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Johnny Hallyday : La guerre de l’héritage reprend de plus belle !

Publié le 19 novembre 2018

David et Laura demandent à la justice de geler les royalties de son album posthume.

Ça ne finira jamais ! Ce titre de l’un des albums de Johnny semble aujourd’hui prémonitoire, comme si le rocker savait que sa disparition, survenue le 5 décembre dernier, déclencherait une interminable guerre de succession. De fait, depuis le printemps, les rebondissements dans la bataille
juridique et médiatique que se livrent d’une part Læticia, et de l’autre le fils et la fille aînés du chanteur, David et Laura, ne se comptent plus. 

Un combat dont les victimes collatérales sont Jade, 14 ans, et Joy, 10 ans. Adoptées au Vietnam par le couple fusionnel que formaient l’artiste et sa jeune épouse, celles qui ont déjà eu la douleur de perdre leur père, sur la tombe duquel elles viennent souvent se recueillir lors de leurs séjours à Saint-Barth, sont sans doute bien trop jeunes pour mesurer les enjeux de cette querelle. Et pourtant, c’est aussi leur avenir qui se joue devant les tribunaux.

Près d’un an après la mort de la star, que s’apprêtent à commémorer ses fans endeuillés, les devantures des librairies sont remplies d’ouvrages révélant des détails pour le moins surprenants au sujet de cette lutte. C’est notamment le cas du livre de la journaliste du Figaro Léna Lutaud, Ils se sont tant aimés (éd. Albin Michel). L’auteur revient sur les six testaments rédigés par Johnny, dont le dernier, objet de toutes les polémiques, a été paraphé en 2014, dans sa villa de Pacific Palisades, à Los Angeles. 

Elle nous apprend que, dix-huit mois après que Johnny a passé plusieurs semaines dans le coma à l’hôpital Cedars-Sinai de Los Angeles, il aurait changé de régime matrimonial avec sa femme, passant de la séparation de biens à celui de la participation aux acquêts (permettant à l’un des époux de bénéficier de la moitié de l’enrichissement de l’autre après la disparition de ce dernier). Plus troublant encore, la journaliste écrit que lorsque, récemment, la présidente du tribunal des référés de Nanterre a exigé auprès du conseil de Læticia, Me Ardavan Amir-Aslani, une traduction du dernier testament, celle-ci a été effectuée mais aussi certifiée par un certain Albert E. Connie IV, par ailleurs chauffeur de celle-ci à Los Angeles. Un choix qui semble pour le moins étonnant, on en conviendra.


Mais ce n’est pas tout ! Dans un autre livre, Main basse sur Johnny (éd. de l’Archipel), Armel Mehani et Sébastien Catroux battent en brèche l’un des arguments mis en avant par la veuve et ses défenseurs, prétendant que c’est le crash du vol MH370 de la Malaysia Airlines qui aurait incité la star, soudain consciente que sa vie pouvait s’arrêter d’une seconde à l’autre, à rédiger un nouveau testament pour préserver sa nouvelle famille. Car selon eux, le Boeing a été porté manquant le 8 mars 2014, soit cinq jours après le passage de Johnny chez le notaire.

Au regard de ces découvertes, il n’est guère aisé de se faire une opinion arrêtée sur les torts des différents protagonistes de cette affaire, qui n’est pas seulement une question d’argent. Bien sûr, le patrimoine du chanteur (pour l’instant géré par le trust américain JPS), qui s’élèverait à environ 100 millions d’euros, selon Léna Lutaud, a de quoi aiguiser les appétits. Mais la fierté, le dépit, les haines recuites entre des êtres qui recherchaient aussi l’amour et la reconnaissance d’un père ou d’un époux jouent un rôle important dans ce triste scénario. 

Et le 13 novembre, un nouveau front vient de s’ouvrir dans cette guerre. Selon BFM TV, par l’intermédiaire de leurs conseils, David et Laura ont demandé le gel de 75 % des revenus liés aux ventes des albums du rocker, assignant les trois maisons de disques propriétaires du répertoire de leur père : Universal, Sony et Warner. 

Une requête qui tombe mal pour la veuve. Car l’album posthume de Johnny, Mon pays c’est l’amour, s’est déjà vendu à plus de 1 million d’exemplaires en trois semaines et devrait, selon les pronostics des spécialistes, atteindre les 2 millions d’ici la fin de l’année. Læticia, qui perçoit 25 % des royalties, pourrait ainsi espérer toucher 13 millions d’euros. De quoi, par exemple, éponger l’ardoise fiscale laissée par son défunt mari, estimée à 11 millions. Sauf si, le 27 novembre, le tribunal de Paris donnait raison à ses beaux-enfants ! Les procédures pendantes bloquent de toute façon le règlement de cette épineuse succession. 

Et, hasard du calendrier, trois jours plus tard, le 30 novembre, si l’audience n’est pas à nouveau reportée, tout le monde attendra avec impatience la décision du tribunal de grande instance de Nanterre, qui devra décider si c’est la loi française, interdisant de déshériter ses enfants, ou californienne, autorisant ce choix, qui s’applique dans le cas de Johnny. Son pays, c’était l’amour, mais pas celui de sa descendance…

Claude LEBLANC

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