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Joël Dicker : "J'aime troubler mes lecteurs !"

Publié le 6 juin 2020

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C'est le roman que l'on attendait le plus depuis le début du confinement ! Joël Dicker nous emmène au cœur de sa ville natale, pour un cold case époustouflant. Que s'est-il passé dans la chambre 622 du palace de Verbier ?

France Dimanche  : Comment résumeriez-vous votre roman ?

Joël Dicker : Il s'agit d'un roman policier dans lequel un écrivain, après une rupture sentimentale et le décès de son éditeur, part en vacances dans un palace des Alpes suisses. Mais son repos va être de courte durée. Il découvre qu'un meurtre a été commis des années auparavant dans la chambre contiguë à la sienne et que ce crime n'a jamais été résolu. L'écrivain ne va pas pouvoir s'empêcher de mener l'enquête.

FD : Quelle sensation cela fait-il de devenir le héros de son propre roman ?

JD : Je ne crois pas être le héros de mon propre roman. Le narrateur s'appelle Joël Dicker et est écrivain, mais est-ce vraiment moi ? J'aime bien l'idée de ce trouble qui a toujours lieu pour le lecteur quand il lit un roman, puisqu'il ne peut pas s'empêcher de faire un lien entre le roman et l'auteur du roman.

FD : Votre roman se passe sur trois époques, comment arrivez-vous à passer de l'une à l'autre sans plan ?

JD : Ne pas avoir de plan n'est pour moi pas une prouesse mais un moyen de m'assurer que mon récit est clair. Je sais alors que le lecteur s'y retrouvera au fil de mon histoire. Au contraire, s'il me fallait des plans et des notes, je crains que le lecteur serait alors complètement perdu. Ne pas avoir de plan me permet justement de garder le cap et de ne pas me perdre.

FD : Pour la première fois votre roman se passe chez vous, en Suisse. Pourquoi ne pas avoir situé l'action aux États-Unis ?

JD : Cela faisait longtemps que je voulais écrire un roman qui se déroule en Suisse, et plus particulièrement à Genève. Mais habitant Genève, j'avais l'impression de ne pas pouvoir en faire une ville de fiction. Il m'a donc fallu passer des étapes importantes dans l'apprentissage de mon métier d'écrivain pour finalement parvenir à me détacher de mon quotidien et de ma connaissance de Genève.

FD : Vous faites une superbe déclaration d'amitié à Bernard de Fallois, votre éditeur disparu, dans le roman. Était-ce important pour vous d'intégrer cet hommage dans la narration ?

JD : En réalité, c'est la narration qui s'est intégrée à l'hommage. Je me suis rendu compte que le meilleur moyen de lui rendre hommage serait d'écrire un roman dont il ne serait pas le héros, mais dont il serait l'un des personnages centraux.

FD : Combien de temps avez-vous mis pour écrire ce roman ?

JD : Il m'a fallu un peu plus de deux ans.

FD : Travaillez-vous déjà sur le prochain ?

JD : J'ai quelques idées en tête, mais en ces temps un peu anxiogènes et très incertains, j'ai la tête et l'esprit trop occupés par l'actualité au quotidien pour arriver à m'évader pleinement dans le monde de la création et entamer un nouveau livre. En général, j'ai besoin d'être apaisé pour écrire.

• L'Énigme de la chambre 622, de Joël Dicker, éd. de Fallois, 23 €.

Recueilli par Amélie DESCROIX

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