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Kev Adams : Derrière les sourires,
 que de souffrances !

Publié le 4 janvier 2018

Le jeune humoriste, Kev Adams, à qui tout semble réussir est en proie à une terrible solitude …

Il n’a que 26 ans, mais va bientôt fêter ses dix ans de carrière ! Kev Adams, dont l’humour était au départ plutôt destiné aux jeunes gens (la série télé qui l’a fait connaître s’appelait Soda, qui est « ados » écrit à l’envers), est en train de devenir l’un des comiques préférés des Français.

Tous âges confondus ! Son deuxième spectacle, Voilà voilà, a été un succès phénoménal. Et sa récente apparition sur C8, le 19 décembre, Le fan devenu phénomène, un documentaire au cours duquel il est interviewé par Laurent Boyer, a réuni 419 000 téléspectateurs !

Il faut dire que le jeune homme fait mouche, comme dans ce sketch où il considère l’ensemble de son existence : « La vie ça fait peur quand même, ça passe trop vite : au début, on t’appelle Gamin, après on t’appelle Jeune homme, après on t’appelle Monsieur, après on t’appelle Papa, après on t’appelle Papy… Après, on t’appelle une ambulance, direct ! »

Grand timide

Comme on peut le comprendre ici, à l’instar de tous les grands artistes, Kev va chercher dans ses angoisses les plus profondes ce qui peut faire rire ses contemporains. Et ça marche. Mais au prix d’une acuité et d’une attention de chaque instant qui peut être douloureuse !

En effet, Kev s’est bien rendu compte que le temps qui passe est un sujet avec lequel il peut capter l’attention de son public. Mais il s’est aussi aperçu que ce thème le touche, au point de le faire souffrir. « Dans mon premier spectacle, je voyais les parents déposer les enfants et venir les chercher. Et, soudainement, dans le second spectacle, je parle du divorce, de moi en tant que jeune homme, de moi qui grandis, et je vois les parents qui rentrent dans les salles avec les enfants… Et je me dis : “Il y a quelque chose qui a changé”… »

Bien sûr que beaucoup de choses ont changé depuis ses débuts. Tout d’abord, Kev a avoué qu’avec les filles, les choses n’avaient pas toujours été faciles. Il était bourré de complexes ! « Je ne suis pas quelqu’un qui a été en mode “Les meufs ça roule”. Pas du tout, a-t-il encore confié à Laurent Boyer. J’ai galéré comme un ouf. J’ai fait tout ce qui est possible pour séduire les filles. Je crois que je suis un grand timide, du coup, mon approche, elle est souvent avec des vannes, elle est souvent maladroite.Je ne suis pas un bon séducteur. »

Mais c’est peut-être parce qu’il n’a pas cherché à séduire qu’il a conquis le cœur d’une des plus belles femmes du monde, la sublime Iris Mittenaere, Miss Univers en personne. Depuis l’été dernier, il a vécu avec elle une belle histoire d’amour, devenant l’un des hommes les plus enviés de la planète.

Si la jolie jeune femme a rendu sa couronne en novembre dernier, elle était plus que jamais la reine de son cœur. Une bonne raison de faire oublier à Kev ses complexes. Hélas, selon notre confrère Voici, il semblerait que les deux jeunes gens se soient séparés.

Quoi qu’il en soit, aussi fort que soit l’amour, il ne peut régler tous les problèmes. À commencer par la douloureuse question de la solitude. Car, avec son métier, le comédien est presque toujours ou bien sur les routes, ou bien en train de tourner. Il lui est donc difficile de passer beaucoup de temps avec une compagne.

Cette sensation de solitude est d’autant plus grande pour Kev, qu’il passe en quelques secondes des applaudissements d’une salle qui l’acclame, au vide de sa chambre d’hôtel. Alors que l’adrénaline est encore à son pic, il éprouve d’autant plus violemment cet isolement, et il en souffre…

Dans ces moments si particuliers, Kev perd le goût des choses. « Moi, il m’est arrivé de pleurer tout seul comme un enfant… », reconnaît-il dans le documentaire, parlant de ces instants où il vient de descendre de scène. Alors, il téléphone à ses amis qui, eux, s’amusent de leur côté et lui répondent : « On se voit en boîte demain, quand tu rentres à Paris… »

Larmes

Après avoir signé des autographes et avoir pris un bain de chaleur avec ses admirateurs qui l’attendent après le spectacle, c’est là qu’il se retrouve seul, face à une angoisse qu’il ne peut maîtriser. Alors, tentant le tout pour le tout, il appelle les membres de son équipe, les techniciens avec qui il travaille, espérant pouvoir partager avec eux un bon moment : « On va boire un verre ? », leur demande-t-il… à quoi l’équipe, exténuée après le show, lui répond : « Pas ce soir Kev, on est fatigués, on est morts, demain y a encore le spectacle, n’oublie pas demain, dimanche, 17 heures, tu joues plus tôt, va te coucher, c’est mieux ! »…« Tu es tout seul, tu n’arrives pas à dormir… et tu te dis bon, OK… C’est vrai que c’est un peu tristoune ces moments-là. »

Mais, avec une certaine philosophie, Kev admet que ce sentiment fait partie de la vie d’artiste. On aurait envie de lui dire qu’il fait partie de la vie tout court… Tout comme les larmes d’ailleurs, comme celles qu’il a versées il y a un an, quand il a inauguré sa statue de cire au musée Grévin. De voir ses petits frères qu’il emmenait auparavant dans cet endroit magique, à son côté ce jour-là, a fait monter en lui une émotion très forte…

Et c’est peut-être parce qu’il est capable d’éprouver ces émotions, et de le dire, que Kev Adams est tellement aimé. S’il est arrivé Tout là-haut, titre de son dernier film, réalisé par Serge Hazanavicius, sorti le 20 décembre, c’est parce que chez lui, les larmes ne sont jamais très loin des rires. Une qualité indispensable et rare, sans doute la marque de fabrique des grands artistes.

Laurence PARIS

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