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Kristina Rady : Son appel au secours avant son suicide !

Publié le 28 juin 2013

Avant de mettre fin à ses jours, l’ex-femme de Bertrand Cantat a laissé un bouleversant message sur le  répondeur de ses parents.

Certaines affaires restent à jamais des énigmes. On sait qu’on ne pourra jamais en savoir plus, que jamais elles ne seront élucidées. C’est ce que l’on craignait à propos des raisons profondes qui avaient conduit Kristina Rady, l’ex-femme de Bertrand Cantat, à se pendre, il y a trois ans. Certes, nous étions persuadés que la jeune femme avait été prise dans une spirale infernale, et qu’elle n’avait, hélas, pas trouvé d’autre façon de s’en sortir que de se suicider. Mais aujourd’hui, un livre éclaire, d’une lumière noire, ce terrible mystère. Un ouvrage auquel, à ce jour, Bertrand Cantat n’a pas souhaité réagir.

Stéphane Bouchet et Frédéric Vézard publient en effet un livre, Bertrand Cantat Marie Trintignant, l’amour à mort, aux éditions de l’Archipel, qui révèle que, en juillet 2009, six mois avant son suicide, Kristina avait lancé un véritable appel au secours à ses parents. Un appel de 7 minutes et 33 secondes qui ressemble à un cri, et que nous découvrons aujourd’hui dans son intégralité. C’est par un long message qu’elle a laissé sur le répondeur de ses parents, hélas absents, qu’elle livre sa détresse.

Honte

En larmes, la voix brisée, elle prononce ces mots terribles : « Ici, beaucoup de choses se sont passées et des pas bonnes, c’est pourquoi je ne savais vraiment plus quoi vous dire, et donc je ne vous appelais pas. » On comprend que, des semaines durant, Kristina a voulu taire à ses parents ce qui lui arrivait.

Depuis la libération du chanteur, en octobre 2007, elle est revenue vivre auprès de lui. Durant toute la période du procès, elle n’a cessé de le soutenir, allant jusqu’à s’installer à Vilnius pour pouvoir le protéger. Elle va le voir quatre fois par semaine, tente, vainement, de lui faire passer une guitare alors qu’il est derrière les barreaux, et parvient à lui donner un harmonica, afin qu’il puisse continuer à jouer de la musique. Personne n’a oublié qu’en 2004, elle avait fait plusieurs déclarations qui ont compté : « Bertrand n’a jamais levé la main sur quiconque. Je n’aurais jamais pu vivre avec un macho, un castagneur », disait-elle alors.

C’est Me Kiejman, le défenseur de Nadine Trintignant, qui traduira le mieux combien elle était essentielle à l’existence de Bertrand Cantat : « Elle est sans aucun doute son meilleur avocat », disait-il. Néanmoins, quand, en octobre 2007, le leader de Noir Désir revient à Bordeaux, en liberté conditionnelle, après avoir effectué quatre des huit années de prison auxquelles il a été condamné, Kristina a refait sa vie. Mais le chanteur va tout faire pour la récupérer ! Si la jeune femme décide de lui donner une deuxième chance, espérant sans doute sincèrement retrouver l’homme qu’elle avait aimé, elle va être très vite déçue.

C’est ce qu’elle semble avouer à ses parents dans le message qu’elle leur laisse : « Hélas, je n’ai pas grand-chose de bon à vous offrir, et pourtant il aurait semblé que quelque chose de très bon m’arrive, mais en l’espace de quelques secondes, Bertrand l’a empêché et l’a transformé en un vrai cauchemar qu’il appelle amour. Et j’en suis maintenant au point […] qu’hier j’ai failli y laisser une dent, tellement cette chose que je ne sais comment nommer ne va pas du tout (mot inaudible). Mon téléphone, mes lunettes, il m’a jeté quelque chose, de telle façon que mon coude est complètement tuméfié et malheureusement un cartilage s’est même cassé, mais ça n’a pas d’importance tant que je pourrai encore en parler. »

Dans cet aveu, terrifiant, que Kristina fait à ses parents, on sent toute la honte qu’elle ressent, toute la souffrance aussi, et déjà, on comprend qu’elle n’a plus la force d’espérer que la situation puisse s’améliorer. D’ailleurs, elle poursuit sa plainte ainsi : « Avec un peu de chance, si j’en ai la force et qu’il n’est pas trop tard, je déménagerai dans un autre pays et je disparaîtrai simplement. » Kristina explique aussi qu’elle envisage de fuir avec leur fille, Alice, née en 2002. Avant d’ajouter : « Déjà, à plusieurs reprises, j’ai échappé au pire. C’est intenable, les enfants n’en peuvent plus […] J’espère qu’on va pouvoir s’en sortir et que vous pourrez encore entendre ma voix, et sinon, alors, vous aurez au moins une preuve… »

Et, le 10 janvier 2010, à 41 ans, Kristina Rady mettait fin à ses jours. La mort, cette fois encore, a été plus forte que l’amour.

Propos recueilli par Laurence Paris

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