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Johnny Hallyday : Messe hommage à l'église de la Madeleine : “C’est ici que tout s’est arrêté”

Publié le 22 avril 2018

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© Thomas Padilla Messe hommage à l'église de la Madeleine

Quatre mois ont passé depuis la disparition de Johnny Hallyday, et l’émotion de ses fans est toujours aussi vive…

Ce 9 avril, ils étaient très nombreux à venir en l’église de la Madeleine, à Paris, pour rendre hommage à Johnny

Sensible à la frustration de ces milliers de fans qui, le jour des obsèques, n’avaient pas pu entrer dans l’édifice, le père Bruno Horaist avait alors pris la très belle initiative d’organiser, tous les 9 de chaque mois, une messe en l’honneur de leur idole.

Et si 300 personnes avaient participé à la première en janvier, 500 en février et 700 le mois dernier, 800 admirateurs se pressaient tout de même ce lundi-là, malgré une pluie battante, mais surtout une grève des transports musclée.

« Sans ça, il y aurait eu bien plus de monde, a confié le curé, car beaucoup viennent de province. »


Avant même d’entrer dans l’édifice, le ton est donné avec Alain, 71 ans, arrivé de Sucy-en-Brie (Val-de-Marne) qui, écœuré par cette guerre d’héritage, a choisi de partager sa colère via une pancarte sur laquelle on peut lire : « Arrêtez de salir la mémoire de Johnny avec votre héritage à la con. Les vrais fans s’en foutent. LCI et BFM, arrêtez d’inviter des gens qui racontent des conneries sur Johnny ! »

Et d’ajouter : « Je leur en veux beaucoup, car ils sont en train de tout foutre en l’air et de salir sa mémoire. Ça me fait mal ! »

Très nombreux sont ceux qui s’arrêtent pour le remercier de cette action.
« Merci pour lui », clament-ils tous.

Soudain, parmi les centaines d’anonymes massés sur le perron, apparaît Jean-Claude Camus, ancien producteur et ami du chanteur, visiblement très ému.

« Je tenais vraiment à être là, a-t-il confié, au milieu des fans, eux qui sont toujours là et l’ont tant aimé. Je n’avais pas eu l’occasion de revenir depuis le 9 décembre, ce moment extraordinaire, digne de l’homme exceptionnel qu’il était. »

Puis, c’est les yeux rougis et la gorge serrée qu’il s’est avancé jusqu’au premier rang.

“Que je t’aime”

À 12 h 30, les portes se sont fermées sur une église bondée, et l’organiste a ouvert la cérémonie avec la poignante mélodie d’Oh Marie, faisant alors couler de chaudes larmes, témoins pour beaucoup d’une blessure encore bien à vif.

Le père Horaist a ensuite pris la parole, rappelant : « Mes amis, je ne vous accueille plus, vous êtes maintenant ici chez vous. »

En effet, Emmanuel, 49 ans, débarqué de Valenciennes, s’avance au pied de l’autel pour vivre cette célébration « au plus près de Johnny. Je viens tous les mois, et à chaque fois, je me mets là, j’en ai besoin. Bien sûr, je respecte ses dernières volontés, mais demeure très triste qu’il ne soit pas ici. En adoration depuis mes 5 ans, je regrette aussi de ne jamais l’avoir rencontré, car j’ai connu le chanteur, mais j’aurais beaucoup aimé connaître l’homme. »

A la mémoire de l’artiste, pendant plus d’une heure, alternent alors lectures, chants sacrés, mais aussi plusieurs de ses plus grands tubes tels Retiens la nuit ou encore J’ai oublié de vivre.

Certainement surpris de ce cérémonial un peu spécial, un couple de Canadiens, en visite dans la capitale, interroge un fan.

Et l’office se termine en apothéose, lorsque retentissent les premières notes de Que je t’aime et que l’assistance tout entière se met à chanter.

Peinant à sécher ses larmes, Pascale, 56 ans, fan depuis ses 10 ans, avoue :
« On est complètement perdu. On vient là tous les mois car on ne sait pas où aller, c’est donc ici notre repère. Là que tout s’est arrêté. Je crois qu’ils parlent d’ériger quelque chose, peut-être à Marne-la-Coquette ou dans le IXe arrondissement, à La Trinité. Du moment qu’il y a quelque chose… Parce qu’à Saint-Barth, on ira, c’est sûr, mais quand ? Dès que l’un d’entre nous a la chance de s’y rendre, il envoie des photos, comme ça, on a le sentiment d’y être aussi un peu… On a tous besoin de lui. »

“Le plus sincère”

Étranglée par encore trop de chagrin même quatre mois après la disparition de son idole, Nicole, 68 ans, parisienne, peine à confier : « Il a toujours été le premier dans mon cœur, c’était le meilleur, le plus beau et surtout le plus sincère. Aujourd’hui, j’avance parce que je n’ai pas le choix, mais sans Johnny, ce n’est plus pareil, il me manque un bras ou une jambe. J’y pense tous les jours, toutes les nuits, chaque seconde. Je ne peux plus faire de projet, penser à la prochaine tournée. Il n’avait pas oublié ses origines et était toujours si gentil avec nous, les gens du peuple. Je viens ici tous les mois, et je continuerais tout le restant de ma vie. »

Patrick Bruel l’a bien dit : « Sans Johnny, c’est comme Paris sans la tour Eiffel. »

Un tonnerre d’applaudissement marque déjà la fin de cette émouvante célébration, et pourtant, nombreux sont ceux qui semblent avoir du mal à quitter la Madeleine.

Alors on vient se recueillir une dernière fois devant la grande photo des obsèques de Johnny ou écrire quelques lignes sur le livre d’or – le 6e en quatre mois –, des messages d’amour et de remerciements car : « Avec tout ce qu’il nous a donné, confie Annette, 66 ans, on lui doit bien ça ! »

Tous se fixent un rendez-vous pour la prochaine fois, le 9 mai, et surtout celle d’après qui, exceptionnellement, ne sera pas le 9 juin mais le 15, jour de ses 75 ans.

Le père Horaist se réjouit d’ailleurs de l’événement à venir, mais s’inquiète :
« L’église ne peut accueillir que 1 000 personnes. Je pense qu’il faudra prévoir un écran géant à l’extérieur. »

Quoi qu’il en soit, ce sera une très belle fête, à la hauteur de l’être merveilleux qu’était Johnny.

Caroline BERGER

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