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Julien Clerc : Déchiré pendant sa petite enfance !

Publié le 4 octobre 2013

Il avait à peine 2 ans quand ses parents ont décidé de se séparer. Un divorce long et douloureux pendant lequel le petit garçon qu'est Julien Clerc a été baladé entre les deux.Il avait à peine 2 ans quand ses parents ont décidé de se séparer. Un divorce long et douloureux pendant lequel le petit garçon qu'est Julien Clerc a été baladé entre les deux.

Rien ne se voit sur son visage, qui semble traverser les années sans que le temps y laisse de traces. Pourtant, des blessures, Julien Clerc en a connues ! Et s'il a pris l'habitude d'exprimer ses sentiments par ses musiques, aujourd'hui paraît un livre, Julien, chez Calmann-Lévy, dans lequel il s'est confié à Sophie Delassein, qui révèle un pan bouleversant de son histoire.

Un ouvrage qui met au jour, d'une façon violente, ces quelques mots qu'il chante dans Double enfance : « Avant les autres j'aurais su / Que le seul sentiment qui dure / C'est le chagrin d'une rupture. » La rupture en question, c'est celle de ses parents, Évelyne Merlot et Paul Leclerc, alors qu'il n'a pas 2 ans. C'est aussi l'histoire d'une bataille, celle que Paul va mener pour avoir le droit d'élever son fils unique...

->Voir aussi - Julien Clerc : Une femme surgie du passé !

Julien est l'enfant d'une jeune Antillaise « volage », comme il le dit lui-même, et d'un père austère, qui a dix ans de plus que sa femme. Elle n'a que 20 ans, quand, quelques mois après son mariage, elle décide de s'enfuir avec un Anglais de son âge... Le divorce est alors la seule issue envisageable.

Comme on le découvre dans ce livre, Paul Leclerc tient une sorte de journal dans lequel il consigne tous les événements liés à cette séparation. Ce document, le chanteur l'a découvert très tard, et n'a pas eu la force de le lire jusqu'au bout. C'est dire si les blessures de l'enfance ne cicatrisent pas facilement ! On y découvre que lorsque des différends importants sont survenus entre les époux, le père de Julien « a vraiment tout essayé pour ramener sa femme à lui ». Mais, face à son échec, il doit accepter le divorce, que son épouse a déjà mis en marche de son côté.

On apprend aussi que si Évelyne a quitté le domicile conjugal, à Vienne (Autriche), pour l'Angleterre, sans se soucier de son fils, ni donner de nouvelles pendant plusieurs semaines, elle décide de reprendre la vie commune sur un coup de tête. Paul accepte « pour l'enfant », écrit-il, et aussi pour tenter de la sortir de la mauvaise influence, pense-t-il, que sa famille exerce sur elle.

Hélas, après quelques mois, il constate : « La vie conjugale s'avère impossible. » Le 6 avril 1949, il note dans son carnet : « Jugement de divorce qui me confie la garde de l'enfant [...] sa mère ne manifestant que peu d'intérêt à son égard. » Malgré cette décision de justice qui semble signer la fin des hostilités, le petit garçon n'est pas au bout de ses peines. Son père, revenu vivre à Paris, se retrouve sans logement et dans l'incapacité de s'occuper de lui ! Pour le bien de son fils, il accepte alors de confier à nouveau Julien à son ex-femme.

Mamans

Mais, une nouvelle fois, la guerre va naître de cette tentative d'arrangement. Évelyne, au lieu de s'occuper de son enfant, le confie à une amie, et refuse à son mari son droit de visite ! Ce père éploré est à bout, et il connaîtra encore bien des épreuves avant de pouvoir élever son fils. Un parcours du combattant, qui durera une année entière !

Enfin, après des mois de bataille, Paul parvient à ses fins. Sans doute pense-t-il alors pouvoir souffler. Mais ce père modèle s'est tellement donné, a tant souffert, qu'après coup, il sera victime d'un infarctus, qui lui laissera le visage en partie paralysé... Le temps de la douceur viendra enfin, avec Ghislaine, qu'il épouse en octobre 1949.

« Elle s'occupe elle-même de l'enfant et lui prodigue une sincère affection », note-t-il. La paix après ces mois d'allers-retours insensés auxquels son petit de 2 ans ne devait rien comprendre. Mais comment Julien aurait-il pu saisir les raisons pour lesquelles il vivait la semaine avec son père et sa nouvelle femme - qui auront cinq enfants - et le week-end, avec sa mère ?

C'est peut-être pourquoi, très jeune, à 6 ans, Julien Clerc se met au piano, encouragé par sa belle-mère qu'il appelle aussi « maman ». Un piano qu'il ne lâchera plus, qui sera un peu comme son journal intime, de la même façon que son père adoré écrivait les événements tristes de sa vie pour arriver à se tenir debout.

Laurence Paris

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