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Jean-Pierre Pernaut : Agressé par un membre du CSA

Publié le 23 janvier 2018

Jean-Pierre Pernaut réagit aux propos de Mémona Hintermann qui s’est moquée de sa France 
“des forgerons et des sabots”.

Qu’on se le dise, le chantre de la France profonde, celle des petits métiers qui disparaissent et des campagnes désertées, est en pétard. Celui qui est, depuis bientôt trente ans, le maître de cérémonie du 13 h de TF1 n’apprécie pas, mais alors pas du tout, les propos tenus dans le quotidien Ouest-France par Mémona Hintermann-Afféjee, membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) depuis 2013, au sujet de son JT.

Pourtant, les déclarations de cette ancienne journaliste du service étranger de France 3… et présentatrice de Soir 3, commençaient plutôt bien, et paraissaient même mettre en valeur le travail accompli par le célèbre Picard. Interrogée par notre confrère au sujet du baromètre de la diversité à la télévision, la présidente du groupe Cohésion sociale au sein du CSA reconnaissait que, malgré d’indéniables progrès, les personnes âgées et les jeunes étaient encore trop peu nombreux à l’antenne. Et c’est alors que cette grande professionnelle, devenue gendarme de l’audiovisuel, s’est pris les pieds dans le tapis : « Cette télé est ultradéformante, a-t-elle affirmé. On critique beaucoup le journal de Pernaut. Bien sûr, c’est un peu la France des sabots et des forgerons, mais il faut aussi qu’elle soit vue. »

Maladresse ?

Certains compliments sont parfois plus durs que les attaques frontales. Et la chute choisie par Mémona Hintermann pour clore son coup de chapeau est sans nul doute de ceux-là. Sa condescendance spontanée envers « La France d’en bas » transpire dans sa dernière phrase, un peu comme celle sur les « sans-dents » attribuée à François Hollande.

Que cela soit conscient ou non, il semble que cette femme se sente bien au-dessus de certains de ses compatriotes, pratiquant sans doute à ses yeux des activités désuètes et plutôt folkloriques, tout en admettant qu’il faut bien les voir (puisque telle est sa mission), aussi ringards soient-ils. Celle qui dans son autobiographie, Tête haute (éd. JC Lattès) écrivait avoir bâti sa vie sur trois piliers : méritocratie, respect de la pluralité religieuse et ascenseur social républicain, donne en revanche le sentiment d’avoir banni le mot humilité de son vocabulaire.


Peut-être s’agit-il là d’une simple maladresse, et cette attaque ne serait sans doute jamais sortie des pages de Ouest-France, si JPP n’avait pas été un fidèle lecteur de la presse quotidienne régionale. En lisant ces quelques lignes, le jeudi 4 janvier, son sang n’a fait qu’un tour. Et ses doigts se sont mis à courir sur son clavier pour poster deux tweets rageurs dénonçant son agresseuse.
« Concernant le JT de 13 h, qui peut dire ou écrire des conneries pareilles ? », puis « “Il faut qu’elle soit vue” !!! Quel mépris ! Honteux et lamentable. Et dire que ça vient vraiment du CSA. »

Colère

Sa réaction se comprend d’autant mieux que son ex-consœur ne s’attaque pas seulement à sa personne, mais aussi aux millions de téléspectateurs qui le suivent depuis des années, avec une fidélité jamais démentie. JPP incarne avec fierté une certaine France, rurale et traditionnelle, à laquelle le journaliste de 67 ans est attaché. Et cela lui vaut depuis longtemps de recevoir par tombereaux les moqueries de nombreux censeurs, certains allant jusqu’à l’accuser d’être un héraut du pétainisme. Mémona Hintermann ne va bien sûr pas aussi loin dans sa critique.

Reste qu’elle laisse pour le moins transparaître que, dans son esprit, cette France dont il est le porte-parole, celle des pipes de Saint-Claude et de la dentelle de Calais, des terres peuplées de vieillards sympathiques mais vivant hors du temps, lui fait un peu honte. Son image l’inspire moins, en apparence, que celle d’un pays urbain, jeune et connecté.

C’est sans doute ce qui a suscité la colère de JPP. Un courroux auquel la principale intéressée, bien que contactée par nos soins, n’a toujours pas répondu à l’heure où nous écrivons ces lignes. Par souci de respecter un éventuel devoir de réserve ou pour mieux souligner par son silence l’insignifiance de la réplique, certes corsée, du journaliste ? Nul ne le sait pour l’instant.

En revanche, l’on peut regretter que celle devant incarner la diversité sur le petit écran semble opposer deux France qui, aussi différentes soient-elles, pourraient très bien cohabiter en parfaite harmonie. Et pas seulement à la télévision…

Claude LEBLANC

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