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Kad Merad : Marseillais d’adoption !

Publié le 17 avril 2016

Bien que né en Algérie et ayant grandi dans l’Essonne, le comédien et réalisateur Kad Merad sort son troisième film, “Marseille”, hymne à l’amour de cette ville du Sud où il vit désormais.

C’est un peu Bienvenue chez les Ch’tis, mais à l’envers… Car avec son troisième film en tant que réalisateur, sorti le 16 mars, Kad Merad joue le rôle d’un homme qui vit au Canada depuis plus de vingt ans et qui, apprenant que son père se meurt à Marseille, revient dans la ville où il est né.

Après avoir été postier dans le film de Dany Boon, et maire de Dunkerque dans la série de Canal + Baron noir, le comédien passe donc du Nord au Sud… Pourquoi ? Qu’est-ce que Kad a voulu faire en choisissant cette cité si critiquée, lui qui est né à Sidi Bel Abbès, en Algérie, et a grandi près de Saint-Étienne puis à Ris-Orangis ?

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Bien coiffés

La raison de ce choix est simple. Dans les années 90, il est tombé amoureux d’une femme. Une Marseillaise. Et quand, il y a onze ans, il s’y est installé, certains de ses proches se sont inquiétés pour lui. « Les gens m’ont dit : “Mais t’as pas peur d’habiter là-bas ?” » a-t-il confié au Parisien.

Eh bien non, Kad n’a pas eu peur. Et si, depuis, il s’est séparé de la mère de son fils, Khalil, né en 2004, son amour pour la cité phocéenne ne s’est pas démenti. Rien d’étonnant donc, qu’il ait eu envie de la montrer sous son plus beau jour. Pour cela, il a souhaité le soutien d’un Marseillais pur et dur, un artiste qui sait manier les mots, Patrick Bosso, coauteur du scénario.

En plus de l’amour qu’ils portent à leur ville, les deux hommes ont en commun d’être issus d’une classe moyenne, vivant dans des résidences modestes, entre les HLM des quartiers nord et les villas luxueuses du bord de mer. Des personnes qui n’intéressent pas grand monde.

« Ces gens-là nous touchent, a confié Patrick Bosso au site Allociné. On vient de ce milieu-là. En fait, c’est nos parents, c’est notre histoire. Quand on regarde le film, j’ai l’impression de voir mon père. »

Et c’est sans doute ce qui fait que cette œuvre touche le public. On rit, bien sûr. « Aujourd’hui, tout le monde roule sans casque, c’est-à-dire : ils veulent mourir, mais bien coiffés », dit le personnage de Bosso. Mais le film parle aussi de la famille, celle dans laquelle Kad a grandi.

Omar, son grand-père, garde forestier en Algérie, répétait souvent : « Tu peux, vas-y ! » Cette phrase, Kad l’a écoutée et faite sienne. Comme il porte en lui l’amour que ses parents lui ont donné, un amour qui lui a permis de devenir un adulte capable d’aimer à son tour !

Son frère, Reda, s’est lui aussi installé à Marseille en 2008, après avoir été un acteur des nuits parisiennes. Il a monté un restaurant avec Kad, Le perroquet bleu. Un endroit dont le comédien et metteur en scène rêve de faire un café-théâtre ! Et sa sœur Mina vient aussi de s’installer près des siens…

Du coup, on comprend mieux les liens profonds qui attachent Kad à cette ville, sa volonté de lutter pour que ce projet puisse exister. C’est cette histoire intime et puissante qu’il nous livre dans Marseille.

Pour nous la raconter, Kad Merad est allé puiser en lui ce qu’il y a de plus vrai, de plus sensible. Loin des clichés sur le banditisme, le racisme et la haine de l’autre, on dirait que ce long-métrage n’a pas été filmé avec des caméras, mais avec des cœurs qui battent…

Laurence Paris

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