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José Garcia : Son flamboyant retour !

Publié le 25 décembre 2018

Après s’être exilé pendant trois ans en Espagne, José Garcia revient en force dans un nouveau film de Jean-Paul Rouve.

Dans les années 90, tout le monde avait son nom à la bouche. José Garcia… Un patronyme devenu en peu de temps synonyme d’humour fou et aussi de succès. Il faut dire que les frasques du comédien, dans l’émission de Canal + Nulle part ailleurs où il délirait avec son complice Antoine de Caunes, faisaient exploser de rire le troisième membre de la bande, Philippe Gildas, ainsi que des millions de téléspectateurs.

Un talent pareil, allié à un vrai sens de la comédie, laissait penser que le jeune homme irait loin, très loin. Et quand, en 1997, il joue dans le film de Thomas Gilou, La vérité si je mens !, où il interprète un impeccable Serge Benamou, fêtard parmi les fêtards, sa cote atteint des sommets. Il est bien loin le temps où il jouait les chauffeurs de salle à Canal +, avant qu’Antoine de Caunes ne le remarque et l’associe à son aventure !

José a tout pour lui. Jusqu’au milieu des années 2010, ses rôles au cinéma séduisent le public et la critique : ainsi dans Le couperet, de Costa-Gavras, sorti en 2005, où, à l’instar de Coluche dans Tchao Pantin, on découvre que l’acteur n’est pas uniquement un type qui se tape sur les cuisses du matin au soir. C’est un comédien à part entière, qui sait émouvoir au plus haut point. En l’occurrence, en incarnant un cadre d’une quarantaine d’années ayant perdu son emploi et qui, pour le retrouver, se transforme en serial killer.

Et si sa carrière est en plein boom, côté cœur, il est aussi comblé. Cela fait vingt-six ans qu’il a lié son destin à celui d’Isabelle Doval (le vrai nom de l’acteur), une comédienne et cinéaste avec laquelle il aura la chance de travailler plusieurs fois, comme en 2003, dans le film Rire et châtiment qu’elle réalise.

Leur rencontre coup de foudre a eu lieu lors d’un « stage de sport de combat, de cascade, d’explosion », comme José l’a expliqué à Mouloud Achour, dans Clique dimanche, sur Canal +, le 18 novembre dernier. Ensemble, ils ont deux filles, Laurène et Thelma. Ceux qui ont regardé l’excellente série de M6, Quadras, diffusée en fin d’année dernière, ont sans doute sans le savoir fait connaissance avec cette dernière, qui incarnait la gothique adolescente Roxanne.

Mais peu à peu, sans que l’on s’en aperçoive vraiment, l’acteur s’est fait plus rare. Sa disparition de la brillante vitrine qu’était pour lui Canal + n’y a bien sûr pas été pour rien. Mais il y a une dizaine d’années, José Garcia a pris une décision qui peut sembler très risquée dans ce milieu où, plus qu’ailleurs, l’expression « loin des yeux, loin du cœur » prend tout son sens : il a quitté la France et est allé vivre en Espagne. Un exil qui aura duré trois ans ! Trois ans, c’est long pour la mémoire des Français qui voient sans cesse éclore de jeunes et talentueux acteurs. Que lui est-il donc passé par la tête pour cesser de mener une existence qui semblait idéale ?

La réponse est à chercher du côté de son histoire intime. De ses origines familiales qui se trouvent de l’autre côté des Pyrénées. José est né à Paris, mais de parents galiciens, au nord-ouest de l’Espagne, que la guerre et la pauvreté avaient fait fuir. C’est donc en France qu’ils trouvent refuge, dans le très huppé xvie arrondissement de Paris. Pas en tant que riches occupants de somptueux hôtels particuliers, mais comme gens de maison, qu’ils s’installent dans la capitale.

Pura, sa mère, est cuisinière, et son père, Raymond, valet et maître d’hôtel. José les aime à la folie et les admire aussi pour leur histoire, leur courage et l’amour qu’ils lui ont donné. « Si je suis parti tourner là-bas, c’est parce que j’avais envie de quelque chose qui me correspondait mieux à ce moment-là, a-t-il confié au Parisien. J’ai renoué avec mes racines, appris des choses sur l’histoire de mes parents, mieux compris le contexte. » C’est aussi une époque de grave crise économique en Espagne. « Tout le monde, acteurs, réalisateurs, s’est retrouvé à la rue. Les gens n’étaient même plus payés. »

Si, aujourd’hui, José conserve l’envie de travailler sur la terre de ses ancêtres, et compte bien le faire un jour, cet exil volontaire semble l’avoir transformé. Comme s’il avait retrouvé l’appétit de jouer et de s’amuser avec nous à nouveau ! Il est à l’affiche du film de Jean-Paul Rouve, Lola et ses frères, une comédie qui promet un beau succès ! Pour lui, c’est une renaissance, et pour le public, une joie. Après le grand chagrin qu’a provoqué la mort récente de Philippe Gildas, ce retour en fanfare dans la grande famille du cinéma français est un rêve éveillé. Comme si s’ouvraient devant lui de nouvelles portes, celles d’un magnifique château. En Espagne bien sûr !

Laurence PARIS

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