France Dimanche > Actualités > Johnny Hallyday, son père et le « fils de boche »

Actualités

Johnny Hallyday, son père et le « fils de boche »

Publié le 30 mars 2016

Le chanteur Johnny Hallyday a évoqué avec émotion ses relations compliquées avec son père dans une interview.

Une véritable blessure difficile à cicatriser pour Johnny Hallyday. Le chanteur se produisait à Bruxelles, le week-end dernier, pour deux représentations dans la salle de spectacle du Palais 12. Deux concerts qui ont été maintenus malgré les attentats perpétrés dans la capitale belge mardi 22 mars dernier.

Voir aussi --> Affaire Johnny Hallyday – Adeline : Laura Smet défend son père !

A l’issue de ces deux shows, le rockeur a accordé une interview au magazine Paris Match. Un entretien dans lequel il revient avec émotion sur ses origines belges, dont il est fier, et sur la relation très compliquée qu'il entretenait avec son père, Léon Smet.

Johnny Hallyday ravive une plaie encore très douloureuse : son abandon par son père Léon Smet alors qu'il n'avait que quelques mois. « C’est encore quelque chose de très douloureux pour moi. C’est pour ça que j’en parle peu. Mon père m’a abandonné alors que je n’avais que 7-8 mois. Ma mère a tenu à ce qu’il me reconnaisse deux ans plus tard, car elle ne voulait pas qu’on pense que j’étais un fils de boche », explique Johnny Hallyday.

Dans le cas de Johnny Hallyday, la référence « fils de boche » remonte à l'école. Des camarades de classe utilisaient cette expression pour qualifier Johnny Hallyday, pensant que son père l’avait abandonné parce qu’il ne souhaitait pas le reconnaître. Une révélation évoquée par le chanteur lors d’une interview avec Thierry Demaizière dans l’émission "Sept à Huit" en novembre 2005. « Bâtard. Ta mère t’a fait avec un boche ! (ndlr : Johnny est né en 1943) Cela m’a énormément fait souffrir. Les blessures de l’enfance m’ont poursuivi toute ma vie. »

Voir aussi --> Johnny : Une douloureuse séparation !

Dans le dernier numéro de Paris Match, le chanteur revient également sur un épisode traumatisant : ses retrouvailles avec son père, vingt ans après. Une rencontre qui ne s’est pas du tout passée comme prévu. « Il m’a fait le coup, quand j’étais à l’armée, de venir avec un photographe pour organiser « nos retrouvailles ». Ça m’est resté en travers de la gorge. » Cet épisode très triste de sa vie, Johnny l'avait évoqué en détails dans les colonnes de Psychologies Magazine, en novembre 2005.

« Il n’a plus donné signe de vie. Je n’ai plus vu mon père jusqu’à mon service militaire. J’avais 20 ans. [...] J’y vais et je vois une espèce de monsieur avec un pardessus qui me saute dessus, me parle avec l’accent belge et me tend un ours en peluche" détaille Johnny. "Derrière lui, je vois apparaître sept, huit, neuf paparazzis qui nous mitraillent. Et il repart. J’ai compris qu’il s’était fait payer pour faire cette photo. Voilà les circonstances de mon premier contact avec mon père. Cela a été terrible pour moi… terrible. J’ai eu du mal à m’en remettre. J’ai pleuré toute la nuit. »

Et le temps n'a pas arrangé les choses. Léon Smet n'a jamais voulu reconnaître le succès de son fils. Un incident très traumatisant pour le musicien, qu'il relate dans le dernier numéro de Paris Match. "Et plus tard, dans une émission qui m’était consacrée, il (son père NDR) était interviewé et quand on lui demande : "Ça vous fait quoi, le succès de votre fils ?", il répond sèchement un truc du genre : "J’en ai rien à foutre." Ça me fait encore du mal, mais on ne peut pas échapper à ses racines." La référence vient d'une interview du père de Johnny Hallyday, diffusée dans un documentaire consacré au chanteur dans l'émission "Un Jour, un Destin", sur France 2, en novembre 2014.

Voir aussi --> Johnny Hallyday : Blessé, après une abjecte agression

Une plaie très difficile à refermer pour Johnny Hallyday. A tel point que lorsque le journaliste lui demande s’il pense à son père quand il a chanté à Bruxelles, l’artiste ne mâche pas ses mots : « Forcément. Mais ce ne sont que des mauvais souvenirs. Honnêtement, j’essaie d’être avec mes filles tout l’inverse de ce qu’il a été avec moi. Fin du chapitre. »

Cyril Coantiec 

À découvrir