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Julien Lepers : Face au suicide !

Publié le 10 septembre 2018

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Désemparé devant tant de douleur, Julien Lepers a laissé un émouvant message.

Pendant des années, il a posé des questions aux candidats qui se succédaient sur son plateau.

Mais en ce vendredi 3 août, c’est bien Julien Lepers qui s’est interrogé, non pas sur la date de naissance de Louis XIV ni sur le nom du personnage principal de la pièce L’avare, de Molière.

Non, c’est la réponse à un mystère bien plus essentiel, nous concernant tous, que tentait de trouver l’ancien animateur de France 3.

« Memento mori » (« Souviens-toi que tu vas mourir »), cette formule chrétienne médiévale, exprimant la vanité de la vie terrestre, lui est peut-être venue à l’esprit en ces instants empreints d’une extrême gravité, sur lesquels l’homme de télévision a tenu à revenir pour partager sa tristesse et ses doutes avec tous ceux qui le suivent sur son compte Instagram.


Il faut avouer que l’événement qu’il venait d’apprendre, et dont il aurait pu être le témoin, avait de quoi le secouer.

La nouvelle était en elle-même propice à susciter l’introspection.

Un inconnu avait été percuté par un train, sur la commune de La Garde, non loin de Toulon. Il s’agissait d’un TGV en provenance de Paris, à destination de Nice.

Vanité

Froids, dénués du moindre soupçon d’empathie envers la victime anéantie lorsque le monstre de métal lancé à pleine vitesse l’a heurtée de plein fouet, ces quelques mots suffisaient pourtant à émouvoir tout être capable de se mettre à la place de ceux qui souffrent.

Et sans doute Julien Lepers est-il de ceux-là.

Cependant, dans le cas présent, cet accident, qui n’en est pas vraiment un, comme vous allez bientôt le découvrir, le touchait directement, ainsi qu’il s’en est expliqué : « Suicide hier soir sur la ligne TGV, j’étais dans ce train. C’est dans ces moments-là que l’on se rend compte que la vie est fragile et qu’il faut être à l’écoute des autres, toujours. Aimons-nous et protégeons-nous. »

Qu’est-ce qui avait bien pu pousser celui dont l’ancien animateur ignorera sans doute toujours l’identité, et sûrement le destin, à détester l’existence au point de vouloir l’abréger de manière aussi violente que sanglante ?

Se rendait-il compte que son suicide marquerait au fer rouge d’autres vies, celles des témoins qui ont aperçu son ombre se détachant juste avant qu’elle ne rejoigne son royaume ?

Une ombre qui assombrira peut-être à jamais leurs mémoires ?

Ces macabres énigmes, dont Julien sait d’avance qu’il ne pourra jamais les résoudre, l’auraient poussé, comme la plupart d’entre nous, à s’interroger sur son propre sort, à prendre conscience de la brièveté de son séjour terrestre et sur les conséquences qui découlent de ce constat.

Puisque, comme il est dit dans L’Ecclésiaste, nous sommes poussière et retournerons dans la poussière, pourquoi ne pas se vouloir du bien au lieu de se haïr avant que nos corps ne se transforment en cendres ? 

De tels propos peuvent certes paraître naïfs, et sans doute le sont-ils souvent.

Sauf lorsqu’une tragédie comme celle à laquelle vient d’assister Julien Lepers nous remet brutalement en mémoire leur pertinence oubliée.

Le suicide de cet anonyme semble avoir été pour lui une sorte de pense-bête, tout comme l’étaient les crânes peints par les artistes flamands dans leurs natures mortes, dont la symbolique était limpide pour les visiteurs d’alors :
« Riche, pauvre, beau, laid, c’est ainsi que tu finiras. Donc tu n’as pas à te vanter de tes succès pas plus qu’à te plaindre de tes échecs. À la fin, nous serons tous égaux. »

Quoi qu’il en soit, ce post de l’animateur de 68 ans tendrait à prouver qu’il a su prendre du recul.

Lui qui se disait « viré comme un malpropre » par France Télévisions en février 2016, après vingt-huit ans de bons et loyaux services sur le plateau de Questions pour un champion et qui demande 3,4 millions d’euros de dédommagements à la société de production qui l’employait pour l’émission (les Prud’hommes n’ont pas encore rendu leur verdict dans cette affaire), n’a peut-être pas encore appris le pardon des offenses.

Au moins saura-t-il désormais relativiser ses malheurs…

Claude LEBLANC

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