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Johnny Hallyday : Les femmes de sa vie !

Publié le 8 décembre 2017

A la fois séducteur et romantique, Johnny Hallyday aura vécu chacune de ses passions avec une rare intensité.

Elles ont été des dizaines et des dizaines à tomber dans ses bras, et sans doute bien davantage à en rêver. Mais celles qui ont vraiment compté pour Johnny Hallyday ne sont pas si nombreuses… Néanmoins, chacune de ses histoires d’amour aura été, pour le chanteur, unique et passionnée, inoubliable !

Hormis sa mère, Huguette Clerc, qui lui a donné la vie, la toute première femme à avoir joué un rôle primordial dans son existence est Line Renaud. En effet, si elle n’a pas changé sa destinée, elle l’a fortement influencée. Et sans son coup de pouce, Johnny ne serait peut-être jamais devenu Johnny ! Le 18 avril 1960, le chanteur de 17 ans fait sa toute première prestation télé dans L’école des vedettes, émission présentée par Aimée Mortimer. Une sorte de Star academy de l’époque, dans laquelle un invité célèbre élit son candidat préféré et devient son parrain.

Et ce jour-là, l’interprète de Ma cabane au Canada prend pour filleul ce blondinet intimidé qui vient de chanter Laisse les filles, et le présente à la France entière ! Comme Line le racontera par la suite : « J’ai choisi Johnny parmi une dizaine de candidats et je suis devenue sa marraine. Depuis, il m’appelle toujours “Marraine”. Il avait beau avoir 17 ans, j’ai eu l’impression de voir un professionnel et j’ai compris qu’il serait une bête de scène. » Elle ne se trompait pas…

Feu

Très vite, le jeune homme met le feu partout où il passe et enflamme les cœurs de toute une génération. Du Golf-Drouot à l’Alhambra, de l’Olympia au Palais des sports, des milliers de fans hurlent son nom et cassent des fauteuils quand il se roule sur scène. Emporté par le tourbillon de la gloire, Johnny enchaîne les tubes, Retiens la nuit, L’idole des jeunes, Elle est terrible, Da doo ron ron… et les conquêtes.

Comme l’écrit son ami Long Chris, dans son ouvrage Johnny, à la cour du roi : « Quand on le voit plus de huit jours avec la même fille, la presse annonce en gros caractères qu’il est fiancé. Aussitôt, il largue : il tient à sa liberté. […] En tournée, c’est la grosse consommation. Il y a celles qu’il tient à séduire lui-même ; celles qui tombent toutes cuites ; d’autres qu’on lui présente sur un plateau ; enfin celles qui arrivent à soudoyer le concierge des hôtels où il doit descendre, pénètrent dans sa chambre et attendent patiemment, nues dans son lit, le bruit de la clé dans la serrure. »

Cependant, à la fin de l’année 1961, sa rencontre avec une jeune chanteuse prénommée Sylvie Vartan va changer la donne. Pour la première fois, Johnny est amoureux. Il va donc tout faire pour conquérir le cœur de cette jolie poupée blonde qu’il vient d’admirer sur la scène de l’Olympia, en première partie de Vince Taylor. Il la félicite en lui envoyant des roses et lui propose d’assurer la première partie de sa tournée d’été. Il enregistre aussi son premier duo avec Sylvie, À plein cœur.

Le courant fait plus que passer entre les deux artistes qui, très vite, annoncent leurs fiançailles. « Johnny était fracassant de beauté ! Il était tout le contraire de ce que j’avais imaginé. Il paraissait énigmatique, mystérieux, et je suis tombée sous le charme », déclarera plus tard l’interprète de Comme un garçon dans l’ouvrage de Vincent de Brus et Guy Zilberstein, Johnny vu par… Très vite cependant, Sylvie voit s’échapper son bien-aimé qui, en 1964, est appelé sous les drapeaux.

Même si l’idée de quitter sa fiancée lui brise le cœur, Johnny part rejoindre le 43e régiment d’infanterie de marine (RBIM) d’Offenbourg, en Allemagne. « Si ça n’avait tenu qu’à moi, il ne serait pas parti. Je trouve cela complètement idiot. Pourquoi couper ainsi les garçons de leurs études, de leur métier, de leur famille ? », confiera la chanteuse. Mais, hors de question pour elle de se morfondre en attendant sagement le retour du « guerrier ».

Inséparables

Régulièrement, elle se rend outre-Rhin et rejoint son homme dans un petit hôtel situé près de la caserne. « On se retrouvait là les samedis et dimanches comme deux gosses qu’on était. Un jour, il s’est même caché dans le placard de la chambre pour ne pas partir en manœuvre… On était vraiment inséparables », racontera-t-elle.Quant au soldat Smet, il écrit à sa tante : « C’est la première fille bien que j’aie jamais eue. »

Au printemps suivant, il obtient une permission pour se marier. Le 12 avril 1965, Sylvie et Johnny se disent « oui » à l’église de Loconville, dans l’Oise, devant cent quatre-vingts journalistes et quelque deux mille fans hystériques. Au point que Johnny s’exclame : « Ce n’est pas possible ! Nous nous marierons un autre jour ! » Ils finissent malgré tout par se passer la bague au doigt. Un grand moment d’émotion couronné par cette magnifique chanson que Johnny dédie à sa jeune épouse : « Mon anneau d’or qu’en tremblant j’ai glissé à ton doigt ; Il était fait pour toi ; Mon anneau d’or, en rêvant, je l’ai vu bien des fois ; Qui brillait à ton doigt… »

Dès le lendemain, le couple mythique de Salut les copains et des années yé-yé s’envole en voyage de noces aux Canaries. À la ville comme à la scène, ils vivent leur amour avec un grand « A ». Le 14 août 1966, leur bonheur est couronné par la naissance d’un petit garçon, « le roi David ». C’est Carlos, secrétaire particulier de Sylvie à l’époque, qui annonce la grande nouvelle à Johnny, en concert à Milan au moment de l’accouchement. L’heureux papa saute dans un avion et fonce retrouver sa petite famille à la clinique du Belvédère, à Boulogne-Billancourt, avant de repartir, dès le lendemain, poursuivre sa tournée.

Accident

S’il a tout pour être heureux, Johnny vit mal son incroyable succès. En pleine déprime, il chante Noir c’est noir et lorsque Sylvie menace de le quitter, il tente de mettre fin à ses jours. Fort heureusement, il se rate et, soutenu par sa jeune épouse, reprend goût à l’existence.Jusqu’à ce 20  février 1970 où leur vie bascule. Ce jour-là, au volant de sa DS21, Sylvie à son côté, Johnny roule en direction de Besançon. Soudain sa voiture dérape sur la neige, c’est l’accident.

Le chanteur s’en sort avec un nez cassé et quelques contusions. Sa femme, dont la tête a violemment heurté le pare-brise, doit, elle, subir une lourde et délicate opération. Partiellement défigurée, elle confiait alors son désarroi : « Chaque matin, en me voyant dans la glace, je croyais sortir de la cage aux lions. »

Cet événement marquera hélas la fin de leur belle histoire. Pendant un temps, ils tentent de sauver les apparences, assurant encore quelques galas ensemble, mais dans leur cœur, les choses sont claires : entre eux, c’est fini. « En fait, je mène une vie d’homme parce que je vis pratiquement toute seule. Je considère que mon mari ne me donne pas assez de temps », expliquera Sylvie dans Elle. Son temps, c’est avec une autre que Johnny le passe : la future vedette de l’opéra-rock Starmania, Nanette Workman.

Très épris de la belle Canadienne, le rocker n’hésite pas à plonger avec elle dans la drogue et les excès en tout genre. À bout, Sylvie décide de le quitter pour de bon, acceptant tout de même un dernier duo avec lui. Ensemble, ils chantent J’ai un problème et, devant l’énorme succès de ce titre, en profitent pour se réconcilier ! Ils envisagent même d’avoir un deuxième enfant. Dans le Salut les copains de juin 1973, Sylvie avoue du reste : « Avoir un seul enfant, c’est triste, il faut en avoir deux. Johnny rêve d’une fille. Je le comprends. D’ailleurs, il faut que nous y pensions sérieusement. »

Rupture

Mais ce bébé tarde à venir. En mai  1975, le couple fête ses dix ans de mariage. Une union faite de hauts et de bas, de séparations et de retrouvailles. Trois ans plus tard, le chanteur confie dans les colonnes de Paris Match : « Sylvie va me faire un deuxième enfant que j’élèverai. Et pendant qu’elle ira chanter pour gagner l’argent de la famille, je m’entraînerai et deviendrai champion de ball-trap ! »

Cependant, ce n’est pas Sylvie qui réalisera le doux rêve de Johnny. En 1980, en effet, les deux stars divorcent. Même s’ils parviennent à rester amis, la rupture est douloureuse. Dans un premier temps, le rocker multiplie les aventures : la belle Betsy Farley déboule dans sa vie, mais ce n’est que pour rendre Sylvie jalouse ! Début 1981, il tombe amoureux de Sabrina, qui le quitte peu après. L’année s’achève mieux qu’elle n’a commencé puisque, quelques mois après avoir vu Sabrina filer, il épouse Babeth. En disant « oui » à cette jolie brune, mannequin de son état, dans une petite église de Los Angeles, le chanteur veut croire qu’une nouvelle vie à deux est possible. Hélas, le conte de fées tourne court après seulement soixante-trois jours !

Malgré la brièveté de leur union, chacun gardera un bon souvenir de l’autre : « Ma belle et douce Babeth pour qui je garde une tendre affection. Elle a toujours été digne, courageuse et désintéressée », confiera le chanteur. « Il nous arrive de nous croiser et il est toujours très gentil avec moi. Johnny a été formidable quand je lui ai parlé des problèmes que rencontrait mon fils [Otto, 20 ans, est handicapé moteur] », nous avait, pour sa part, confié la jeune femme en 2002. Après ce nouvel échec, Johnny se met à collectionner les aventures sans lendemain. « Des dizaines, avouera-t-il. Stars, starlettes ou inconnues ! 
Il fallait que je me rassure… Il me fallait une présence. Et la folle vie d’errance a continué jusqu’à une rencontre lumineuse et tellement inattendue que, au début, personne n’a voulu croire à cette histoire d’amour. Un amour qui a bouleversé ma vie ! »

Le chanteur va, en effet, faire la connaissance d’une femme d’exception, Nathalie Baye. Sur le tournage du show télévisé de Maritie et Gilbert Carpentier, Formule 1, Johnny doit jouer un sketch – une parodie des films d’Humphrey Bogart –, avec la jolie comédienne. C’est le coup de foudre. Pour la séduire, il sort le grand jeu, lui dédiant la chanson Il nous faudra un jour parler d’amour. Ils ne vont pas faire qu’en parler, ils vont le vivre. Les deux amants vont, en effet, s’aimer pleinement, intensément, au point que Johnny confie, toujours dans le livre de Long Chris : « Tout ce que j’ai en moi, c’est Nathalie qui l’a développé : ma culture, mon amour, mon esprit. Elle m’a tout donné, elle a tout allumé. Tu te rends compte qu’elle a fait de moi un homme… »

Avant d’ajouter : « Avec Nathalie, je sais que je viens enfin d’enterrer le fantôme de Sylvie. Elle me fait découvrir que le matin est plus beau en se levant qu’en se couchant. Pour un peu, elle me ferait élever des moutons dans la Creuse… » De fait, Johnny, qui se consumait dans une vie d’excès, entre nuits blanches, alcool et drogues, s’installe à la campagne chez la comédienne qui, elle, ne fume pas, ne boit pas et mène une existence des plus saines. Un an après, le 15 novembre 1983, naît Laura. Comme le raconte le chanteur dans le troisième volume de son autobiographie, Destroy 2000 : « J’étais certain de mourir avant mon quarantième anniversaire. Et c’est à 40 ans que j’ai rencontré Nathalie Baye. Un deuxième grand amour. Elle m’a donné une fille et l’envie de vivre. » Quant à Nathalie, elle avoue joliment : « C’était le moment pour Johnny, comme pour moi. Faire un enfant, c’est une façon de continuer la fête ! »

Déboussolé

Le rocker est apaisé : « Vraiment heureux pour la première fois de sa vie », confie-t-il. D’autant que la belle brune, en plus de lui apporter l’équilibre, se révèle un formidable Pygmalion : elle l’introduit dans les milieux cinématographiques. Johnny tourne avec Jean-Luc Godard. Mieux : elle lui présente Michel Berger, génial compositeur qui va donner une autre dimension au répertoire du rocker : il lui écrit en 1985 l’album Rock’n’roll attitude, avec le titre Quelque chose de Tennessee, qui sera disque d’argent.

Néanmoins, deux ans après la naissance de leur petite princesse, Nathalie et Johnny mettent, contre toute attente, un terme à leur histoire. Leurs proches ont bien du mal à croire que ces deux-là, qui se sont tellement aimés, parviennent à vivre séparés. « Ils avaient l’air si malheureux, si inquiets, si déboussolés, l’un sans l’autre… », confiera même l’un d’eux. De nouveau l’Idole des jeunes multiplie les conquêtes : Karen Allen, Gisèle Galante, ou encore Leah, « adorable mannequin canadien que m’avait présentée mon fils David. »

Jusqu’à ce qu’il demande en mariage, à la surprise générale, la fille aînée de son ami de toujours Long Chris, la très jeune et ravissante Adeline Blondieau. Cette attirance ne date pas d’hier. « J’ai vu le bébé devenir une petite fille, puis une femme, avec ses chagrins d’amour, se souvient Johnny. Je crois que c’est pour ça que je l’aime comme je ne pourrai pas aimer quelqu’un d’autre. […] Quand elle était môme, je lui disais : “Méfie-toi parce que, un jour, je t’épouserai !” ». Quant à Adeline, elle est aux anges : « Je vis aujourd’hui un conte de fées, un rêve d’enfant. »

Le mariage a lieu un joli jour d’été 1990, sur les hauteurs de Ramatuelle. Resplendissante dans une robe corolle d’organdi ornée de perles et inspirée des toilettes de Scarlett O’Hara, Dadou, comme on la surnomme, est heureuse de dire « oui » à son prince charmant. Et Johnny ne cache pas sa joie : « Nous baignons dans le bonheur absolu, dit-il. Adeline me rassure. Quand mon père, Léon, est mort le 8 novembre 1989, lorsque mes vieux démons m’ont rattrapé dans ce petit cimetière belge de Schaerbeek, c’est déjà elle qui m’a donné la force de surmonter l’épreuve. »

Mariage, divorce…

Installés à Saint-Tropez, dans leur maison La Lorada, les jeunes mariés ne profitent pas longtemps de leur bonheur. Long Chris leur avait prédit qu’ils allaient vivre un enfer. Il voyait juste. « Je t’aime, je te hais, je te quitte, je reviens, dira Johnny. On se détruisait… ». En juin  1991, le couple engage une procédure de divorce qui est prononcé un an après.

Mais, deux ans plus tard, coup de théâtre : le 16 avril 1994, Adeline et Johnny se redisent « oui » à Las Vegas ! « On réapprend à se connaître et analysons nos erreurs. Je sens que ça va marcher… J’aime Adeline comme au premier jour. Mon plus grand bonheur serait qu’elle me donne un enfant », confie la star. Mais, malgré leurs efforts, le couple ne parvient pas à s’entendre. Pour provoquer Dadou, Johnny n’hésite pas à s’afficher avec d’autres femmes, comme Linda Hardy, Miss France 1992. Lorsque, le 9  mai 1995, notre rocker divorce à nouveau d’Adeline, son cœur est ailleurs…

Depuis le 25  mars de cette même année, il bat pour un mannequin de 20 ans nommée Læticia Marie Christine Boudou. Elle souffre d’anorexie et ne s’aime pas. Johnny, lui, traverse une période noire : sa carrière est en stand-by. Séduit par sa douceur, le roi du rock’n’roll l’épouse le 25  mars 1996, devant le jeune maire de Neuilly-sur-Seine, Nicolas Sarkozy. Comme ce dernier le fait remarquer aux jeunes époux, c’est à la main gauche, et non à la droite que se porte l’alliance…

Une méprise certainement due à l’émotion ! Le couple semble en effet très épris, même si l’entourage du chanteur pense que cette union est vouée à l’échec. D’ailleurs ils sont rares à assister à la fête. Hormis le témoin du marié, le producteur et ami de toujours, Jean-Claude Camus, ni son fils David ni sa fille Laura, ni ses grands potes Carlos, Eddie Barclay ou Eddy Mitchell, ne sont présents.

Malgré sa candeur et son jeune âge, Læticia va pourtant réussir là où toutes les autres ont échoué. Comprenant qu’il lui faut prendre Johnny comme il est, avec sa « rock’n’roll attitude » et son passé d’incorrigible séducteur, elle ne cherche pas à le changer. Au contraire, elle apprend à le comprendre et à le rassurer. Avec une patience infinie, il va lui apprendre en retour à s’accepter « comme une vraie femme », témoigne l’écrivaine Amanda Sthers. Entre eux s’installe un cercle vertueux.

Johnny se sent enfin épaulé. En 1998, après vingt et un mois d’absence, il fête son grand retour lors d’un mégaconcert au Stade de France. Pour autant, angoisses, insomnies, appréhensions et cauchemars ne le quittent pas. Mais Læticia est là. Dans l’ombre comme dans la lumière, elle veille sur son homme.

Comme ce dernier le confie : « On ne m’avait pas habitué à tant d’attentions, de fidélité, de tendresse et d’amour. Elle est présente dans l’épreuve, comme elle l’est dans la romance. Je revis. J’ai trouvé la dame qu’il me fallait… Nous vivons ensemble en parfaite harmonie. Elle est gaie, facile à vivre. Et elle me supporte, ce qui est un exploit. Je l’aime, c’est aussi simple que ça. »

“Rester vivant”

Avoir un enfant, c’est désormais le vœu le plus cher du couple. Hélas, après de multiples tentatives, des fausses couches à répétition, tous deux doivent se rendre à l’évidence : leurs chances de concevoir un bébé sont quasi nulles. Un cataclysme pour Læticia qui nourrissait ce rêve depuis sa plus tendre enfance.

Reste l’adoption, une procédure longue et éprouvante, qui finit néanmoins par porter ses fruits. En novembre 2004, Johnny et sa jeune épouse s’envolent pour le Vietnam où les attend une adorable fillette de 3 mois, Jade. Læticia retrouve le sourire, Johnny jubile. En 2008, l’arrivée de la petite Joy, 5 mois, dans leur vie, parachève leur bonheur.

Hélas un drame vient briser cette romance : suite à l’opération d’une hernie discale à Paris en novembre 2009, Johnny, qui se trouve en décembre à Los Angeles, souffre de lésions. Il est opéré à l’hôpital Cedars-Sinaï où il est placé en coma artificiel. Folle d’inquiétude, Læticia cherche du réconfort auprès de l’écrivain Philippe Labro, qui lui conseille : « Parle-lui jour et nuit, malgré le coma. » Ce qu’elle va faire, sans répit, pendant une semaine. Par miracle, Johnny revient à la vie avec ces mots : « Læticia m’a empêché de sombrer. Sans le son de sa voix, je serais parti… »

Un an plus tard pourtant, il est bien là, revenant avec un nouvel album, justement intitulé Jamais seul, réalisé par Matthieu Chedid. Il reprend les concerts, monte même sur les planches du théâtre Edouard VII, pour y jouer une pièce de Tennessee Williams, Le paradis sur terre ! Si elle est inquiète, Læticia ne le montre pas. Elle sait que la scène et la musique sont aussi vitales à Johnny que l’air qu’il respire. Elle s’occupe de leurs filles et de la fondation La bonne étoile qu’elle a créée, au profit de laquelle Johnny donne un mémorable concert, le 15  décembre 2013, au Trianon de Paris.

Son homme est heureux, fourmille de projets, c’est tout ce qui importe. En 2014, Les vieilles canailles, que Johnny fonde avec l’ami Eddy (Mitchell) et maître Jacques (Dutronc), voient le jour. En parallèle, le rocker sort un cinquantième album, De l’amour, et se lance, en 2015, dans une impressionnante tournée mondiale, intitulée Rester vivant. Et puis le 8  mars dernier, quelques semaines avant d’attaquer les répétitions pour la grande tournée des Vieilles canailles, Johnny annonçait lui-même à ses fans la terrible nouvelle. Il était atteint d’un cancer des poumons.

Malade, il était bien déterminé à honorer les dix-sept dates prévues à travers la France. Une folie à laquelle Læticia avait tenté de le faire renoncer. Avant de comprendre que la scène était son médicament le plus efficace. Comme le lui disait Johnny : « Si je ne le fais pas, je meurs. » Et il l’a fait durant près de deux mois ! Il a donné à son public le meilleur de lui-même sous le regard inquiet de sa tendre épouse. Mais cette tournée a aussi été le chant du cygne de Johnny, qui a, avec la force vitale qu’on lui connaissait, tenu la mort en respect autant qu’il a pu.

Caroline BERGER

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