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Jenifer : “J’ai failli mourir d’une crise cardiaque !”

Publié le 24 juillet 2015

Alors que,� tétanisée, la chanteuse Jenifer croyait sa dernière heure arrivée, Christophe Willem qui se trouvait avec elle a su accomplir les gestes libérateurs.

Il y a un film que Jenifer ne regardera sans doute jamais à la télévision – et pourtant il repasse souvent –, à cause de la profonde phobie dont elle souffre depuis sa plus tendre enfance.

Quel film ? Serait-ce Arachnophobie ? Non : la chanteuse sait rester à peu près « zen » devant les petites bêtes à huit pattes. La nuit des morts-vivants, alors ? Pas davantage : Jenifer n’a nullement peur de voir un jour des zombies sortir de leurs sépultures pour venir lui grignoter les doigts de pied durant son sommeil.

Le long-métrage qu’elle ne pourra jamais se résoudre à regarder, ce sont Les oiseaux d’Alfred Hitchcock. Car la belle est affligée de ce qu’on nomme, en langue savante, une ornithophobie carabinée. En un mot comme en cent, les oiseaux lui donnent la chair… de poule.

Sataniques

Ce n’est certainement pas Jenifer qui, devant adopter un pseudonyme pour se lancer dans la chanson, aurait choisi de s’appeler la Môme Piaf !

Et l’on suppose que, si l’envie lui prenait de relire Les fleurs du mal de Baudelaire, elle sauterait soigneusement la page où se trouve imprimé le célèbre poème L’albatros. Quant au proverbe «une hirondelle ne fait pas le printemps », il est vrai pour elle plus que pour n’importe qui d’autre !

Ses formules à elle, ce serait plutôt : une hirondelle fait le cauchemar ; ou encore : sinistre comme un pinson. On a l’air de prendre ça à la légère mais, en réalité, ce n’est pas drôle du tout, puisque, la semaine dernière, dans Le Parisien, elle révélait que, tout récemment, Jenifer avait failli mourir, à cause de ces satanés volatiles, et que c’est Christophe Willem qui avait joué les preux chevaliers pour la sauver.

« On était ensemble au Maroc, a expliqué le juré de The Voice. Il y avait plein d’oiseaux et j’ai failli mourir d’une crise cardiaque, ils m’ont presque attaquée ! » Mais alors, quel a été le rôle de Christophe, dans cette histoire ? Ce qu’aurait fait n’importe qui à sa place : il s’est mis à agiter les bras pour effrayer tous ces sataniques porteurs de bec !

Cela dit, la déclaration de Jenifer est intéressante, parce qu’elle révèle beaucoup de choses sur ce qu’on nomme les « phobies », c’est-à-dire sur ces peurs terrifiantes pour celui qui en est atteint, mais ne reposant en réalité sur rien, ou pas grand-chose.

Reprenons sa phrase, en soulignant les mots importants : « Il y avait plein d’oiseaux et j’ai failli mourir d’une crise cardiaque, ils m’ont presque attaquée ! »

Ce « presque » et ce « failli » permettent de comprendre qu’en réalité les oiseaux marocains ne s’occupaient nullement de la chanteuse française, qu’ils se trouvaient simplement là pour ramasser les miettes qui tombaient de son sandwich, ou quelque chose d’aussi innocent que cela ; et que le cœur de Jenifer, loin de manifester des velléités de grève sauvage, s’est simplement mis à battre un peu plus vite sous l’effet de la terreur irraisonnée qui venait de s’emparer d’elle.

Cela n’empêche pas que les phobies peuvent être très invalidantes, et qu’il est difficile de s’en débarrasser, tellement elles s’enracinent au plus profond de l’être, et souvent depuis la nuit des temps (du moins de son temps à lui…).

C’est tout à fait le cas chez Jenifer, qui a beaucoup réfléchi à cette peur qui ne la quitte jamais et avance une explication : « Peut-être parce que j’en ai vu beaucoup de morts, quand j’attendais le bus à Nice pour aller à l’école. »

Eh bien, disons-le tout net : la démonstration ne me semble guère convaincante. D’abord parce que j’ai du mal à croire que les rues de Nice, il y a vingt-cinq ans, aient pu à ce point être jonchées d’oiseaux morts ; ensuite il me semble qu’un cadavre d’oisillon doit inspirer davantage de pitié que de peur, surtout à un enfant.

Mais, au cours du même entretien, Jenifer propose une seconde explication qui, elle, me paraît mériter toute notre attention. Elle révèle en effet que, très jeune – à 5 ou 6 ans, précise-t-elle –, sa tante, en Corse, l’envoyait parfois chercher les œufs qui venaient d’être pondus au poulailler. « Je n’avais pas peur, au départ, se souvient-elle. Et, un jour, je me suis fait attaquer par le coq… »

Là, oui, on comprend mieux. La charge de ce volatile n’a pas dû être bien violente : cet indécrottable macho s’est probablement borné à agiter ses ailes en poussant son cri ridicule afin de protéger « ses » poules de la petite barbare en jupette qui s’approchait.

Frousse

Mais quand on a 5 ans, qu’on est à peine plus haute que son agresseur, cela peut vous flanquer une telle frousse que vous vous en trouvez marquée à jamais. Et, rapidement, la peur que vous a faite le coq s’étend à tout ce qui porte des ailes (avions et les moulins exceptés, toutefois).

Le Parisien, après l’interview, a eu l’idée de demander son avis au psychanalyste de service. Celui-ci, après les diverses élucubrations coutumières de sa profession, a exprimé une opinion encourageante pour Jenifer : « La phobie des volatiles fait partie de celles qui s’atténuent ou peuvent disparaître du jour au lendemain. »

Bonne nouvelle ! Mais comment saura-t‑on si la chanteuse est guérie, si sa terreur l’a bel et bien quittée ? C’est assez simple, vous allez voir.

En 2013, souvenez-vous, elle a sorti un album, Ma déclaration, qui était un hommage à France Gall puisqu’elle y reprenait les plus grands succès de son aînée. Eh bien, le jour où elle fera la même chose avec Michel Fugain et osera chanter Fais comme l’oiseau, vous saurez que Jenifer est enfin débarrassée de sa phobie !

Didier Balbec

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