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Johnny Hallyday : Une statue pour l’éternité !

Publié le 28 juin 2018

Grâce au pari fou d’un homme et à 300 donateurs, l’esprit de Johnny Hallyday n’a pas fini de souffler sur Viviers, une commune où vivait sa mère, Huguette.

En cette après-midi du vendredi 15 juin, le cimetière de Viviers, petite commune ardéchoise, est bondé. Ils sont une centaine à se recueillir devant la tombe d’Huguette Galmiche, la mère de Johnny, qui s’est éteinte en 2007.

L’hommage est double : en effet, c’est aussi pour le rocker, qui aurait eu 75 ans ce jour-là, que la foule se presse.

D’ailleurs, deux photos de lui trônent sur le marbre, au milieu des fleurs : un portrait à ses débuts, et un cliché où la star pose, avec Læticia et Jade, au côté d’Huguette.

Ici, le rocker est plus qu’une idole, presque un enfant du pays : la plupart des habitants ont eu la chance de le voir en chair et os, puisque, durant près de dix-sept ans, il a rendu visite à sa mère qui habitait une belle maison de pierre au Teil, un hameau voisin.

Garder « une part de Johnny à Viviers », c’est le rêve un peu fou de Pierre Regottaz, 76 ans, fan de longue date du regretté chanteur.

Comme l’a confié le sémillant septuagénaire au Dauphiné libéré : « Je me suis dit, il n’y a qu’un endroit où il y a de l’âme, de l’ADN, c’est ici. »

Un rêve qui, grâce à la générosité des nombreux admirateurs de l’idole des jeunes, est devenu réalité.

Le samedi 16 juin, a en effet eu lieu l’inauguration de La foi du rock, une statue monumentale érigée en l’honneur du chanteur. Une première en France !

Mobilisés

Cette œuvre en résine du sculpteur Daniel Georges a demandé près de trois mois de travail à l’artiste.

Beaucoup plus à Pierre Regottaz, qui n’a pas compté sa peine pour trouver les quelque 13 000 € nécessaires à la réalisation de ce projet, comme ce dernier s’en est expliqué, toujours dans les colonnes du Dauphiné libéré : « Il a fallu créer l’association. Puis j’ai organisé des concerts avec qui j’ai pu. C’était à coup de 1 000 à 1 500 € par événement. »

Les fans se sont mobilisés et les dons ont afflué. Grâce aux trois cents contributeurs, qui auront leur nom gravé sur une plaque au pied de la statue, la somme est enfin réunie. 

13 h 30 : sur le terrain du restaurant le Tennessee, la foule retient son souffle.

Il y a là une bonne centaine de bikers qui, un peu plus tôt dans la matinée, ont paradé dans les rues de Viviers, au côté de ces grosses voitures américaines que le rocker aimait tant, et d’une Dauphine rose, couverte de portraits de l’idole et dédicacée par son fils, David Hallyday.

D’autres fans, venus de toute la France, ont fait le voyage en car, en train, ou avec leur propre véhicule.

Jean-Claude, des bagues à chaque doigt, les bras ornés de tatouages, dont un représentant le visage du rocker, arrive de Toulon.

Mike, veste en jean et grosse croix autour du cou, de Bourgoin.

Ils sont, comme les quelque 2 000 personnes massées sous le soleil, impatients de découvrir l’œuvre dissimulée par une immense pièce de tissu blanc. 

L’heure sonne enfin. Tandis que Pascal Veyre, sosie vocal du chanteur, entonne le tube Je te promets, le voile se lève, et les bravos fusent.

Plus vrai que nature, mesurant près de trois mètres de haut et pesant 500 kg, Johnny semble être en plein concert, jambes écartées, un micro dans une main, l’index pointé vers une foule imaginaire.

Daniel Georges, l’auteur de cette œuvre à la gloire du rocker.

Un instant d’émotion pure que n’est pas près d’oublier Thierry Magnet, vice-président de l’association créée par Pierre Regottaz : « Quand on a installé la statue, ça a été un grand moment, j’ai pleuré », a-t-il confié.

Pèlerinage

Cathy Munoz, qui, elle, a fait le voyage de Lyon, se réjouit.

Elle a désormais un lieu de pèlerinage accessible : « Quand j’aurai besoin de le voir, je viendrai ici, parce que Saint-Barth, c’est un petit peu loin », explique-t-elle, en agitant un fanion rouge à l’effigie de son idole.

Ils sont nombreux à partager ce sentiment, ce qui réjouit Pierre Regottaz et tous ceux qui ont contribué à mettre le projet sur pied. 

Faire de Viviers, le lieu de retrouvailles des admirateurs de Johnny, c’est aussi, d’une certaine façon, entretenir la mémoire du chanteur.

« Quand il est mort, j’ai eu un choc énorme, j’en ai chialé. Il venait de me tuer ma jeunesse », raconte Pierre Regottaz.

C’est durant les funérailles de la star, à l’église de La Madeleine à Paris, que l’idée de la statue lui est venue. 

Juste après l’inauguration, assis sur l’herbe, au pied de la sculpture, les 2 000 fans ont partagé un gigantesque pique-nique, échangeant, entre rires, larmes et chansons, leurs souvenirs de l’idole.

Le soir venu, tous se sont retrouvés au concert, reprenant en chœur les plus grands tubes de Johnny, interprétés par Pascal Veyre.

Oui, en ce 16 juin, les participants de cette belle fête avaient quelque chose de… Tennessee.

Et si c’est avec un jour de retard qu’ils ont célébré, à leur manière, les 75 ans de leur idole disparue, qu’importe !

Cet anniversaire était magique. Il suffisait de lever la tête pour croiser le regard immortel de celui qu’ils ont tant aimé…

Lili CHABLIS

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