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Julian Alaphilippe : Le nouveau chouchou de la Grande Boucle !

Publié le 14 juillet 2019

A 27 ans, Julian Alaphilippe, ce cycliste passionné veut avant tout rendre les gens heureux.

Nul ne sait s’il conservera son maillot de leader jusqu’au 28 juillet prochain. Mais ce que tous ceux qui suivent passionnément le Tour de France savent aujourd’hui, c’est comment s’appelle ce jeune cycliste au nom un peu compliqué : Julian Alaphilippe ! Il y a quelques jours, le grand champion de cette rude discipline, Richard Virenque, l’évoquait en ces termes à nos confrères de Cyclism’Actu : « Je vibre avec ce que nous font nos Français. Julian Alaphilippe est en jaune. Ce qu’il fait est tout simplement magnifique et je suis fier de ce qu’il fait. Je l’ai régulièrement au téléphone et j’essaie de lui donner quelques clés, mais je crois qu’il n’en a pas trop besoin car il est sûr de ce qu’il fait. »

Si sûr, que Virenque le voit déjà en haut de l’affiche ! Vainqueur du Tour ! Mais qui est-il ce Julian ? Qui est celui devenu le chouchou de cette nouvelle Grande Boucle ?

La première passion de ce beau sportif de 27 ans, natif de Saint-Amand-Montrond (Cher), n’est pas dans ses jambes mais dans ses oreilles. Avec un père batteur, qui s’occupe d’un groupe de musette, le garçon pense d’abord suivre ses pas. Mais si la batterie est un instrument qui lui colle à la peau, il ne souhaite pas entrer au conservatoire. C’est uniquement « à l’oreille », sans formation, qu’il joue, et il a envie de continuer à jouir de cette liberté.

C’est cette même liberté, et, on pourrait dire, cette même légèreté, qui va le pousser dans le monde du cyclisme, comme le révélait en 2015 le coureur Julien Gonnet, son ancien condisciple dans l’équipe armée de Terre, à notre confrère Le Télégramme : « C’était un gamin qui faisait du vélo plaisir. Même quand il prenait des éclats, il rigolait. Je me souviens aussi d’une anecdote. Il ne faisait pas trop attention à son alimentation et, une fois, alors qu’il avait dîné (mais je sais qu’on mange tôt au régiment…), je l’ai surpris dans sa chambre sur le point d’ingurgiter une tartine de Nutella. Elle n’a pas eu le temps de descendre dans son estomac. Je la lui ai enlevée de la bouche ! »

Du plaisir, certes, mais aussi énormément de travail, depuis ses 8 ans, âge auquel il a commencé le vélo. C’est avec son cousin Franck, ancien coureur devenu formateur, qui partage une même passion de la course, que Julian s’entraîne encore aujourd’hui. C’est lui qu’il a voulu remercier l’an dernier, quand il a remporté sa première victoire sur le Tour. « J’ai le double de son âge, 52 ans, mais on a une relation fusionnelle, a récemment expliqué son cousin au Parisien. Notre famille n’est pas très vélo, et Julian n’avait que moi pour en discuter, ça a rendu notre lien plus fort. »

Fort, très fort même, d’une force nourrie d’un travail acharné. Julian répète souvent que le travail lui apporte la confiance. Mais son moral aussi est en béton. En 2010, une blessure au genou fait dire aux médecins qu’il devra renoncer à sa passion… Mais Julian va se surpasser. Et triompher de ses blessures. C’est encore son moral d’acier qui le porte quand il pense qu’il ne va pas y arriver. Pour ça, il a ses trucs ! « Si le col fait dix bornes et qu’il y a un kilomètre ou deux moins durs, je me dis qu’il n’en fait que huit. Je fais un kilomètre et dans ma tête il en reste sept, et ainsi de suite… », a-t-il expliqué à Vélo magazine.


Qu’est-ce qui donne de telles ailes à Julian ? Un amour fou pour les siens, en particulier pour son père, victime de deux infarctus en 2018. Sans doute faut-il penser à lui quand le cycliste déclarait à L’Équipe, en évoquant sa victoire à Milan-San Remo en mars : « C’est tellement de travail, de sacrifices, qu’en passant la ligne tout ce que j’avais accumulé a explosé en moi. Mon esprit est au-dessus de mon corps. Rien ne peut me faire plus mal que ce que j’ai vécu dans ma vie personnelle. »

C’est sûrement en grande partie pour son père que Julian avale les kilomètres, oubliant la souffrance qu’il ressent dans son corps. « Je ne vois pas le jour. Pour la vie perso, être tout le temps parti, c’est dur de suivre le rythme, mais je ne le subis pas, je suis heureux de vivre tout ça… À peine vidée la valise, il faut la refaire ; du coup, la valise, je la laisse ouverte »… 

Comme il laisse ouvert son cœur, sensible, le guider. Ce qu’il aime, avant tout, c’est de « voir les gens heureux ». Son père, son cousin, et tous ces anonymes qui le félicitent et l’ovationnent depuis le début du Tour. Oui, aujourd’hui, Julian Alaphilippe a de quoi être fier.

Laurence PARIS

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