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Ketlyn de The Voice : “Sans la musique je ne m’en serais pas sortie !”

Publié le 5 février 2015

  Un mari violent qui l’oblige à fuir loin du domicile conjugal, un fils tétraplégique. Si la vétérante du concours de The Voice, Ketlyn n’a pas eu la vie facile, sa passion pour la chanson l’a �sauvée…Un mari violent qui l’oblige à fuir loin du domicile conjugal, un fils tétraplégique. Si la vétérante du concours de The Voice, Ketlyn n’a pas eu la vie facile, sa passion pour la chanson l’a �sauvée…

Si, dans le Var, la doyenne de cette quatrième saison de The Voice a déjà fait l’objet d’articles dans les journaux locaux, son passage dans l’émission de TF1 a toutes les chances de la propulser au sommet de la gloire ! C’est du moins tout ce qu’on lui souhaite… En attendant, Ketlyn, 56 ans, maman de trois enfants, âgés de 38, 35 et 34 ans, et grand-mère de deux petits-enfants, nous a accordé sa toute première interview…

France Dimanche (F.D.) : Vous avez déjà une certaine notoriété dans votre région…

Ketlyn (K.) : Je suis loin d’être médiatisée, mais à force de me produire dans un endroit aussi touristique que Six-Fours-les-Plages, à côté de La Seyne-sur-Mer, je commence être connue de gens venus de partout en France !

F.D. : D’où vous vient cette passion pour la chanson ?

K. : Mon père était saxophoniste dans une fanfare à Tourcoing, là où je suis née et où j’ai grandi. Je me souviens notamment que ma mère m’emmenait l’écouter jouer avec son orchestre. À la maison, je passais aussi beaucoup de temps au piano. Mais comme mes parents n’avaient pas les moyens de me payer des cours, j’ai appris toute seule. À l’âge de 14 ans, j’ai puisé dans mes maigres économies pour m’acheter ma première guitare, et j’ai commencé à improviser. En fait, je suis une véritable autodidacte. Quand j’y pense, je n’en reviens toujours pas d’avoir sorti trois disques autoproduits sans même savoir lire la musique. J’ai en outre la chance de pouvoir naturellement chanter sur six octaves et demie. Grâce à cette capacité vocale, je suis en mesure d’interpréter des airs d’opéra. Je reprends ainsi des classiques que je retravaille à ma façon, avec une couleur un peu plus moderne. J’ai un succès monstre avec ça. Je suis très fière d’arriver à faire apprécier la musique classique de cette façon.

F.D. : Quels chanteurs vous inspirent ?

K. : Je suis évidemment une grande fan de Barbara Hendricks, Montserrat Caballé ou la Callas. Mais j’aime aussi le jazz, le blues ou encore la variété française. Adolescente, j’écoutais en boucle Véronique Sanson. En fait, je voulais faire comme elle : composer et jouer mes propres chansons. La musique classique, qu’écoutait beaucoup ma maman, est venue plus tard. Curieusement, ce n’est qu’à 30 ans que j’ai découvert que je pouvais chanter du lyrique.

F.D. : Quelles ont été vos premières scènes ?

K. : J’ai commencé par des concours de chant en tant qu’auteur-compositeur, et je finissais toujours dans les dix premières. La difficulté, c’est que j’étais très timide. Mais je voulais tellement réussir que ce problème a peu à peu disparu. J’ai ainsi appris à contrôler mes émotions devant un public. Et finalement j’adore ça !

F.D. : Parvenez-vous à en vivre aujourd’hui ?

K. : Malheureusement, non. Pas encore. J’ai beaucoup chanté gratuitement, pour le plaisir. J’ai donc toujours travaillé à côté. J’ai été fonctionnaire jusqu’en 2002, l’année de l’accident grave de mon fils Jérémy. Il avait à peine 17 ans à l’époque. En plongeant du haut d’un rocher dans un lac avec des copains, il s’est cassé une vertèbre. En fait, il a commencé par se noyer et a été récupéré de justesse. Il est aujourd’hui tétraplégique. Après son accident, j’ai été en arrêt maladie, puis, ne pouvant tout gérer en même temps, je me suis mise en disponibilité. J’avais 44 ans et l’envie de commencer une nouvelle vie. Je suis donc entrée au Conservatoire. Mais je n’ai pas pu y rester longtemps à cause de mon âge. J’ai néanmoins réussi à monter un dossier d’intermittente du spectacle et je me suis produite dans des petites salles. Ma notoriété a grandi grâce au bouche à oreille. Ça commençait à marcher, au point de pouvoir en vivre, jusqu’à ce que ma fille ait à son tour des ennuis de santé. C’était il y a quatre ans. Ç’a été une nouvelle épreuve très dure à surmonter. Aujourd’hui, les choses semblent s’arranger pour tout le monde. Ma fille remonte la pente et mon fils est l’heureux papa, malgré son handicap, d’un enfant de 5 ans. C’est extraordinaire ! Et quant à moi, je suis ravie de tenter l’aventure de The Voice après tant d’années de galère…

Voice logoF.D. : Pensez-vous que le fait d’être la doyenne de la saison puisse être un inconvénient ?

K. : Ça m’étonnerait. Je suis peut-être la doyenne, mais dans ma tête, je n’ai pas d’âge ! Même si j’ai un petit-fils de 20 ans et une petite-fille de 5 ans, je ne me sens pas grand-mère.

F.D. : Quels sont vos rêves ?

K. : Je souhaiterais évidemment que le télé-crochet me permette d’être repérée par une maison de disques. Mais j’aimerais aussi écrire un livre pour raconter mon parcours. Car je ne vous ai pas tout dit : en plus de l’accident de mon fils, j’ai été escroquée par un agent d’artistes malhonnête qui me doit 20 000 euros. J’ai aussi dû quitter le père de mes enfants qui était très violent avec moi. Je me suis enfuie, sous la protection de la police, à l’autre bout de la France avec mes trois enfants sous le bras. À cause de tous ces ennuis, j’ai eu un ulcère perforé de l’estomac dont on m’a opérée. Bref, comme vous pouvez le constater, mon histoire est un peu compliquée ! Sans la musique, je ne sais pas comment je m’en serais sortie…

Philippe Callewaert

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