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Julie Depardieu : Dévorée par la culpabilité !

Publié le 25 février 2021

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Douze ans après la mort de son frère Guillaume, l'actrice Julie Depardieu révèle pour la première fois ce terrible souvenir qui la hante…

En 2008, Guillaume Depardieu s'éteignait à l'âge de 37 ans. Hypersensible, le fils de Gérard Depardieu s'était illustré dans plusieurs films, comme Tous les matins du monde, Les Apprentis – qui lui avait valu le César du meilleur espoir en 1996 –, ou encore Versailles. La mort, il n'avait jamais cessé de jouer avec elle. Tout gamin déjà, il s'adonnait en cachette au jeu du foulard afin de tester ses limites. À l'adolescence, il plonge dans l'héroïne. Pour s'acheter ses doses, il se prostitue, trafique aussi. Cette dangereuse addiction le conduira en prison. Dépressif et suicidaire, il fera des séjours en hôpital psychiatrique. Le soir, il s'amuse à défier la grande faucheuse en grillant tous les feux rouges sur son passage. À l'arrière du véhicule, ses copains n'en mènent pas large…


En 1995, il est victime d'un accident de moto. Une valise tombée du toit d'une voiture le percute à pleine vitesse. Souffrant d'une grave blessure au genou, il est hospitalisé pendant un an à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches. Et huit ans plus tard, en 2003, malgré sept interventions chirurgicales, l'acteur doit être amputé de la jambe droite. En dépit de ce calvaire, devenu entre-temps le papa d'une petite Louise, il est bien déterminé à se relever. Hélas, c'est en Roumanie, sur le tournage du film L'Enfance d'Icare d'Alex Iordachescu, que la mort va le cueillir pour de bon. L'acteur a contracté une pneumonie, aggravée d'un staphylocoque doré. D'abord hospitalisé à Bucarest, le frère de Julie Depardieu est rapatrié d'urgence en France, à l'hôpital de Garches. Il y décède trois jours plus tard, le 13 octobre 2008 et sera inhumé au cimetière de Bougival, non loin de la maison où réside Julie aujourd'hui.

Douze ans après, la comédienne de 47 ans ne semble pas avoir oublié cette tragédie. « D'ailleurs, je rêve souvent de mon frère, je le sens davantage présent que lorsqu'il était vivant, raconte Julie dans Paris Match. À sa mort, j'ai perdu ma moitié. »

D'ordinaire très pudique, l'actrice s'est confiée comme jamais dans cette longue interview, révélant la souffrance insurmon-table qu'elle a ressentie à la disparition de Guillaume, de deux ans son aîné. « Je n'avais plus envie de vivre, ma peine était immense, a-t-elle confié avec beaucoup d'émotion. Maintenant, je suis convaincue qu'il est mieux quelque part qu'ici-bas. Cela me rassure. La mort n'est pas si dégueulasse. »

En 2013, pour lui rendre hommage, elle s'était occupée de la sortie de l'album posthume de son frère. Celui-ci avait décidé de l'appeler Post Mortem et en avait enregistré une maquette dans un studio de Gif-sur-Yvette, dans l'Essonne, un an avant sa mort. En pleine promotion de cet opus déchirant, Julie expliquait ressentir une « grosse culpabilité » depuis le décès de l'acteur d'Aime ton père, comme elle l'avait révélé au journal Le Monde : « Avant de mourir, il m'appelait depuis la Roumanie en tournage, il m'appelait, et il était comme un animal, comme un animal qui devait sentir. C'était violent. Il y a un moment où je ne lui ai pas répondu au téléphone. J'en ai une grosse culpabilité. Sur mon portable, il n'y avait pas marqué “Guillaume”, il y avait marqué “Frère” ». Je marque “Frère”, “Père”, “Mère”. Je n'ai pas répondu. »

Julie traverse alors une phase délicate. Totalement investie dans un projet qui la dépasse, elle est en pleine crise existentielle. « Énervée contre tout », elle n'a pas encore rencontré l'homme de sa vie Philippe Katerine. Elle se cherche, mais a trouvé dans la musique classique un refuge qui va servir de thérapie. « À l'époque je montais un opéra, j'étais dans un état ! Je pleurais sous les gradins tout le temps. Je suis assez hystéro. Donc quand “Frère” m'appelait, je ne pouvais pas répondre… Des fois, je décrochais, on s'engueulait… » dit-elle.

Pour Julie, impossible depuis d'oublier car, alors que son téléphone sonne dans le vide, Guillaume se meurt. Elle ne le saura qu'après et s'en voudra atrocement de ne pas avoir répondu. Peut-être aurait-elle pu le sauver en lui donnant la force de lutter ? « Rétrospectivement, c'est dur. À l'époque, il était en pleine agonie. Par moments, il cra- chait du sang, et personne ne le savait… »

Un an plus tard, en 2009, Julie ren- contre son âme sœur, le chanteur Philippe Katerine, qui lui donnera deux beaux enfants, Billy et Alfred. Auprès de lui, Julie a réussi à se construire son petit monde bien à elle malgré toutes les épreuves qu'elle a traversées. Dans une série de France 3, Alexandra Ehle, loin de ses habituels rôles de fille déjantée, elle incarne un médecin légiste, preuve qu'elle a sacrément mûri. Rayonnante, positive et altruiste, elle a fait de sa famille sa priorité.

Et lorsque Gérard, son père, visite la mai- sonnée où résonnent des airs de Chopin ou de Mozart, elle exulte. Grand-père attentif envers Billy et d'Alfred, l'ogre du cinéma français retombe alors en enfance sous l'œil attendri de sa fille. « Il adore les provoquer, leur balancer des bêtises. On croirait qu'il a 5 ans ! » s'amuse-t-elle dans Paris Match.

Dans son havre de paix de Bougival, ville chérie des Impressionnistes, Julie sourit à la vie, même si, au plus profond de son être, elle sait devoir sans doute batailler encore longtemps contre la culpabilité…

Valérie EDMOND

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