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La tournée du Top 50

Publié le 20 mai 2016

Marc Toesca présente la tournée du Top 50. Les plus grands artistes classés au célèbre hit parade, font revivre sur scène l'euphorie des années 80, avec un spectacle très original.

Marc Toesca
Marc Toesca

« Salut les p’tits clous ! » Jeudi 25 février, Marc Toesca a ainsi ouvert le premier concert de la tournée « Top 50 – Partez en live », au Zénith de Rouen. Sa phrase fétiche nous a replongé trente ans en arrière, avec la création de la chaîne Canal+, et de son émission musicale, le « Top 50 ».

Un écran géant descendu de la scène, a laissé apparaître la célèbre voiture DeLorean qui voyage dans le temps, avec les voix du docteur farfelu Emmett Brown et celle de Marty McFly. Ces héros de la trilogie « Retour vers le futur » nous ont invité pour un voyage nostalgique dans la décennie 1984-1993.

L’inoubliable générique du hit parade a retenti, et c’est parti. Différents clips vidéos de l’époque ont été diffusés, avec des chansons restées dans toutes les mémoires, comme « Voyage voyage » de Desireless, ou « We are the world », la chanson caritative écrite par Michael Jackson et Lionel Richie pour lutter contre la famine en Ethiopie, ou encore « Joe le taxi » de la jeune Vanessa Paradis.

D’abord timidement, le public s’est prêté au jeu du karaoké, qui nous a proposé de chantonner « Besoin de rien, envie de toi » de Peter et Sloane.

Copyright Lionel Baunot
Partenaire Particulier - Copyright Lionel Baunot

C’est le groupe bordelais Partenaire Particulier, et son tube éponyme qui a débuté. Dès le premier refrain, les spectateurs ont brandit leur appareil photo et pour filmer le duo, Eric Fettweis et Manuel Ducros. C’est Manuel, musicien et choriste, qui a remplacé Pierre Béraud-Sudreau en 2009. Ils ont sorti leur troisième album il y a trois ans.

Depuis 1985, Eric a vécu d’autres passions, le graphisme, l’informatique et maintenant la post-production de vidéos. Il y a seulement quelques années, Eric a remarqué que tout le monde connaissait leur chanson : « Même les gamins de 10 ans ! Elle a traversé les générations, et pourtant, le texte est basique mais touche tout le monde. Revenir sur scène avec ce tube, trente ans après, c’est inimaginable. Nous ne pouvions pas penser que cette chanson, née pour se changer les idées, dans une chambre d’étudiant en mathématique, obtiendrait un tel succès. »

J’ai compris que j’étais mille fois mieux avec ma meilleure amie, plutôt qu’avec ma petite amie.

Ont-ils trouvé celle qu’ils décrivaient dans leur tube « une partenaire particulière, débloquée, pas trop timide et une bonne dose de savoir faire » ?

Eric a hésité et répondu le sourire aux lèvres : « Je suis marié depuis 21 ans avec une ancienne fan. Nous avons deux enfants, et je suis toujours très amoureux de Valérie. Elle avait tous nos disques et nous étions de bons copains. Rencontrés chez des amis communs, j’ai mis un an avant de réagir. Le déclic s’est fait pendant des vacances, en Espagne. Après avoir passé une semaine avec Valérie, ma copine est arrivée. Et, en une seconde, j’ai compris que j’étais mille fois mieux avec ma meilleure amie, plutôt qu’avec ma petite amie, qui n’a jamais voulu partir, et nous a pourri les vacances ! »

Sabine Paturel
Sabine Paturel

Les bêtises de Sabine Paturel !

Entre chaque passage des artistes, l’écran est redescendu et nous avons retrouvé Madonna, et son « Like a virgin », et Guesch Patti et son « Etienne ». Le deuxième artiste a se présenter était, Marian Gold du groupe allemand « Alphaville », qui a repris « Forever Young » leur succès planétaire, sorti en 1984.

Puis, c’était au tour de Sabine Paturel de régaler le public avec « Les bêtises », que toute la salle connaissait en cœur. Sa voix est restée aussi enfantine qu’à ses débuts. Comédienne avant d’être chanteuse, Sabine a laissé de côté la chanson pour quinze années de théâtre, et n’a pas connu de répit. Elle a ainsi joué dans plusieurs pièces telles que « La mégère apprivoisée », « Jeanne d’Arc », « Le barbier de Séville », ou encore « La reine Margot ».

« J’ai replongé dans la musique en 2010, grâce à la pièce « J’ai deux mots à vous dire » au théâtre Rive gauche, nous a-t-elle expliqué. Je chantais dix chansons que j’adore, et j’ai fini par les enregistrer dans l’album « Atmosphères », toujours en vente. Je vais bientôt sortir un nouveau single « Je me fous de tout », dans lequel je fous en l’air tous les contes de fées. Tout le monde meurt, c’est une horreur. Peter Pan se noie, le lapin d’Alice se pend… C’est toujours de l’humour noir, mais je le dis très gentiment. Sinon, je participe également à la tournée « Les drôles de dames » avec Desireless, Enzo Enzo et ma copine Caroline Loeb. »

Pour moi, le Top 50, c’était ce rock alternatif, cette folie créative, cette énergie et cette fraicheur manque.

C’est justement l’interprète de « C’est la ouate », qui a succédé à Sabine sur scène. Le public la connait par cœur. Après une première salve d’applaudissements, Sabine est revenue coiffée d’une casquette pour chanter « Sans contrefaçon » de Mylène Farmer.

Puis, c’était le retour de Caroline avec « Je dois m’en aller » du groupe Niagara. Elevée aux Etats-Unis, Caroline était d’abord comédienne, c’est l’écriture qui l’a amené à la chanson. Auteur pendant plus de vingt ans, elle a mis en scène des spectacles musicaux, et des pièces de théâtre.

Caroline Loeb
Caroline Loeb

« Pour la pièce « Shirley » avec Judith Magre, nous avons obtenu un Molière en 2000, nous a-t-elle raconté. J’ai aussi mis en scène Lio et des groupes de rock. En ce moment, j’ai deux spectacles « Le goujon folichon » tiré d’une histoire vraie, autour d’une maison close, et « Lemmy Constantine » le fils d’Eddy, que je mets en scène.

Et après mon hommage à George Sand, je prépare celui de Françoise Sagan, également mis en scène par Alex Lutz. Pour moi, le Top 50, ce n’était pas seulement des vedettes, c’était ce rock alternatif, cette folie créative, cette énergie et cette fraicheur manque. On inventait de nouvelles musiques, comme le zouk qui était un nouveau style musical, et qui est toujours présent. Et puis à l’époque, on était en direct à la télévision, la parole était libre, mais elle ne l’est plus. Les artistes de cette tournée, sont l’âme du Top 50 ! Nous sommes une génération d’ovnis, car personne ne ressemblait à personne. C’est un plaisir de les retrouver ! » Grâce au succès de « C’est la ouate », et aux tournées, Caroline a la chance de se produire elle-même.

Vivien Savage
Vivien Savage

Après mon deuxième album, je suis devenu cuisinier. J’ai travaillé avec des chefs japonais, et créé un restaurant sur l’île de Koh Samui, en Thaïlande.

Marc Toesca est revenu pour évoquer les années 1990, avec les premiers remixs de David Guetta. On a frissonné en écoutant l’indémodable « I will always love you », de Whitney Houston la chanson du film « The bodyguard ». Puis, le chanteur Jean-Pierre Morgand, du groupe pop-rock « Les Avions » est entré en scène avec le tube « Nuit sauvage » classé 19 semaines consécutives au Top 50, en 1986. Le public était debout, et ravi par son interprétation de « Cargo de nuit » d’Axel Bauer.

Un autre rockeur est arrivé en scène. Les spectateurs ne résistent plus et se dandinent quand Vivien Savage leur demande : « ça va les Normands ? » Les allées sont noires de monde quand il chante son grand succès « La p’tite Lady », et qu’il enchaîne avec « Osez Joséphine » d’Alain Bashung.

Nous l’avons retrouvé après le concert : « J’ai toujours été artiste, mais j’ai connu des hauts et des bas, a-t-il raconté. Après mon deuxième album, j’ai suivi une formation et je suis devenu cuisinier. J’ai travaillé avec des chefs japonais, monté des cartes à Paris, et créé un restaurant sur l’île de Koh Samui, en Thaïlande. Je suis parti en Asie pendant deux ans et revenu en 2013. J’ai aussi été correspondant de presse pour un journal « Gavroche », et écris des articles socio-culturels. Je viens de terminer deux livres qui parlent des modes de vie de l’Asie du sud est. Avec mon nouveau groupe « Vivien Savage and the boy », je serais à Paris, le 14 octobre, pour un concert au « 2 pièces cuisine ». »

Pow wow et Laura Mayne
Pow Wow et Laura Mayne

Le groupe Pow Wow chante a cappela

Les quatre artistes qui se sont présenté ensuite, chantent a cappela. Alain Chennevière, Pascal Periz, Bertrand Pierre et Laura Mayne, du groupe Native, qui a remplacé Ahmed Mouici, le quatrième chanteur des Pow Wow, pour cette tournée Top 50, nous régalent avec leur « Moi vouloir être chat », puis « Le lion est mort ce soir ». C’est Alain Chennevière, la voix la plus grave du groupe, qui nous a donné quelques nouvelles : « Nous nous sommes quittés en 1998. En 2005, Bertrand avait un projet à défendre, mais Ahmed était là. Pour cette tournée, Ahmed travaille sur un album de blues et a été remplacé par notre amie Laura, qui apporte sa touche glamour. Nous n’avions pas rechanté sur scène ces deux chansons depuis 1998. Ca fait trois jours que nous préparons ce concert de Rouen, et ce n’est que du bonheur !

Nous n’avions pas rechanté sur scène ces deux chansons depuis 1998.

On se laisse porter pour la suite, rien n’est arrêté. Ma première découverte musicale date de 1969-1970 avec les harmonies vocales des Beatles. Ma voix me vient de mon papa. J’ai toujours monté des groupes, j’écris des chansons et je me produis toujours sur scène. Je dois sortir un E.P. (4 chansons) et je continue le dessin avec mes bandes dessinées et mes portraits d’amérindiens. Mes photos sur le réseau Instagram, m’ont permis de les exposer à Caen. J’habite Paris, et ce qui m’intéresse c’est le Paris oublié, par exemple, les bars anciens qui disparaissent, les boutiques fermées. Et je me prends au jeu. A l’un de nos premiers concerts, je n’oublierais jamais à l’Olympia en 1992, la présence du « Golden Gate Quartet », un groupe de gospel américain. C’est eux qui m’ont inspiré pour créer Pow Wow. Clyde Wright, le dernier membre vivant est âgé de 85 ans, est toujours un ami. En 1993, on a fait un Taratata avec eux et c’était comme une reconnaissance. Un merveilleux souvenir. »

Laura Mayne du groupe Native
Laura Mayne du groupe Native

Christiane Obydol de Zouk Machine
Christiane Obydol de Zouk Machine

La superbe Laura Mayne, est ensuite revenue seule, pour chanter les succès de Native. Elle a interprété « Si la vie demande ça » et « Soca dance », puis a laissé la place à Zouk Machine. Christiane Obydol a réussit à faire danser tous ceux qui n’avaient pas encore osé. Avec « Maldon » (La musique dans la peau) et « Saga Africa », tout le monde a sautillé et chanté à tue tête. Christiane a eu le temps de nous parler juste avant le concert : « Le groupe s’est séparé en 2006. Il avait été créé par mon frère Guy Houllier, et mon beau-frère Yves Honoré. C’est eux qui ont écrit la plupart de nos succès. En 1986, nous étions trois filles, Joëlle Ursull et Dominique Zorobabel et moi. Depuis 2006, je suis seule avec deux choristes.

Je n’ai jamais arrêté de chanter du zouk depuis trente ans, en France et à l’étranger

J’ai repris le flambeau, et je n’ai jamais arrêté de chanter du zouk depuis trente ans, en France et à l’étranger. Pour certains, nous sommes rétro. Je ne suis pas d’accord, cette musique est la plus jeune. Notre musique soleil donne envie de danser et de chanter. Mais, on doit se battre pour que le zouk continue a exister, et dépasse les frontières. Aujourd’hui, je suis touché par ces jeunes artistes qui n’arrivent pas à faire carrière. Un concert live d’une heure « Zouk Machine anthologie », doit bientôt sortir sur une clef USB. Nous sommes les premiers à le proposer, et nous l’avons déposé à l’INPI. Ce nouveau support pour écouter de la musique, va remplacer le compact disque en voie de disparition. Cette tournée TOP 50, c’est de la nostalgie joyeuse et pas amère du tout. »

Stéphane Mellino des Négresses vertes
Stéphane Mellino des Négresses vertes

Le dernier karaoké avec « Je te donne » de Jean-Jacques Goldman enflamme le public. Puis, le clip de « Marcia Baila » des Rita Mitsouko, jusqu’au dernier artiste Stéphane Mellino, du groupe Les Négresses vertes. Les incontournables « Sous le soleil de Bodega », « Hou ! Mamma mia » et « Voilà l’été » ont terminé le show en beauté. Tous les artistes ont alors rejoint Stéphane sur scène et ont salué un public en délire.

Tous les artistes saluent le public

Les saveurs de l’époque, et surtout le goût de la liberté remontent à la surface.

La soirée s’est poursuivie dans l’un des salons VIP, où nous retrouvons Sabine Paturel : "C'était un très beau concert. Nous sommes tous solidaires, et personne ne tire la couverture. Ce soir, sans Christiane, je ratais mon entrée sur scène !".

Marc, une coupe de champagne à la main, a laissé la nostalgie l’envahir : « J’ai présenté le Top 50 du 4 novembre 1984, jusqu’en juillet 1991. En écoutant « Forever Youg », « Je te donne » de Jean-Jacques Goldman, ou les Rita Mitsouko, je suis propulsé dans le temps. Les saveurs de l’époque, et surtout le goût de la liberté remontent à la surface. Les premiers albums de Daniel Balavoine n’ont pas marché et pourtant… Aujourd’hui, il n’aurait pas eu sa chance. J’ai accepté de présenter cette tournée pour m’amuser, et sourire en entendant « Licence 4 ». On oublie les ennuis du quotidien et on fait la fête. Salut les p’tits clous ! ».

Reportage : Anita Buttez

Photos : Kevin Fouillet

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