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Jean-Pierre Pernaut : Humilié et insulté !

Publié le 26 avril 2018

Alors que le jeudi 12 avril, Jean-Pierre Pernaut se faisait une joie de recevoir pour la première fois le président de la République, les coups n’ont cessé de pleuvoir…

Jeudi 12 avril, alors que des mouvements sociaux d’envergure secouent la France depuis plusieurs semaines, paralysant notamment les transports publics, les universités et même certaines entreprises de la grande distribution, le chef de l’État a tenté d’apaiser les esprits en s’adressant à ses concitoyens…

Une sage initiative de l’exécutif dans cette période troublée par les incertitudes de nombreux Français face à l’avenir, sans oublier leur inquiétude, doublée d’un fort mécontentement, devant les différentes réformes voulues et mises en place par le gouvernement.

Encore plus judicieux, le choix de l’équipe de communication de l’Élysée de diffuser, en direct à 13 heures, l’interview d’Emmanuel Macron depuis une école primaire de l’Orne, située dans la petite commune de Berd’huis…


A l’heure où la cote de popularité de celui qui est un peu trop souvent, depuis quelque temps, qualifié de « président des riches » a fortement chuté, rien de tel qu’une petite virée au cœur de la France rurale pour reprendre contact avec les vraies valeurs et montrer un visage plus accessible !

Mais pour mener cet entretien crucial avec le chef de l’État, il semblait tout à fait naturel et légitime que ce soit Jean-Pierre Pernaut qui s’en charge dans son journal.

Ce moment exceptionnel était diffusé simultanément sur TF1 et LCI. Cet exercice de haut vol a permis de poser des questions pointues de politique et d’économie. Et l’élu du peuple a pu répondre sans langue de bois sur tous les sujets qui fâchent devant ceux qui l’ont porté à la plus haute fonction de l’État il y a bientôt un an, mais aussi, et peut-être même surtout, aux autres…

Cible

Qui mieux que le journaliste de la France rurale et populaire, celui qui depuis de nombreuses années donne la parole à tous les Français, pouvait faire face au président et le pousser à parler vrai et sans détour ?

Cet exercice, l’homme de médias de 68 ans l’a d’ailleurs déjà pratiqué avec succès en 2011 en se frottant à un « client » réputé plutôt coriace, Nicolas Sarkozy, à l’époque chef de l’État.

Vous en conviendrez avec nous, ce face-à-face entre l’actuel titulaire de la fonction présidentielle et le journaliste préféré des Français n’aurait dû étonner personne et même plutôt donner du baume au cœur aux téléspectateurs qui regardent chaque jour avec un grand bonheur les infos de la mi-journée sur la Une…

Sauf que, juste avant ce moment si important où des réponses sérieuses et des explications indispensables ont été apportées sur les thèmes les plus graves, les coups se sont mis à pleuvoir sur Jean-Pierre !

Lui, si passionné par son métier qu’il considère probablement comme une mission, s’est retrouvé, du jour au lendemain, la cible des moqueries et des critiques…

Et, aussi incroyable que cela puisse paraître, ces critiques et ces moqueries, aussi insultantes qu’humiliantes, remettant en cause son immense professionnalisme sont venues d’un homme actuellement au cœur même du pouvoir !

C’est le site du magazine Valeurs actuelles qui a retrouvé ce que disait Bruno Roger-Petit en 2011, lorsque Jean-Pierre, en binôme avec Yves Calvi, avait été choisi par l’ex-président pour l’interroger.

Qualifiant le présentateur de simple « médiateur », celui qui était alors chroniqueur pour des magazines tels Challenges, Le Post, ou encore le Plus de L’Obs, tenait des propos acérés sur l’homme de télé

 « Jean-Pierre Pernaut, incarnation du journalisme de proximité, présentateur du JT de 13 heures de TF1, sera le médiateur entre le président et son cœur de cible électoral, assénait-il sans vergogne. Celui qui a assuré la victoire en 2007 : un public âgé, provincial, conservateur et inactif. »

N’hésitant pas à taxer la première chaîne de « télévision aux ordres [sous-entendu aux ordres du pouvoir, ndlr] », de « parodie de journalisme » et de « diffuseur de programme présidentiel », cet ancien collaborateur de France Télévisions avait, d’une plume trempée dans le sarcasme et l’ironie, désapprouvé que Nicolas Sarkozy réponde à des questions portant sur des sujets économiques et sociaux, posées par des hommes de médias qu’il estimait peu qualifiés pour le faire : « Les très mauvaises langues soulignent que ni l’un ni l’autre ne sont des journalistes économiques et sociaux, et qu’ils sont donc de ce fait parfaitement qualifiés pour interroger le président de la République dans une émission où il ne sera question que d’économie et de social. »

Cocasse

Mais au fait, qui est donc aujourd’hui celui qui, il y a sept ans, n’hésitait pas à s’insurger de la présence de Jean-Pierre Pernaut face au président de la République ?

Eh bien, il ne vous a sûrement pas échappé que Bruno Roger-Petit n’était autre que le porte-parole du gouvernement, une haute fonction qu’il occupe depuis le 1er septembre 2017, et qu’à ce titre, il se doit d’être en totale osmose avec les décisions du pouvoir en place !

Et par conséquent, au diapason du choix de confier l’interview d’Emmanuel Macron, ce jeudi 12 avril, au présentateur de TF1, dans cette petite commune de l’Orne de 1 100 habitants au fin fond de la Normandie…

Cocasse, non ?

Mais ce membre du gouvernement, qui va peut-être désormais tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de s’exprimer, n’est pas le seul à se moquer du journaliste de TF1.

Dans l’émission Quotidien sur TMC – qui appartient d’ailleurs au même groupe que TF1 ! –, l’équipe de fins limiers de Yann Barthes consacre une bonne partie de son temps à se gausser du journal et des tics de langage de Jean-Pierre.

Heureusement pour lui, le journaliste a le cuir bien tanné et n’a probablement que faire des critiques de ses pairs…

Depuis quarante-trois ans qu’il officie sur TF1, dont plus de trente passés à présenter seul la grand-messe du 13 heures, ce grand monsieur de l’info passionné par son métier plaît toujours autant aux téléspectateurs de sa chaîne… et même désormais au président Macron !

Clara MARGAUX

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