France Dimanche > Actualités > Karine Le Marchand : C’est un vrai chef de clan !

Actualités

Karine Le Marchand : C’est un vrai chef de clan !

Publié le 21 mars 2018

Très jeune, Karine Le Marchand s’est occupée des siens.

Même si, lorsqu’on la croise dans la rue, ce n’est pas ce qui attire le plus l’œil de prime abord, ses oreilles sont la partie la plus remarquable de son anatomie.

C’est en tout cas grâce à elles que Karine Le Marchand a bâti sa réussite sur le petit écran. Depuis huit ans déjà, elle confesse les agriculteurs en quête de partenaires dans L’amour est dans le pré sur M6.

Pendant la campagne présidentielle, l’an dernier, toujours sur la même chaîne, ce sont les candidats, de Nicolas Sarkozy à Jean-Luc Mélenchon, en passant par Marine Le Pen, qui lui ont confié leurs secrets dans Une ambition intime. Un concept que la patronne de Potiche Prod (un nom témoignant de son sens de l’humour) a décidé de décliner depuis février dernier avec des personnalités du show-biz, Franck Dubosc ayant été son premier invité.


En 2020, si tout va bien, elle soutiendra dans leur combat les jeunes femmes atteintes d’obésité. Le point commun entre ces programmes ? Ce sont les fameuses oreilles de Karine (les musiciens parleraient même dans son cas d’oreille absolue) qui incitent célébrités et anonymes à lui ouvrir leur âme, un peu comme un patient sur le canapé d’un psychanalyste.

« Ma principale qualité, c’est sans doute l’écoute », reconnaît-elle du reste dans Le Parisien Week-End.

Protéger

Une qualité que l’animatrice a dû développer très jeune, au cours d’une enfance agitée, qui commence par un abandon.

Car Karine Mfayokurera, son vrai nom, n’a qu’un an et demi quand son père, ancien directeur de la télévision nationale du Burundi, met les voiles pour ne plus revenir. Et, dès qu’elle peut mettre un pied devant l’autre, la fillette décide de devenir chef de clan pour protéger sa mère trop fragile et sa sœur Agnès.

Pour l’aider dans cette mission presque impossible, la gamine peut s’appuyer sur sa grand-mère, Mamie Germaine, dont elle conserve aujourd’hui encore une photo dans son agenda.

« C’était une femme extravertie, chiante, je l’adorais, raconte-t-elle, toujours dans Le Parisien Week-End. C’était mon modèle. »

Comme image du père idéal, la petite se choisit Lino Ventura, le genre patriarche bourru au grand cœur, prêt à tout pour défendre les siens avec un bon mot ou une bonne droite.Grandir à Nancy n’est pas facile pour cette beauté métisse aussi élancée qu’un mannequin.

« Dans cette région de blonds aux yeux bleus, j’avais le choix, se souvient-elle. Soit je baissais la tête, soit je me faisais encore plus remarquer. J’ai choisi la deuxième option. »

Ses copains de l’époque, pour la plupart issus du conservatoire de musique local où Karine s’initiait à la harpe et à la flûte, se rappellent d’elle comme d’un vrai garçon manqué, pas du tout fashion victime, et ayant déjà un goût prononcé pour les vannes en dessous de la ceinture.

Mais Nancy lui semble très vite trop petite, et l’adolescente, alors âgée de 17 ans, veut « monter à la capitale » pour son année de terminale. La provinciale arrive accompagnée de son petit ami de l’époque. Entre deux cours au lycée, elle accompagne son homme qui doit passer un casting dans la prestigieuse agence de mannequin Elite.

En fin de compte, il sera recalé et elle, embauchée. « Je devais gérer mon couple, l’agence et la terminale, c’était trop », explique-t-elle. Résultat, elle renonce à passer son bac trois mois avant les épreuves. Un choix que sa famille accepte mal, ce d’autant plus que sa sœur entame alors des études d’ingénieur. Sa carrière de top mis au service des créateurs ne durera pas très longtemps. Et une fois descendue des podiums, Karine enchaîne les boulots précaires, vendeuse, hôtesse d’accueil.

Très complexée, elle alterne les phases d’anorexie et de boulimie. Une spirale infernale dont il est presque impossible de sortir.

Ce sont ses amis homosexuels qui vont l’aider à se métamorphoser : « Ils m’ont appris à être belle et sexy. » Perché sur des talons aiguilles, les cheveux longs, la voilà transformée en « vraie fille », qui n’a pas oublié ses rêves musicaux et court les castings. Sans le moindre succès…

En revanche, Karine la pugnace entre par la petite porte dans l’univers des médias, en commençant par enregistrer des spots de pub sur RTL et RMC. Mais comme la jeune femme a plus un physique de télé que de radio, c’est sur France 3 Paris, en 1995, qu’elle se fait remarquer devant les caméras de l’émission Midi Pile.

Dans les années qui suivent, cette bosseuse se démène pour faire son trou dans un univers ultra-concurrentiel : « En janvier, j’allais à France 3 une fois par semaine », précise-t-elle dans le magazine du Parisien. «En juin, j’étais là tous les jours. Et en septembre, je suis devenue coanimatrice. »

Cette assiduité finit par payer lorsqu’en 2004, Karine remplace Maïtena Biraben aux commandes de l’émission Les maternelles, sur France 5.

Drôle

La suite est plus connue. C’est l’histoire de l’irrésistible ascension d’une femme qui aime blaguer, comme en atteste sa présence régulière à l’émission Les grosses têtes depuis 2014, sur les ondes de RTL, mais qui sait ce qu’elle veut, quitte à en froisser certains, comme l’explique Patricia Rimons des Anges, sa collaboratrice depuis quinze ans : « C’est une fille très drôle, qui a le contact facile. Mais dès lors qu’on se met à bosser, il faut que tout soit carré. »

Maniaque du contrôle, elle refusera toujours d’être prise en photo si sa coiffure et son maquillage ne sont pas parfaits, et s’astreint à un régime alimentaire rigoureux associant poulet, salades et graines, sans parler ses séances de sport quotidiennes.

Résultat, elle est très loin de faire ses 49 ans. Son caractère lui vaut cependant la rancune tenace de machos qui supportent mal d’être commandés par une femme de caractère.

Et si certains la dépeignent comme une fille capricieuse et insupportable, Virginie Matéo, productrice de L’amour est dans le pré, qui la pratique depuis longtemps, tient à préciser : « La seule chose vraie, c’est que Karine fait en sorte de rentrer à Paris dès qu’elle le peut. Pour une simple et bonne raison, elle veut voir sa fille de 15 ans, Alya. » Le père de l’enfant a disparu du paysage familial. Tout comme celui de Karine qui doit, plus que jamais, jouer le rôle de chef de clan. Un emploi qui lui va à ravir…

Claude LEBLANC

À découvrir