu’il y a une vingtaine d’années, alors qu’il avait pourtant une carrière toute tracée dans le tourisme, cet originaire de La Ciotat a pris la décision de changer radicalement de partition en créant Platine, un magazine bimestriel de référence. C’est désormais à lui que la plupart des médias font appel pour commenter, critiquer, analyser le monde enchanté de la variété d’hier et d’aujourd’hui.

À l’occasion de la sortie d’un coffret spécial (Platine, les 100 tubes, de la variété française, chez Wagram) où sont réunies des chansons, pour la plupart oubliées du grand public, l’inénarrable directeur de la rédaction, également écrivain, producteur, manager, ou encore animateur et directeur des programmes en charge des contenus sur Télé Melody, nous livre en exclusivité quelques épisodes croustillants qui ont marqué sa vie d’éternel fan d’artistes plus célèbres les uns que les autres.

Par Philippe Callewaert

NANA MOUSKOURI
« Nana est une artiste et une femme formidable. Un jour, elle m’a appelé pour me proposer d’assister à ses adieux à l’Opéra de Paris. J’étais très honoré qu’elle le fasse elle-même sans passer par son attaché de presse. D’autant qu’elle m’avait réservé l’une des meilleures places : entre sa fille et sa sœur ! A la fin du spectacle, tout le monde s’est levé. Avec mon 1,92 m, elle ne pouvait pas me louper ! Elle a commencé par saluer certains fans sur le bord de la scène, puis, bien évidemment, a embrassé mes voisines. Je m’apprêtais à lui faire un baisemain maladroit, quand elle m’a pris dans ses bras et serré contre elle comme du bon pain ! J’étais aux anges et n’ai pu m’empêcher de verser une petite larme. C’était un moment très émouvant pour moi. »

GILBERT BECAUD
« Peu de temps avant sa mort, je suis allé l’interviewer sur sa péniche, à Boulogne-Billancourt. Tout s’est très bien passé. À tel point qu’à la fin de l’entretien, il m’a proposé d’écrire des chansons avec lui. Je n’en croyais pas mes oreilles ! Pour lui, comme j’étais journaliste, j’en étais tout à fait capable. J’étais si impressionné que j’ai bêtement répondu que je n’avais pas le temps tout de suite, ce qui était faux ! Dans les jours, les semaines, les mois qui ont suivi, conscient que j’étais en train de passer à côté de quelque chose d’inoubliable, je me suis dit que j’allais l’appeler pour en rediscuter. Il est hélas parti avant que j’ose enfin décrocher mon téléphone. Et ça, je le regretterai toute ma vie ! »

DAVE
« En juillet 2002, mon ami Dave avait un concert dans le Var que je ne suis pas près d’oublier. Jusque-là, j’avais l’habitude d’aller le voir à Paris. Or, selon lui, il n’est pas du tout le même quand il se produit en province. J’ai donc profité de mes vacances dans le coin pour aller l’applaudir au premier rang. Quelques minutes avant d’entrer en scène, il m’assurait dans sa loge qu’il était prêt à se lâcher comme jamais. Je n’imaginais pas à quel point ! Au moment de chanter Mon cœur est malade, je le vois grimper sur les enceintes pour sauter du podium et se mêler au public. Hélas, il a raté son coup et s’est s’effondré sous mes yeux. Ignorant qu’il venait de se faire une triple fracture du pied, il me demande de le remonter sur scène. Il a quand même fini son show, assis sur une chaise, puis je l’ai porté en coulisses, où nous avons attendu l’ambulance. Je l’entends encore me dire : “Toi, c’est la dernière fois que tu viens me voir en province !” »

DEMIS ROUSSOS
« Je me souviendrai toute ma vie de la première célébrité que j’ai vue de près. Je devais avoir 14 ans et travaillais pendant les vacances dans une station-service à La Ciotat, histoire de gagner un peu d’argent de poche. Une Rolls-Royce aux vitres fumées arrive. Le chauffeur me demande de faire le plein et le pare-brise, et je découvre à l’arrière un homme barbu assez corpulent, et surtout à moitié nu, au côté d’une très belle femme. Après quelques secondes, je reconnais Demis Roussos, qui était déjà une immense star internationale. Ça m’a fait un choc. Notamment de voir qu’il était assis sur d’odorantes peaux de bête à poils longs… »

MARCEL AMONT
« En 1996, je me retrouve en train d’interviewer chez lui Marcel Amont, pour qui j’ai beaucoup de respect. À un moment, je lui pose une question qui semble le déranger. Il commence alors à hausser le ton, en restant évidemment très correct. Sauf que son fils, âgé de 15 ans, avait entendu depuis sa chambre au premier étage que ça bardait. Je l’ai ainsi vu dévaler les escaliers dans le but de défendre courageusement son père. Il était vraiment prêt à me casser la gueule ! Aujourd’hui, nous sommes devenus copains avec Mathias, qui rêve de devenir chanteur. Nous écrivons même des chansons ensemble. »

DALIDA
« Deux ans avant sa disparition, en 1987, alors que je travaillais encore dans le tourisme, je me suis retrouvé par hasard dans les coulisses d’une émission de Pascal Sevran. C’est là que j’ai croisé cette grande dame. Au détour d’un couloir exigu, ma main a malencontreusement effleuré sa chevelure. Et là, j’ai été abasourdi ! Cette brune de nature s’était décoloré les cheveux pendant tant d’années qu’ils étaient devenus comme de la paille. Ça m’avait fait de la peine pour elle. »

Avec Lara Fabian

LARA FABIAN ET JEAN-LUC LAHAYE
« Si j’ai de bonnes relations avec la plupart des artistes, j’ai eu quelques heurts avec certains. Je pense par exemple à Jean-Luc Lahaye. Nous avons sympathisé dans les années 80. Il lui est même arrivé de dormir chez moi ! Puis un jour, je le croise lors d’un cocktail, et il commence à m’insulter devant tout le monde. Il n’était pas content parce que j’avais parlé d’un établissement dont il était propriétaire et qu’il avait été contraint de le fermer. Je ne comprenais pas pourquoi il m’en voulait à ce point… Dix ans plus tard, on se revoit lors d’un spectacle. Et là, à ma grande surprise, il me présente ses excuses. Confus, il m’explique qu’il croyait que j’étais de la famille du commissaire Pasqualini, l’homme qui a fait fermer sa discothèque. Lara Fabian, elle, n’a pas aimé que j’écrive que l’un de ses disques était moins abouti que les précédents. Contrairement à Jean-Luc, elle m’en veut toujours. Elle s’est sentie trahie alors que je n’ai fait que mon travail. Hélas ! »

Stone, Dave, Rika Zaraï et Jean-Pierre Pasqualini

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