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Jean-Pierre Pernaut : Une bombe devait tuer toute sa famille !

Publié le 15 juillet 2019

Le projectile, encastré dans le soupirail, menaçait d’exploser à chaque seconde…

Pilier du JT de TF1 depuis plus de trente ans, Jean-Pierre Pernaut est en permanence au contact des drames que vivent ses semblables. Les guerres, les massacres, les cataclysmes, font partie de son quotidien. Il les commente et explique à son fidèle public les conditions de ces événements, avec une humanité et un savoir-faire qui justifient son succès.

Mais si d’aucuns s’imaginent que le journaliste se tient loin des réels dangers, s’ils pensent qu’il n’est qu’un témoin lointain des différentes catastrophes qui déchirent le monde, ils se trompent du tout au tout.

Car on ne compte pas le nombre de fois où il s’est rendu là où l’information l’appelait, au mépris des risques qui le guettaient, bravant le danger. Comme en ce mois d’avril 1990, où, quatre ans après la catastrophe de Tchernobyl, il n’hésitait pas à se rendre sur les lieux du drame pour y réaliser son journal…

Là-bas, sur cette terre dévastée pour des siècles, habitée par la mort, Jean-Pierre avait été le premier Français à faire son JT, ravalant ses angoisses. De la même façon, il s’était rendu à New York, à l’instar de ses collègues, quelques heures seulement après les événements du 11 septembre 2001, qui ont choqué et meurtri à jamais tout un peuple. À l’époque, redoutant une nouvelle attaque, les journalistes de TF1 avaient décidé de faire « avion à part », au cas où une bombe aurait été placée à bord. « La ville était dévastée, silencieuse et couverte de poussière. Sur les trottoirs, les gens étaient hébétés ou en train de prier à genoux », avait confié Jean-Pierre Pernaut.

On pourrait citer bien d’autres occasions où le journaliste a quitté son fauteuil à TF1 pour partir à la rencontre de ceux qui ont besoin que l’on relaie leurs drames. Ce qui nous invite d’ailleurs à nous interroger sur les raisons qui le poussent à côtoyer ainsi si souvent la misère, le danger, la désolation… Certes, s’en approcher d’aussi près fait monter l’adrénaline, une sensation que Jean-Pierre connaît bien et apprécie : « Le journal de 13 heures s’improvise à moitié. C’est ça qui fait vivre, et qui donne cette adrénaline, qui fait que tous les jours, c’est passionnant », avait-il expliqué à Nikos Aliagas, en février 2018, dans 50’ Inside.

Peut-être nourrit-il aussi l’espoir inconscient de se vacciner contre les horreurs de l’existence ? Un espoir vain, en vérité, car Jean-Pierre n’a jamais laissé se construire autour de lui cette carapace qui l’empêcherait de ressentir pleinement les choses. Là est sans doute la raison de son humanité.

C’est aussi pourquoi il s’est rendu, une fois encore, loin du siège de TF1, ces jours derniers, pour les commémorations du Débarquement. Le 6 juin, il était présent à Sainte-Mère-Église, première commune de notre pays à avoir été libérée.

Or, si Jean-Pierre semblait parfaitement à l’aise dans ce lieu symbolique, il demeure certain que cet anniversaire d’un temps fort de ce conflit dévastateur lui a remis en mémoire de funestes souvenirs. Car, durant cette période, comme de trop nombreux Français, sa famille a craint de ne pas survivre aux bombardements qui s’abattaient sur les villes. À l’époque, ses parents vivaient à Amiens, en Picardie, région qui n’a pas été épargnée par la violence de la guerre !

Dès le mois de mai 1940, les bombes s’abattent sur la cité picarde, à proximité de la gare Saint-Roch. Les habitants se précipitent dans les caves voisines, espérant échapper à une mort atroce… D’autres attaques, allemandes, anglaises et américaines, ravageront ensuite la ville durant ce même conflit. Comme les autres Amiénois, quand ils entendent les avions arriver au-dessus de leur toit, les parents de Jean-Pierre se précipitent sous terre !

C’est là qu’une bombe a failli les tuer, comme l’a expliqué Jean-Pierre à notre confrère Télé Star : « Ma mère, qui est décédée il y a deux ans, à l’âge de 102 ans, m’a beaucoup parlé de cette guerre, des bombardements sur la ville d’Amiens. Du jour où mes parents s’étaient réfugiés dans une cave », a-t-il expliqué. Mais si, pour un moment, Françoise et Jean-Paul se sentent à l’abri, soudain, ils réalisent qu’une bombe s’est encastrée dans le soupirail ! En quelques secondes, leur destin peut basculer ! Heureusement, cet engin de mort n’a pas explosé. Mais la vie de la famille de Jean-Pierre n’a tenu qu’à un fil… 

Et, comme l’a révélé ce dernier, les voisins de ses parents, eux, n’ont pas survécu aux bombardements…

Aujourd’hui, certains s’étonnent qu’à 69 ans, Jean-Pierre ait toujours aussi envie de faire son JT. Peut-être n’ont-ils pas compris qu’en étant si souvent confronté aux douleurs du monde, le présentateur a réalisé à quel point l’existence était aussi précieuse que brève, lui qui a triomphé de son cancer et qui aime par-dessus tout la vie…

Laurence PARIS

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