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Lââm : Tabassée par sa propre mère !

Publié le 23 avril 2015

Dans un entretien bouleversant, la chanteuse Lââm revient sur son enfance misérable. Entre la violence au sein de son foyer et le manque de nourriture, elle aurait pu sombrer…

À l’occasion de la sortie de son futur album, prévue en septembre, Lââm était l’invitée de Thierry Ardisson, dans Salut les Terriens, le 11 avril. Motif rêvé pour revenir sur son parcours mouvementé…

Si Lamia (son vrai prénom qui signifie lumière en arabe) est née à Paris en 1971, sa famille est originaire de Tunisie. Son père a 40 ans quand il rencontre sa mère, de vingt ans plus jeune. Celle-ci, danseuse orientale, rêve de devenir une star.

DDASS

La réalité sera tout autre : la famille émigre à Montreuil (93) où son mari travaille à l’usine pour nourrir leurs sept enfants. Aigrie, elle se venge sur ses rejetons : « C’était une femme très violente », explique Lââm. À 6 ans, la fillette est placée, avec ses frères et sœurs, à la DDASS de Bourges. Comme elle le révèle, la fratrie mange au moins à sa faim. Car, à Montreuil, « on crevait la dalle ».

La chanteuse ne reverra sa mère que dix-huit ans plus tard, quand son père décide de mettre son épouse à la porte. Par la fenêtre, la jeune fille la regarde s’éloigner dans la rue. C’est le plus beau jour de sa vie : « C’est terrible de dire ça de sa mère, mais c’est vrai qu’on a fait la fête, parce qu’elle était très dure. »

Seul réconfort : la musique, qu’elle découvre à 10 ans. Elle s’amuse à reprendre en play-back Dalida, Claude François ou Donna Summer, et rêve d’en faire son métier, ce qui fait sourire ses copines du foyer : « Elles se moquaient de moi et me disaient : “Tu ne vas jamais y arriver !” Alors, je répondais : “Vous verrez, un jour, je serais la première Madonna arabe !” »

En attendant, Lââm fait les quatre cents coups. à 10 ans, elle se retrouve en garde à vue pour vol de BD de Lucky Luke. « Les parents nous foutaient à la porte de 10 h à 22 h, on faisait donc plein de bêtises… », explique-t-elle. Puis à 14 ans, elle dérobe des porte-jarretelles et des strings pour les revendre à des prostituées de la rue Saint-Denis, afin de se nourrir.

Lââm en blancUne éducatrice la remarque, à 15 ans, et l’aide à écrire une lettre à la DDASS : « Vous avez ma vie entre vos mains. Soit je vais en prison, soit je deviens chanteuse. » Sa sincérité paie : l’organisme lui finance une école pendant deux ans. Elle fait ses armes dans la rue avant de reprendre Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux, le tube de Michel Berger, qui la lancera.

Le 7 avril, Lââm, invitée par François Hollande à l’Élysée, assistait à un dîner en l’honneur du président tunisien, Béji Caïd Essebsi. Magnifique revanche pour une artiste qui n’a jamais baissé les bras…

Nina Collombe

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