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Julie Depardieu : “Gérard, dans cinq ans, il est plus là !”

Publié le 6 décembre 2013

Cinq ans après la disparition de son frère Guillaume, la comédienne a ouvert son cœur, et prévu la fin prochaine de son  père.

Elle l’aime, le déteste, ne veut pas lui ressembler, mais sait qu’elle lui ressemble… Julie Depardieu, fille d’un monstre sacré, a beau s’être fait refaire le nez cinq fois, car elle ne voulait pas « avoir ce nez-là, qui ressemblait trop à celui d’un membre de [sa] famille », elle semble depuis toujours déchirée par les sentiments violents et contraires qu’elle éprouve pour son père. Et si, quand elle parle de lui, elle l’appelle simplement « Gérard », et non « papa », c’est peut-être pour tenter de mettre un peu plus de distance entre eux, et ainsi, parvenir à vivre.

« Gérard, il est très sympa, mais tu ne peux pas exister beaucoup à côté de lui », vient-elle en effet de confier à notre confrère Le Monde, dans une longue interview. Mais même si le chemin pour se construire a été long et douloureux pour Julie, il semble que, jamais la comédienne, qui a aujourd’hui 40 ans, ne pourra trancher sur la nature de ce qu’elle ressent vraiment pour son géniteur. De l’amour, elle en éprouve sans doute autant que du ressentiment, mais ces deux sentiments coexistent dans son cœur, ne se séparant jamais vraiment.

Aussi, quand elle l’évoque, les choses sont compliquées. Du coup, Julie fait tout son possible pour paraître détachée quand elle parle de lui. Mais on devine bien, derrière ses mots, l’angoisse d’une petite fille qui ne redoute qu’une chose : la mort de son papa. Quand le journaliste du Monde lui demande « Votre père, il vieillit bien, lui ? », elle répond : « Il ne vieillira pas tant que ça. Tu verras. Soixante-cinq balais, c’est pas vieux. Et quand tu sais ce qu’il fait, il durera pas, je te le dis. Dans cinq ans, il est plus là. C’est lui le prochain, je le sais. »

Fatalité

Le prochain… sur la liste des disparitions familiales, après celle, si tragique de Guillaume, le 13 octobre 2008. Julie se retrouve ainsi au centre de deuils douloureux : il y a cinq ans, son frère adoré. Dans cinq ans, peut-être son père… Mais on le sait bien, quand on veut se protéger contre la fatalité, on la défie. En déclarant dans la presse que son père risque de s’éteindre bientôt, la jeune femme espère sans doute faire passer un message à la mort : « Je suis plus forte que toi ! Je sais que tu peux venir prendre mon père, mais comme je le sais, cela n’arrivera pas », semble-t-elle dire.

Cependant, il est vrai que, depuis des années, le comédien joue avec le feu en ce qui concerne sa santé. Il est connu pour ses excès, et va même jusqu’à les revendiquer ! « Je crois que je corresponds à une image que les Français aiment, celle de quelqu’un de rebelle, qui bouscule les choses, qui est parfois ivre », confiait-il, en juin dernier, au Nouvel observateur. Et, malheureusement, boire sans aucune modération, quand on a été opéré d’un quintuple pontage, alors même que l’on a subi une greffe du foie, ce n’est pas ce que la médecine, ni surtout la raison, recommandent !

Les proches de Depardieu sont évidemment inquiets du rythme frénétique de l’acteur. Pourtant, loin de ces préoccupations, le principal intéressé semble s’être accoutumé à l’idée de disparaître : « Quoi que je fasse dans ma vie, quels que soient les événements qui surviennent, il y a toujours quelque chose qui me fait penser à la disparition, à ce mystère de la mort. Mais ce mystère ne me fait pas peur », confiait-il en effet dans "Vivant !", un livre d’entretiens avec Laurent Neumann, paru chez Plon en 2004.

Bien sûr, Julie doit connaître ces déclarations de son père. Mais comment cela pourrait-il la consoler de la prochaine disparition de cet homme ? Gageons que, quand le moment sera venu, le plus tard possible, elle saura trouver auprès de sa mère, Élisabeth, et de ses deux enfants, Billy, 2 ans et demi, et Alfred, 1 an, le soutien et le réconfort dont elle aura besoin…

Propos recueilli par Laurence Paris

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