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L’héritage Hallyday : la déclaration du président qui change tout !

Publié le 13 mars 2018

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Alors que la famille de Johnny Hallyday se déchire autour de la succession, les propos du chef de l’État vont peut-être tout accélérer…

Ce 9 décembre 2017, ils étaient plus d’un million à l’accompagner dans son ultime voyage, et quinze fois plus à suivre l’événement retransmis en direct à la télévision.

Emmenée par quelque 700 bikers, la foule compacte, émue, encadrée par 1 500 policiers et gendarmes, a descendu les Champs-Élysées, fermés à la circulation pour l’occasion, jusqu’au parvis de l’église de la Madeleine.

Et c’est dans un émouvant silence que le président de la République Emmanuel Macron, au côté de son épouse Brigitte, lui a rendu ce long et vibrant hommage : « Johnny était à vous, Johnny était à son public, Johnny était au pays. Parce que Johnny était beaucoup plus qu’un chanteur, c’était la vie, la vie dans ce qu’elle a de souverain, d’éblouissant, de généreux, et c’était une part de nous-mêmes, c’était une part de la France. »

Ce jour-là, le clan Hallyday, Læticia, Nathalie Baye, Sylvie Vartan, les trois femmes avec qui le rocker avait fondé une famille, et ses quatre enfants, David, Laura, Jade et Joy, ont fait front, unis dans le chagrin, tristes et dignes…

Déshérités

Il n’aura hélas pas fallu trois mois pour que cette belle unité vole en éclats !


Au cœur de la guerre ouverte que livrent aujourd’hui Laura et David à leur belle-mère, Læticia, le testament que Johnny avait établi en juillet 2014 à Los Angeles, au terme duquel il lègue l’ensemble de son patrimoine et de ses droits d’artiste à sa seule épouse. « Je ne prends aucune disposition dans ce testament et dans aucun autre document à l’intention de mes enfants David Smet et Laura Smet, auxquels j’ai déjà fait des donations par le passé », précisait-il.

Est-ce vraiment le cas ? À en croire Sylvie Vartan, le rocker n’aurait rien légué à son fils.

Et si Laura reconnaît que son père lui a bien versé 400 000 euros pour acquérir son appartement situé à Saint-Germain-des-Prés, ainsi qu’une rente mensuelle de 5 000 euros, elle ne comprend pas, comme elle l’a fait savoir par l’intermédiaire de ses avocats, maîtres Ravanas, Sur et Témime, pourquoi « son père ne lui aurait rien laissé : ni bien matériel, ni prérogative sur son œuvre artistique, ni souvenir – pas une guitare, pas une moto, pas même la pochette signée de la chanson Laura qui lui est dédiée ». 

Choqués, blessés, la comédienne de 34 ans et son aîné ont donc entamé une procédure afin de faire annuler les dernières volontés de leur père.

Mais comment ? En effet, vivant une partie de l’année à Los Angeles, Johnny était résident américain depuis 2013 et pouvait, à ce titre, s’estimer soumis à la loi californienne, qui en ce qui concerne les dispositions testamentaires est bien différente de la législation française.

Tandis que chez nous, les textes prévoient une réserve héréditaire qui empêche les parents de spolier leurs enfants, aux États-Unis, chacun peut choisir en toute liberté son légataire universel : un membre de la famille, une association, et même son animal de compagnie…

Pour que la justice annule le testament, il faudrait donc parvenir à prouver que Johnny était plus français qu’américain. C’est ce sur quoi planchent les avocats de Laura et David, en attendant la première audience réunissant belle-mère et beaux-enfants, prévue le 15 mars au tribunal de grande instance de Nanterre.

Or il se pourrait que dans cette bataille juridique l’actuel président de la République ait un rôle à jouer en faveur des deux aînés du rocker.

Comment est-ce possible, alors qu’on pensait qu’Emmanuel Macron et son épouse Brigitte étaient proches de Læticia ? On se souvient en effet que c’est à eux, avant Laura et David, qu’elle avait annoncé le décès de son homme.

Pour comprendre cette affaire, il faut revenir au discours que le chef de l’État a prononcé lors de l’hommage populaire organisé, le 9 décembre dernier, en l’honneur de ce monument du rock et de la chanson française qu’était Johnny Hallyday.

Il a notamment dit : « Que ce jeune Belge décidant de prendre un nom de scène anglo-saxon soit allé chercher très loin le blues de l’âme noire américaine, le rock’n’roll de Nashville pour le faire aimer aux quatre coins du pays était hautement improbable. Et pourtant c’est un destin français […]. C’est pour cela que nous sommes ensemble aujourd’hui, c’est aussi pour cela que je m’exprime devant vous. Parce que nous sommes un peuple uni autour d’un de ses fils prodigues. »

Un « destin français », une « part de la France », un « fils prodigue de la nation »…

Pour Emmanuel Macron, il semblerait que Johnny soit bel et bien français de toute son âme, de toutes ses fibres… C’est d’ailleurs dans l’Hexagone que le chanteur a fait carrière, a conquis son public, a donné le plus de concerts (2 800 sur 3 257 en tout). C’est aussi dans notre pays qu’il a passé la plus grande partie de sa vie, là qu’il a été soigné et qu’il est mort, dans sa splendide demeure de Marnes-la-Coquette, achetée en 1999 avec Læticia et aujourd’hui à vendre…

Obsèques nationales

Comme l’affirment nos confrères de l’hebdomadaire Marianne, Laura et David, par le biais de leurs avocats, comptent bien se servir de ces arguments, dont l’un des plus percutants reste sans conteste les funérailles nationales orchestrées par le président de la République, pour faire annuler les dernières volontés de Johnny.

Parviendront-ils à leurs fins ? Il y a quelques mois, la Cour de cassation donnait tort à un autre fils de musicien, Jean-Michel Jarre, qui avait lui aussi contesté le testament que son père, Maurice, avait établi avant de mourir en 2009. Ce dernier, qui avait passé les trente dernières années de sa vie à Los Angeles et fait toute sa carrière à Hollywood, s’était, comme Johnny, appuyé sur la loi californienne pour léguer l’intégralité de ses biens à sa dernière épouse, une Américaine, et déshériter ses autres enfants, dont Jean-Michel.

Mais Maurice Jarre n’a jamais connu la popularité de Johnny en France. Ses obsèques, qui ont eu lieu dans la Cité des anges, étaient d’ailleurs sans commune mesure avec l’impressionnante cérémonie nationale à laquelle a eu droit le rocker. Quant au bref hommage que lui a rendu Nicolas Sarkozy, alors chef de l’État, il n’avait rien à voir avec le flamboyant discours qu’Emmanuel Macron a prononcé le 9 décembre dernier.

En attendant le 15 mars, une chose est sûre : en fédérant la nation autour d’une de ses plus grandes figures, le président de la République ignorait qu’il risquait de diviser un peu plus encore un clan déjà bien désuni…

Lili CHABLIS