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Johnny Hallyday : Rester vivant !

Publié le 24 novembre 2017

Hospitalisé à Paris le lundi 13 novembre et souffrant de détresse respiratoire, Johnny Hallyday a de nouveau vaincu la mort et retrouvé un second souffle.

Tous ceux qui l’aiment, et Dieu sait s’ils sont nombreux, le croyaient increvable, inoxydable, aussi immortel que ses tubes. Même depuis l’annonce par la star, en mars dernier, sur les réseaux sociaux, qu’elle était atteinte d’un cancer du poumon, ses proches se voulaient résolument optimistes. Et il faut avouer que Johnny, plus déterminé que jamais, leur avait donné toutes les raisons d’espérer une guérison miraculeuse.

Personne n’a en effet oublié que le 10 juin, contre l’avis des médecins et malgré l’angoisse des siens, le rocker était revenu à Paris pour retrouver ses potes de toujours, Eddy Mitchell et Jacques Dutronc, pour entamer avec eux, à Lille, comme promis plusieurs mois auparavant, la tournée des Vieilles canailles. Malgré les effets dévastateurs de la chimiothérapie, le Taulier était monté dix-sept fois sur scène en l’espace de quelques semaines, comme si le fait de renouer avec son public était le meilleur des remèdes, bien plus efficace que les traitements lourds prescrits par ses oncologues.

Oui, décidément, rien ni personne ne pouvait faire rendre gorge à cet éternel lutteur, solide comme un roc. Au point qu’au début du mois de novembre, Eddy, qui le connaît depuis l’adolescence et l’époque du Golf-Drouot, Jean-Claude Camus, son ancien manager et ami, ainsi que Sébastien Farran, son nouvel homme de confiance, qui l’avaient rencontré récemment, le trouvaient tous très en forme pour un malade atteint du « crabe ». Ils décrivaient un Johnny souriant et nourrissant plein de projets d’avenir, comme celui d’enregistrer un nouvel album en 2018.

Certes, nul n’ignore que, chez les patients touchés par un tel fléau, les crises succèdent hélas souvent à des phases de rémission. Mais lorsque ses fans ont appris que, le lundi 13 novembre à 2 h du matin, le chanteur de 74 ans avait été admis en urgence à la clinique Bizet, située dans le XVIe arrondissement de la capitale et fréquentée par de nombreux VIP, c’est comme si le ciel leur était tombé sur la tête ! Ses soucis avaient commencé un peu plus tôt, dans la soirée de dimanche.

Tout le clan Hallyday était réuni dans la maison familiale, à Marnes-la-Coquette, quand, soudain, le souffle serait venu à manquer à Johnny. Ce n’était certes pas sa première crise, mais celle-là ne passait pas, et l’angoisse de Læticia a dû croître de minute en minute, jusqu’à ce qu’elle décide de prévenir Sébastien Farran. Fous d’inquiétude, tous deux conviennent de le conduire au plus vite dans l’établissement parisien où il devait bientôt subir de nouvelles séances de chimiothérapie. Johnny est alors si faible qu’il ne peut plus marcher sans l’aide de deux gardes du corps.

Sur place, l’équipe soignante est déjà sur le pont pour l’accueillir, et c’est dans un fauteuil roulant qu’il est conduit jusqu’à sa chambre, située au sixième étage qui lui a été entièrement réservé. Un médecin est dédié 24 heures sur 24 à cet illustre patient. Tous espèrent encore alors qu’il ne s’agit que d’une fausse alerte, mais, dans le doute, Læticia ne veut bien sûr pas laisser seul l’homme de sa vie. Restant au chevet de son mari, elle prévient une amie, Marie Poniatowski, et lui demande de passer lui chercher quelques affaires à Marnes-la-Coquette, en prévision d’un séjour qui pourrait durer plus longtemps que prévu. Cette mère exemplaire choisit en revanche de ne pas faire venir à la clinique leurs filles, Jade et Joy (âgées respectivement de 13 et 9 ans), qu’elle doit peut-être juger encore trop jeunes pour affronter une situation aussi traumatisante. C’est donc avec son téléphone mobile qu’elle communique avec ses enfants et organise leurs journées.

Malgré une anxiété des plus compréhensibles, Læticia ne panique pas. Sans doute se souvient-elle qu’au début du mois de novembre, son Johnny avait été admis à la Pitié-Salpêtrière, toujours à Paris, pour un problème de vésicule, mais avait pu rentrer chez lui deux jours plus tard. Cependant, 
au fil des heures, la jeune femme remarque que le rocker, qui en a pourtant vu d’autres dans son existence, semble pour la première fois angoissé, ce qui n’est pas du tout 
le genre de ce battant. Du coup, après avoir fait la promotion de l’album hommage On a tous en nous quelque chose de Johnny, sorti le 17 novembre dernier, sur le plateau de C à vous, Farran et le musicien Yarol Poupaud rejoignent très rapidement la clinique Bizet.

Puis c’est au tour de Laura Smet, la fille que Johnny a eue avec Nathalie Baye, de rendre visite à son père. Bref, c’est tout un clan qui fait front pour soutenir une idole aux pieds d’argile. Ses amis défilent les uns après les autres autour de son lit de douleur : la chef Hélène Darroze, le mannequin Caroline de Maigret, la productrice Anne Marcassus et, le samedi, Eddy Mitchell, Nathalie Baye et David, le fils du chanteur. Si le mental joue un rôle important dans la lutte contre le cancer, ces nombreux témoignages d’amour et d’affection ont dû regonfler le moral de la star. Des forces supplémentaires dont Johnny aura sans doute bien besoin, car le vendredi 17, sur BFMTV, l’on annonçait qu’il souffrait de détresse respiratoire, que les cellules cancéreuses avaient métastasées et ne touchaient plus seulement ses poumons, et enfin qu’il ne pouvait plus se déplacer qu’en fauteuil roulant.

En clair, le chanteur paraît cette fois bel et bien prêt à livrer son dernier combat, dont on ne sait s’il en sortira victorieux. Mais l’espoir demeure, entretenu par l’historique de ce trompe-la-mort, qui est, jusqu’à présent, toujours parvenu à se relever quand on le croyait déjà aux portes du cimetière. L’artiste qui a chanté « les coups ça fait mal » en a certes reçu plus que son content. Car celui que le journaliste Paul Guth surnommait « le gentleman caramboleur » a froissé de la tôle et s’est cassé quelques os au volant de ses bolides. Parmi ses multiples crashs, celui de sa Lamborghini Miura, avec laquelle, en 1967, il avait percuté un arbre à plus de 190 km/h, aurait bien pu abréger sa carrière et sa vie.

En 1970, nouvelle cascade, en DS cette fois, dont il sort indemne, à l’inverse de Sylvie, qui a le visage en sang. Et, en 1982, un autre accident dans les dunes du Touquet l’obligera à se faire poser une prothèse de hanche l’année suivante. Prothèse à laquelle il aura survécu, puisqu’il a dû la changer en 2004 et 2011. Bref, vous l’aurez compris, Johnny n’aura pas ménagé sa grande carcasse percluse d’arthrose, et a fini par en payer le prix.En 2009, c’est son dos qui crie grâce, et le rocker doit se résoudre, le 26 novembre, à se faire soigner d’une hernie discale à la clinique Monceau. Il confie ses vertèbres aux mains supposées expertes du Dr Delajoux, le chirurgien des stars. Une intervention certes pas anodine, mais qui, en théorie, ne met pas en jeu la vie du patient.

Pourtant, quelques jours après son retour à Los Angeles, le chanteur est pris de douleurs foudroyantes, ainsi que l’a racontée Læticia à la romancière Amanda Sthers dans son livre d’entretiens avec Johnny, Dans mes yeux (Plon) : « Ça faisait des jours qu’il traînait un corps endolori dans la maison. Jamais je n’ai vu quelqu’un souffrir comme ça, pousser de tels cris de douleur. Je ne savais pas quoi faire pour le soulager […] Ce n’était plus lui. Je lui ai demandé si ça allait mais il ne pouvait plus répondre, il basculait vers ailleurs, j’ai pensé : “Il va partir, c’est fini.” » Le rocker perd peu après connaissance, et sa femme, paniquée, le conduit en urgence au centre médical Cedars-Sinai, l’établissement le plus réputé de la Cité des anges : « Je suis partie comme un pilote de course, j’ai grillé tous les feux […] Les infirmiers sont venus le chercher, et c’est là que le chemin de croix a commencé. J’ai su que je commençais un combat, pas seulement contre la mort. Johnny était dans une sorte de crise de démence avec tout l’alcool et les médicaments ingurgités pour calmer la douleur. Il fallait l’apaiser.  »

Selon les médecins américains, la dure-mère (une membrane entourant le cerveau et la moelle épinière) avait été percée lors de l’intervention pratiquée par le Dr Delajoux. L’infection se propageant dans ses os, le corps médical a alors décidé de plonger Johnny dans un coma artificiel. Des neurochirurgiens l’ont ensuite opéré. Une première tentative pour le réveiller s’avérera désastreuse. Ce n’est qu’au bout de trois semaines qu’il rouvrira enfin les yeux. Totalement perdu, mais vivant… Et ces derniers jours, déjouant les très nombreux pronostics pessimistes, le roi de la survie s’en est encore tiré. Son état s’était ­stabilisé dès vendredi, selon Sébastien Farran, et, dans la journée du samedi 18 novembre, la star a pu regagner son domicile. Celui-ci aurait été équipé en matériel médical pour permettre au chanteur de recevoir tous les soins adaptés dans un univers bien plus apaisant qu’un hôpital, entouré par les siens.Certains affirment que, comme les chats, les rockers ont neuf vies. Johnny en est la preuve. Et il semble bien que ce miraculé ne les ait pas totalement épuisées. Pour celui qui a chanté « Noir c’est noir », il y a encore de l’espoir… 

Claude LEBLANC

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