France Dimanche > Actualités > Lady Diana : Les dessous de la photo scandaleuse...

Actualités

Lady Diana : Les dessous de la photo scandaleuse...

Publié le 31 août 2015

  Quelques jours à peine avant la tragédie, la presse mondiale publie les clichés de Mario Brenna montrant Lady Diana et Dodi plus amoureux que jamais. France Dimanche en fait sa couverture.  

30Pendant tout un été, le photographe italien Mario Brenna a pourchassé Lady Diana et Dodi Al-Fayed qui naviguaient sur le yacht du milliardaire en Méditerranée. En Corse-du-Sud, le paparazzo a fini par saisir ce moment de tendresse qui va faire sa fortune.

Si certains paparazzis aiment se vanter de leurs exploits, Mario Brenna fait plutôt profil bas. Et pourtant, cet Italien devenu résident monégasque (la rançon du succès et la quête d'une fiscalité clémente) a réalisé une série de clichés qui ont fait sa fortune et la une de tous les magazines people de la planète.

Car si l'homme est inconnu du grand public, tout le monde connaît ses images de Diana, l'ex-épouse de Charles, héritier de la Couronne britannique, embrassant Dodi, fils de Mohamed Al-Fayed, milliardaire et propriétaire, entre autres, du grand magasin londonien Harrods. Elles illustreront à jamais les ultimes instants de bonheur de la Princesse des coeurs.

En effet, quelques semaines plus tard, le 31 août 1997, la jeune femme trouvera la mort avec son amant, dans des circonstances troubles, à Paris, dans le tunnel de l'Alma, au terme d'une coursepoursuite avec des photographes.

Un scoop exceptionnel, dont tous ses confrères rêvaient, et à propos duquel les rumeurs les plus folles ont circulé, au grand dam de Mario : «On a dit tout et n'importe quoi au sujet de cette histoire, que je n'ai jamais racontée en détail, car, un jour, j'écrirai un livre sur le sujet.» En attendant de coucher sur papier cette aventure, il a bien voulu nous la relater.

"J'ai reconnu Diana grâce à son maillot de bain"

L'affaire commence dans les premiers jours du mois d'août. Comme chaque matin, notre paparazzi fait vrombir le moteur de son canot pneumatique, un Zodiac, et entame un tour du port de plaisance de Porto Cervo, en Sardaigne.

«Lors de cette reconnaissance, j'ai repéré un yacht, le Giancarlo, un bateau dont je connaissais l'ancien propriétaire, se souvient Mario. Dodi l'avait rebaptisé le Jonikal. La chance a voulu que, la semaine précédente, j'aie acheté toutes les revues people internationales, et repéré le maillot de bain de Diana. C'est grâce à ça que je l'ai reconnue, assise sur le pont du navire.» Comme quoi, reconnaître une bretelle suffit parfois à vous assurer la postérité!

Enfin presque! Car s'il est une vertu que les photographes apprennent à développer, tout autant que leurs pellicules, c'est la patience! Pendant deux jours, Mario va garder secrète sa précieuse information, malgré la présence de nombreux confrères dans les environs. Pendant ce temps, il garde toujours un oeil sur son précieux navire, qui finit par larguer les amarres avec, à son bord, le couple le plus recherché de la planète.

"Quand ils se sont embrassés, j'ai eu envie de crier de joie ! J'avais le bisou !"

Mario entreprend alors une filature d'autant plus complexe que son frêle esquif n'a pas la puissance ni la vitesse de sa proie. Son odyssée le conduit face au golf de Sperone, en Corse-du-Sud. Une côte que Mario connaît comme sa poche : «Je l'avais déjà parcourue avec mon Zodiac, se souvient-il, ce qui m'a bien servi ensuite. Au début, ce n'était pas très simple pour moi de travailler, car, une fois leur yacht au mouillage, Diana et Dodi sont allés se baigner du côté de Piantarella et Cavallo, où je n'avais pas un point de vue idéal. Alors je suis monté au sommet du cap Sperone, à 350 mètres d'altitude, dominant le panorama. J'ai eu à peine le temps de reprendre mon souffle que, dix minutes plus tard, ils sont sortis de leur cabine pour admirer le paysage.

C'est alors qu'ils se sont embrassés. J'ai eu envie de crier de joie! J'avais le bisou!»

->Lire aussi : Dodi et Diana n'auront eu qu'un été pour s'aimer

Il est alors 13 heures, et Mario va rester encore six heures à mitrailler au téléobjectif ses «modèles», profitant de la mer et de la plage. Le lendemain, le paparazzi revient sur les lieux de son exploit, pour constater que, comme prévu, le navire de Dodi a déjà mis les voiles. Peu importe : Mario a «dans la boîte» le plus beau coup de sa carrière! Ce n'est qu'une fois de retour à Paris qu'il développe ses images. Il lui reste encore à négocier leur vente : «Là j'ai eu la chance de rencontrer Jason Fraser, explique Mario, qui m'a aidé à les diffuser dans la presse anglosaxonne, à des tarifs très intéressants. Il s'est montré si efficace que je l'ai pris comme agent par la suite.»

"En apprenant la tragédie, j'ai pleuré"

Pendant que son compte en banque se remplit, le photographe, que tout le monde veut interroger au sujet de son scoop, décide de se mettre au vert pendant une semaine avant de reprendre ses appareils.

Au cours de ses promenades sur les quais de Porto Cervo, il croise Dodi et s'approche de lui : «J'ai voulu lui dire merci pour tout ce que je lui devais. Mais ses gardes du corps m'en ont empêché. Il ne me connaissait pas, pourtant je m'estimais redevable envers lui.»

Quelques jours plus tard, à 5h30, le 31 août, il apprend la tragédie qui s'est jouée, à plusieurs centaines de kilomètres de là, sous le tunnel de l'Alma : «J'ai pleuré, je ne pouvais pas y croire. C'était terrible! J'éprouvais une grande douleur en songeant aux fils de Diana, qui venaient de perdre leur mère, moi qui ai des enfants du même âge que William et Harry.»

Icône

La mort de Dodi et de la Princesse des coeurs n'a pas seulement fait verser des larmes, dans le monde entier, aux millions d'anonymes qui admiraient cette femme d'exception. Les circonstances du drame ont aussi mis au banc des accusés les photographes. Cela n'a-t-il pas nui à la réputation de Mario, dont le destin était intimement lié à celui des victimes? «Pas du tout, répond-il, mon histoire n'a rien à voir avec celle de Paris. J'ai été témoin d'un moment de passion et d'amour, c'est tout à fait autre chose!»

Le photographe ajoute même que «shooter» des corps après un accident de la route n'est vraiment pas son style : «J'ai toujours travaillé sur le bonheur, j'aime réaliser des images positives. C'est un choix que j'ai fait à l'âge de 20 ans.

À l'époque, j'étais dans l'armée, chez les parachutistes, et j'ai dû faire un reportage sur les obsèques d'un soldat. En voyant le chagrin de ses proches, je me suis promis de ne plus jamais prendre le moindre cliché montrant la douleur et la souffrance des gens.»

Et, quoi qu'il arrive, Mario n'oubliera jamais ceux à qui il estime devoir sa fortune : «(...) Il ne se passe pas un jour sans que je prie pour la mémoire de Diana et de Dodi.» Comme si, à ses yeux, l'image de la princesse était désormais devenue une icône...

Brice Moulin

Cette série de photos illustrera à jamais les derniers instants de bonheur de la Princesse des coeurs

610x250

À découvrir