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Jérôme Anthony : “Je réalise mon rêve de gosse !”

Publié le 12 avril 2020

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© BESTIMAGE Jérôme Anthony

L’animateur Jérôme Anthony aura attendu la cinquantaine pour pousser la chansonnette, et le résultat va vous faire… swinguer !

Il en rêvait depuis très longtemps, cette fois c’est fait ! Avec son premier album de reprises, Ma plus belle chanson, l’animateur fait swinguer quelques-uns de nos plus grands succès populaires : Pour le plaisir, Le Chanteur malheureux, Aline, Chez Laurette, Le Géant de papier, etc. En tout onze titres revisités de manière originale et jazzy, dont un inédit, Je t’oublie, offert par Gilbert Bécaud il y a bien longtemps… En plus de réaliser son rêve de gosse, ce touche-à-tout de 51 ans confirme, quel que soit le micro – à la télé (M6), sur les ondes (M Radio, En attendant midi) ou en crooner mélodieux –, qu’il ne manque pas de talent ! Confidences pour confidences…

France Dimanche  : Comment est né ce beau projet ?
Jérôme Anthony : J’aime chanter depuis très longtemps. J’écris, compose et donne des petits concerts en province ou pour des entreprises. Puis, j’ai sorti il y a trois ans l’ouvrage Maritie & Gilbert Carpentier ou l’âge d’or des variétés (éd. Chêne), et j’ai eu envie de faire un album qui soit le pendant de ce livre. Qui rende hommage aux émissions de variétés des années 70, lors desquelles, avec un grand orchestre, on transformait les chansons de Claude François, Daniel Guichard, Sacha Distel, Georges Brassens… en swing ! C’est un rêve de gosse qui se réalise !

FD  : Le choix des titres n’a-t-il pas été cornélien ?
JA : Oui, très. Et en même temps, j’avais deux critères : le côté crooner du texte, comme dans Chez Laurette, Pour le plaisir, Le Géant de papier ou Le Chanteur malheureux ; et le fait d’arriver à faire swinguer une chanson qui ne swingue pas forcément au départ. Du coup, soit à cause des textes, soit de la mélodie, il y avait pas mal de titres pour lesquels ça ne fonctionnait pas. Il y en a certainement plein d’autres auxquels on n’a pas pensé, mais ces dix-là me tenaient à cœur et me rappelaient mon enfance.

FD  : Comment les interprètes de tous ces titres ont-ils accueilli vos reprises ?
JA : Super bien ! La femme de Deguelt était ravie. Celle de Delpech m’a tout de suite dit que Michel aurait adoré. Je suis très copain avec Julien Lepers qui, lui-même, m’avait incité à reprendre Pour le plaisir en se mettant au piano et en la faisant swinguer. En effet, c’était top, et je n’y avais pas forcément pensé.

FD  : Quelle est l’histoire de cette onzième chanson, inédite pour le coup ?
JA : J’avais participé en 1992 à une séquence « Jeunes talents » dans l’émission Sacrée soirée, où était invité Gilbert Bécaud, qui avait trouvé ma prestation pas mal. Au point qu’en compagnie de Pierre Delanoë, il m’avait convoqué la semaine suivante à la Sacem pour me présenter une chanson qu’ils venaient de m’écrire. Elle n’était pas mal, mais, pour être très honnête, je n’avais pas été emballé. Du coup, la cassette, dans son boîtier marqué « Bécaud », dormait au fond d’un tiroir. Puis, je suis retombé dessus par hasard et me suis dit : « Pourquoi pas ? » J’ai appelé la famille Bécaud pour qu’ils la déposent, car elle ne l’était pas, et voilà… Je n’imaginais au départ que des reprises de grands standards, mais j’en avais très envie… En la faisant à la Bécaud, bien sûr ! C’est un bel hommage.


FD  : Quel souvenir gardez-vous de Bécaud ?
JA : D’un type très sympa ! Je me rappelle qu’à Sacrée soirée, comme il avait vu que j’étais un peu stressé avant d’aller chanter, il m’avait fait boire un petit verre de whisky… Ce qui n’a pas arrangé les choses !

FD  : Vous êtes nostalgique de cette époque ?
JA : Non, mais je suis très heureux d’avoir fait un métier qui m’a permis de rencontrer tous ces gens que j’admire. Bécaud en fait évidemment partie, comme Aznavour… J’aurais adoré croiser Claude François, mais ça ne s’est malheureusement jamais fait. Aussi, quand je vois Michel Drucker, j’ai l’impression de me rapprocher un peu de lui. Je ne cesse de me dire que le petit mec de province que je suis a énormément de chance d’avoir déjà vécu tout ça.

FD  : Vous avez toujours aimé chanter ?
JA : Plus jeune, je rêvais d’être chanteur et comédien. Par contre, je n’avais jamais pensé à faire de la radio… C’est totalement par hasard qu’un jour, à Nancy [sa ville natale, ndlr], le producteur de CharlElie Couture, que j’avais sollicité pour chanter, m’a dit : « J’ouvre une radio, donc si tu veux t’amuser un peu, que tu as du temps et de la tchatche, vas-y ! » J’avais 14 ans et je n’ai jamais arrêté. J’adore la radio !

FD  : Pourquoi avoir attendu si longtemps pour sortir ce disque ?
JA : J’avais réalisé pas mal de maquettes, mais je ne me trouvais pas assez légitime pour oser aller plus loin. Je n’assumais pas le fait d’être l’animateur radio qui débarque avec ses compos. Et puis, à force d’entendre ma grand-mère me répéter que le répertoire français recélait tant de chansons de variétés magnifiques, l’idée d’un album de reprises a fait son chemin… Il faut dire que, chez mes grands-parents, je baignais dans le swing ! Je les revois, flamboyants, danser tous les deux sur Nat King Cole, Glenn Miller et tant d’autres. Et ensemble, on regardait évidemment le show des Carpentier du samedi soir !

FD  : Êtes-vous satisfait du résultat ?
JA : Très. Particulièrement des arrangements. J’ai été hyper emmerdant avec l’arrangeur, mais nous avons respecté l’ambiance vocale des chansons. On a juste changé le berceau, et je suis super content.

FD  : Qu’en pensent vos deux fils, Simon, 23 ans, et Joseph, 16 ans ?
JA : Ce n’est pas du tout leur délire ! Eux, c’est plutôt RnB et rap. En même temps, quand je suis monté l’autre jour dans la voiture de mon aîné de 23 ans, j’ai été très surpris de voir qu’il écoutait du Michael Bublé [chanteur canadien de pop, soul et jazz, ndlr], et ça m’a un peu rassuré ! [Rire.] Je crois surtout qu’ils sont heureux pour moi. Après, ça fait deux ans que je leur prends la tête avec ça, donc je pense aussi qu’ils n’en peuvent plus ! D’ailleurs Joseph, qui aime faire du rap, m’a dit : « Bon, Papa, à moi maintenant de produire mon album ! »

FD  : Vous partagez-vous toujours entre Paris et Nancy ?
JA : Effectivement. Entre Paris et Nancy, ou Paris et la province en général. Paris est une super ville, j’adore les gens que j’y fréquente, mon boulot qui m’éclate toujours autant, mais je ne suis pas parisien dans l’âme. Donc, le week-end, je suis tellement heureux de m’en échapper !

Caroline BERGER

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