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Jean-Pierre Pernaut : La photo de la honte !

Publié le 12 juin 2019

Jean-Pierre Pernaut reconnaît donner son opinion et relayer des informations douteuses sur Facebook…

Il est l’idole de nos régions, lui qui, chaque jour, depuis 1988, pense à ceux dont on ne parle jamais, et met en vedette ces Français qui vivent bien loin de la capitale… Avec plus de 5 millions de téléspectateurs qui ne manqueraient pour rien au monde le JT de 13 heures de TF1, Jean-Pierre Pernaut peut se vanter d’être une star de la télévision, un pilier qui force le respect par sa longévité à l’antenne. Mais, si le journaliste est sûrement plus que ravi de rassembler autant d’aficionados devant leur petit écran à l’heure du repas de midi, cela suscite aussi bien des jalousies.

Certains fâcheux s’insurgent ainsi de ses prises de position ou des menues remarques qu’il lance parfois pour clore un sujet. Combien de fois lui a-t-on reproché de donner son avis à la fin d’un reportage, comme lors de ces grèves des professeurs qu’il avait qualifiées de « galère pour les parents », ou, en 2016, lorsque, entre deux sujets, Jean-Pierre Pernaut s’était laissé emporter par sa fougue en affirmant : « Voilà, plus de places pour les sans-abri, mais en même temps, les centres pour migrants continuent à ouvrir partout en France. »

Sur son propre compte Facebook, il avait aussi partagé une photo, issue de pages complotistes, d’une vieille dame glanant sa nourriture dans un conteneur à ordures, légendée de ce commentaire : « Pendant que nos retraités font les poubelles, les immigrés, eux, touchent une retraite à taux plein sans avoir jamais cotisé. » De quoi agacer ceux qui pensent qu’un journaliste se doit d’être neutre face à l’information, et surtout d’en vérifier les sources avant de la relayer…


Pourtant, jusqu’ici, ce pro des médias âgé de 69 ans n’avait pas évoqué publiquement ces accusations, et encore moins admis qu’il était parfois allé trop loin. Mais le mal est réparé ! Dans les colonnes du Journal du Dimanche, Jean-Pierre a récemment fait un vibrant mea culpa, avouant au sujet de ces fameuses images : « J’ai eu un réflexe en partageant ces photos, je le regrette. » 

Et de poursuivre, excédé, après avoir confié cet aveu : « Mais franchement, dans quelle société vit-on ? Des gens regardent ce que je like et appellent cela une enquête ! C’est du flicage ! Je trouve ça lamentable. »

L’homme règle aussi leur compte aux réseaux sociaux : « C’est un déversoir d’immondices. On peut y démolir n’importe qui… » Autre mise au point : non, son journal télévisé ne caresse pas les sympathisants du Rassemblement national dans le sens du poil : « Quand on rassemble 5 millions de personnes et 40 % de part d’audience, on s’adresse à tous et c’est notre seul objectif. »

Le présentateur reconnaît pourtant ce fait : « Y a-t-il un rapport entre l’électorat du RN et la France des régions ? La fracture territoriale ? Peut-être, au vu des sondages. Est-ce que cela me gêne ? Je ne me pose pas ce genre de questions. »

Quant à ses prétendues prises de position un brin réactionnaires dans la présentation des infos de la mi-journée, ce passionné se défend, arguant de sa légendaire spontanéité : « Dans notre JT, le présentateur est très identifié. Il s’appelle Jean-Pierre Pernaut, il n’a pas de prompteur, il bafouille, il s’enthousiasme, il a les poils qui se hérissent en voyant un beau reportage… Alors, oui, de temps en temps, me viennent des remarques de bon sens. » Et c’est aussi pour cela qu’on l’aime, Jean-Pierre.

Toujours dans les colonnes du JDD, le présentateur défend son bilan. « Nous sommes leader sur toutes les cibles : jeunes, vieux, classes aisées et populaires… J’en suis très fier ! Le journal s’est élargi parce que de plus en plus de gens rentrent déjeuner, surtout en régions. » Et de clore le bec à ces détracteurs : « Mais ceux qui nous critiquent depuis Paris ne le savent pas. »

Enfin, ultime mise au point, Jean-Pierre Pernaut tord le coup à une polémique qui, à ses yeux, a bien assez duré : l’accusation, par le Canard enchaîné, d’avoir voulu empêcher la diffusion d’un reportage où apparaissait une femme voilée : « Il suffit de regarder le journal pour voir que c’est faux », s’insurge-t-il. Et de conclure, sèchement : « C’est une fausse polémique… » Rideau !

Claude LEBLANC

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