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Jeane Manson : En soins intensifs !

Publié le 22 juillet 2020

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Le 10 juin dernier, Jeane Manson, reçue en urgence pour une consultation vasculaire, ignorait encore la gravité de son cas…

Il y a quelques semaines, la chanteuse d'origine américaine sortait son 28e  album, Latina Sensacion, pour célébrer ses quarante-cinq ans de carrière. Un grand événement pour ses fans qui attendaient ce disque pour retrouver leur artiste, désormais « exilée » en Espagne ! Jeane Manson vit en effet depuis plusieurs années dans un ancien cloître du XIIe  siècle, à Peralada, à quelques kilomètres de Figueras. Un choix qui allait de soi pour elle puisqu'elle a grandi baignée dans la langue de Cervantes, à Mexico, où elle a passé les douze premières années de son existence.


Mais cet album de musique chaude et latine, qui colle à la peau de l'artiste, a bien failli être le dernier ! Jeane Manson vient en effet de frôler la mort, et elle doit aujourd'hui sa vie à de formidables médecins de la ville d'Aurillac (Cantal).

Comme l'ont récemment révélé nos confrères de La Montagne, cela faisait plusieurs mois que l'artiste souffrait de la jambe gauche. Sans doute aurait-elle dû être alarmée par ce mal persistant, car sa mère chérie, la peintre et chanteuse de jazz Chris Stevens, souffrait de terribles douleurs aux jambes provoquées par une maladie du cœur… « Elle avait des problèmes cardiaques, nous avait ainsi confié Jeane, en avril 2018. On lui avait placé des stents [des mini-ressorts, ndlr] dans les artères il y a huit ans, mais au bout d'un moment, ça n'avait plus l'effet escompté. Ses pieds n'étaient plus irrigués et devenaient tout noirs ! C'était très douloureux, elle ne pouvait quasiment plus marcher. » Le 29 mars 2018, à l'âge de 92 ans, sa mère s'éteignait à New York, vaincue par son mal.

Inconsolable mais forte d'une foi à toute épreuve, la belle Jeane avait depuis repris le cours de sa vie, retrouvant ses concerts, ses albums, son public, et la petite boutique de souvenirs qu'elle a ouverte au rez-de-chaussée de sa maison de Catalogne. Mais le destin, et sans doute son hérédité, ne l'ont pas laissé réaliser tous les projets qu'elle voulait mettre en œuvre… Souffrant toujours lors du confinement – qu'elle a passé chez elle, en Espagne –, elle a enfin écouté les conseils de sa manageuse et amie, Sophie Courbou-Geninatti, qui lui demandait depuis quelque temps avec insistance de consulter un nouveau médecin !

Comme celle-ci est native d'Aurillac et qu'elle connaît l'excellente réputation de ses praticiens, elle a proposé à Jeane de venir pour s'y faire soigner. Et, le 10 juin, la chanteuse de 69 ans était admise pour une consultation en urgence au cabinet du docteur Kader Aras, chirurgien vasculaire au centre médico-chirurgical (CMC) de Tronquières, comme l'ont expliqué nos confrères de La Montagne. Lors de ce rendez-vous, le docteur n'a pas eu une seconde d'hésitation : sur une longueur de 45 cm, l'artère fémorale de la cuisse gauche de la chanteuse était totalement bouchée ! Comme la circulation sanguine ne pouvait plus se faire, la jambe n'était plus irriguée, et Jeane risquait tout sim-plement de mourir d'un infarctus ! Si elle avait continué à vivre sans prendre garde à ses douleurs, elle aurait tout aussi bien pu s'exposer à une amputation ! Une insupportable solution pour cette femme qui a la passion de l'équitation et qui se produit régulièrement sur scène pour chanter !

Après la consultation de différents cardiologues pour chercher le traitement qui pouvait le mieux convenir à leur patiente, les médecins ont opté pour une « fibrinolyse intra-artérielle ». Une technique beaucoup moins invasive qu'une opération chirurgicale et qui, comme l'a indiqué le docteur Aras, permet de sauver « une centaine de membres par an ». Elle consiste, entre autres, à dissoudre les caillots qui obstruent l'artère grâce à des médicaments. Les patients ainsi traités ne souffrent donc pas de traumatisme postopératoire, ni de cicatrices. Et, quand elle peut être employée, cette méthode connaît un taux de réussite de 90 % ! Mais sa mise en place est très coûteuse et nécessite un matériel et des équipements sophistiqués, ainsi qu'une surveillance très stricte toutes les quatre heures durant deux jours…

Fort heureusement, la belle Jeane a pu bénéficier de ce traitement. Après dix jours en soins intensifs, elle est aujourd'hui sortie d'affaire et consciente d'être passée très près du pire ! « Si je dis qu'Aurillac m'a sauvé la vie, c'est la vérité ! », a-t-elle confié à La Montagne. « Encore merci à cette équipe médicale aurillacoise ! Sans eux, je n'aurais pu être aussi bien soignée. Love to you », a-t-elle également écrit sur les réseaux sociaux, le 5 juillet dernier.

Il est certain que le nom d'Aurillac restera à jamais gravé dans la mémoire de l'artiste qui avait, d'ailleurs, déjà chanté dans cette jolie ville : il y a vingt-deux ans, elle s'y était en effet produite avec les Chœurs de l'Armée rouge, et, en 2018, elle y était revenue chanter du gospel à l'abbatiale Saint-Géraud… C'est aussi là qu'elle a rencontré sa manageuse ! Pour rendre hommage à cette terre qui l'a sauvée, Jeane, depuis, visite ce magnifique pays. Avec sa fille Marianne – qu'elle a eue avec Allain Bougrain-Dubourg –, elle découvre ce qu'elle appelle une « région riche en amitié ». Pour cette fervente croyante, cet été ressemble trait pour trait à une véritable résurrection…

Laurence PARIS

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