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Juan Carlos : Une famille brisée par le déshonneur !

Publié le 19 août 2020

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Après avoir été forcé d'abdiquer en 2014, l'ancien roi Juan Carlos vient d'annoncer sa volonté de s'exiler !

C'est l'histoire d'une terrible déchéance. Celle d'un homme devenu roi, longtemps aimé, qui, peu à peu, s'est dévoilé sous un jour que personne ne pouvait imaginer. Un jour si sombre qu'il semble être une nuit. Aujourd'hui, le grand roi Juan Carlos, celui qui avait installé la démocratie dans son pays alors qu'au départ il n'était qu'un pantin mis en place par le dictateur Franco, le formidable souverain qui avait fait face à un coup d'État militaire en 1981, vient de tomber le masque de la plus terrible des façons : en s'enfuyant !


Le lundi 3 août, a été rendue publique sa lettre adressée à son fils, le roi Felipe VI, dans laquelle il lui explique qu'il quitte le pays ! « Guidé […] par la conviction de rendre le meilleur service aux Espagnols, à leurs institutions, et à toi en tant que roi, je t'informe de ma décision réfléchie de m'exiler, en cette période, en dehors de l'Espagne », a-t-il écrit.

Il motive ce choix disant vouloir « faciliter l'exercice de [ses] fonctions » face aux « conséquences publiques de certains évènements passés de [sa] vie privée »… En clair, Juan Carlos préfère quitter son pays plutôt que d'affronter les répercussions de ses actes. Un geste terrible, irréversible, qui entache à jamais son histoire, et détruit ce qui restait de l'harmonie familiale… Que s'est-il donc passé pour que cet homme, ayant acquis un si grand prestige, quitte la scène de cette façon pitoyable ?

Ce n'est pas le nombre impressionnant de ses conquêtes, régulièrement mentionné dans la presse (plus de 2 000 !), qui a sonné le glas de son histoire. Marié depuis 1962 à la charmante et douce Sofia de Grèce, qui lui a donné deux filles et un garçon, le roi voyait les Espagnols lui pardonner ses écarts. Mais lorsque, en 2012, le pays traverse une grave crise et que Juan Carlos demande à son peuple de se serrer la ceinture, on apprend qu'il était parti tuer l'éléphant au Botswana… Un divertissement qui avait coûté la bagatelle de 40 000 euros !

Cette révélation avait bouleversé l'Espagne et gravement entaché sa belle image de bon père de famille. D'autant qu'un an auparavant, un premier faux pas avait créé un grand malaise dans la monarchie : son gendre, Inaki Urdangarin, et sa fille, Cristina, se retrouvaient impliqués dans un énorme scandale financier. Inaki, mis en examen pour « malversation, fraude fiscale, trafic d'influence, escroquerie et blanchiment », avait été condamné à cinq ans et dix mois de prison ferme, et Cristina à payer une amende de 136 950 euros !

Avec l'histoire de la chasse à l'éléphant, et ce cliché terrible qui paraît dans la presse internationale sur lequel on voit le roi, très fier, poser près de sa victime, le fusil à la main – alors qu'il est président d'honneur de WWF-Espagne, le Fonds mondial pour la nature –, Juan Carlos a perdu énormément de sa superbe. Il n'a, dès lors, d'autre choix que de faire amende honorable : « Je regrette beaucoup. Je me suis trompé et cela ne se reproduira pas », déclare-t-il. L'année suivante, la révélation de l'existence de Corinna zu Sayn-Wittgenstein, sa maîtresse depuis 2008, marque la fin de son règne : le 2 juin 2014, il abdique en faveur de son fils, Felipe.

Mais, semble-t-il, il a continué à se tromper. En juin dernier, la Cour suprême espagnole a ouvert une enquête sur une affaire de corruption, cherchant à savoir si Juan Carlos aurait reçu d'énormes sommes de l'Arabie saoudite en échange de l'attribution de la construction d'un TGV entre La Mecque et Médine à des entreprises espagnoles… C'est cette enquête qui aurait causé la réaction de fuite de l'ancien monarque. Déjà, au mois de mars dernier, La Tribune de Genève avait révélé que Juan Carlos aurait reçu 100 millions de dollars du roi Abdallah d'Arabie saoudite, en 2008, versés sur un compte en Suisse ! Le roi Felipe VI avait immédiatement annoncé qu'il renonçait à l'héritage de son père et avait, du même coup, supprimé la rente annuelle de 194 000 euros qui lui était encore versée « afin de préserver l'exemplarité de la couronne ». Un geste symbolique terrible d'un fils forcé à désavouer son père.

À l'heure où nous bouclons ce magazine, une rumeur conduirait le roi déchu en République dominicaine… Ce qui est certain, selon le quotidien espagnol El Pais, c'est que son épouse Sofia aurait pris la décision de ne pas le suivre ! Le résultat, probablement, d'années d'humiliations. Ainsi, Juan Carlos, 82 ans, qui est né en exil en Italie, finira-t-il sans doute également ses jours en exil, loin de sa patrie, de son peuple, de la justice de son pays, et de sa famille, déjà si morcelée…

Laurence PARIS

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