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Jean Rochefort : Son dada lui manquait trop

Publié le 7 mai 2010

Le comédien, qui vient de s'éteindre à l'âge de 87 ans, avait dû, la mort dans l'âme, renoncer à sa passion pour l'équitation, à la suite d'une hernie discale. Jean Rochefort était revenu à ses premières amours.Le comédien, qui vient de s'éteindre à l'âge de 87 ans, avait dû, la mort dans l'âme, renoncer à sa passion pour l'équitation, à la suite d'une hernie discale. Jean Rochefort était revenu à ses premières amours.

Est-ce parce qu'il est le petit-fils d'un cocher que Jean Rochefort est tout naturellement tombé amoureux des chevaux ? Peut-être... En tout cas, cet amour extraordinaire, il a dû l'abandonner la mort dans l'âme, il y a dix ans, alors qu'il tournait L'homme qui tua Don Quichotte (un film inachevé), de Terry Gilliam.

Foudroyé par une double hernie discale, le comédien a été forcé, bien malgré lui, de remiser bottes, bombe et cravache au placard... Depuis lors, l'acteur n'a plus remis les pieds dans des étriers.

Alors qu'il vient d'avoir 80 ans, ce cavalier émérite a même quitté ses chères écuries des Yvelines et installé ses nouveaux quartiers tout près du musée d'Orsay, à Paris, où l'odeur des pots d'échappement remplace désormais, à son grand désespoir, celle délicieuse et familière de ses chers étalons !

->Voir aussi - Jean Rochefort : L'inquiétante disparition

« Les chevaux ont été pendant un demi-siècle une raison de vivre, a-t-il confié au Nouvel Observateur. Je souffrais tellement ces derniers temps de ne plus pouvoir partir en forêt avec eux que, pour me protéger, ou peut-être me sauver, j'ai mis de la distance entre moi et cette dévorante passion. »

Mais avec cet amour chevillé au corps depuis si longtemps, difficile d'imaginer que l'homme à la célèbre moustache partirait vers d'autres cieux, au triple galop et sans regret ! Lui qui toute sa vie avait surmonté tant d'obstacles n'allait tout de même pas reculer devant celui-là. Nul doute que son « dada » allait lui manquer...

Et c'est ainsi que l'acteur vient de sortir son premier long-métrage, Cavaliers seuls, co-réalisé avec Delphine Gleize. Ce film met en scène le célèbre cavalier Marc Bertran de Balanda, que Jean Rochefort a filmé sans relâche durant les deux dernières années de sa vie, jusqu'à son décès à 79 ans, le 3 août 2006, à l'hôpital de Rambouillet, dans les Yvelines.

Instructeur du Cadre noir de Saumur, immense champion international issu d'une prestigieuse dynastie de champions de saut d'obstacles, l'homme, qui avait perdu l'usage de ses jambes, puis échappé à deux hémorragies cérébrales et subi l'ablation d'un poumon, a, en effet, continué jusqu'au bout à enseigner son art, à transmettre son indéfectible amour pour les chevaux.

Dans cet hommage bouleversant, on entend le maître donner, d'une voix faible mais ferme, ses instructions à un adolescent ténébreux de 17 ans, Edmond Jonquères d'Oriola, lui-même membre d'une haute lignée de cavaliers. Auprès d'eux, un autre personnage tout aussi vrai et attachant, Martine, l'auxiliaire de vie de Marc, qui apporte à ce séducteur dans l'âme une autre raison de rester encore un peu sur cette terre...

Ce professeur d'équitation, qui était si habité par sa passion qu'il a vécu dans un box (aménagé) jusqu'à la fin de son existence, n'était pas un inconnu pour Jean Rochefort. Loin de là... C'est lui qui, au haras des Bréviaires, alors que l'artiste était un jeune homme, lui a enseigné l'art du saut, foulard sur les yeux et mains attachées !

Surprises

Aujourd'hui, le comédien avoue : « Je pense que la mort est dans la salle d'attente, mais que la vie la fait patienter le temps qu'on ait rangé ses plumiers », a-t-il en effet déclaré au Figaro.

Mais avant que Jean Rochefort ne fasse ses cartons et n'emballe ses dernières facéties, le « grand duc » nous prépare encore quelques belles surprises : « Je vais jouer un vieux sculpteur dans un film espagnol de Fernando Trueba, annonce-t-il. Ce sera mon dernier rôle, après j'écrirai mes Fraises sauvages !» Un recueil de souvenirs passionnant qui fera, sans nul doute, la joie de tous ses admirateurs, lesquels piaffent certainement déjà d'impatience à l'idée de les lire...

Clara Margaux

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