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Lady Diana : Maman, son plus beau rôle

Publié le 28 août 2015

Princesse moderne, Lady Diana était aussi une mère exemplaire qui, toujours préféra le bonheur de ses enfants aux rigueurs du protocole.

Il est des disparitions qui marquent tant les esprits que l'on ne s'en remet jamais tout à fait. Des années plus tard, chacun a l'impression que la tragédie a eu lieu la veille. C'est ce qui se passe pour Lady Di : ce 31 août, nous commémorons déjà le dix-huitième anniversaire de sa mort injuste et brutale. Dans le monde, des millions de gens, qui admiraient et aimaient Diana, ont du mal à se persuader qu'autant de temps a passé.

Mais il y a au moins deux personnes pour qui ces dix-huit ans ont pesé de tout leur poids de chagrin ; deux jeunes hommes aux yeux de qui ce n'est pas la princesse de Galles qui a quitté ce monde, ni même la « princesse des coeurs » que chacun révère encore aujourd'hui. Non, pour eux, la tragédie est à la fois plus banale et plus déchirante : ce que les princes William et Harry ont perdu, ce fatal 31 août 1997, c'est leur mère. Car de tous les rôles que Diana a pu endosser durant sa trop courte vie, le principal, celui qui lui a toujours tenu le plus à coeur, est bien celui de maman.

Lady Diana se moquait du protocole

Marquée par le divorce de ses parents lorsqu'elle avait 8 ans, la jeune femme a toujours su quelle mère elle voulait être, pour William d'abord, né en 1982, puis pour Harry, venu au monde deux ans plus tard. Ce dont ses enfants avaient besoin, c'était de sa présence et de son amour, capables de leur apporter cette stabilité affective dont elle avait été si cruellement privée. Ce qui l'a conduite, d'emblée, à s'opposer au protocole pesant qui régnait à Buckingham en matière d'éducation.

Lady Diana

Dès la naissance de William, Diana a obtenu de n'avoir aucune obligation officielle avant 10 h 30 le matin, afin de pouvoir se consacrer à ses fils, qu'elle a pris ensuite l'habitude de conduire à l'école. De même ne manquait-elle jamais une réunion de parents d'élèves ou un spectacle de fin d'année. Le protocole, Diana le secouait aussi en matière de loisirs. C'est ainsi qu'on l'a vue souvent, avec ses deux petits princes vêtus de jeans (shocking, very shocking !), s'amuser à Disneyworld ou à Thorpe Park, se passionner pour leurs courses de karting avant d'aller avec eux dévorer un hamburger ! La princesse supportait si peu d'être séparée de ses enfants que, lors de son premier grand voyage officiel, en Australie et en Nouvelle-Zélande, elle avait exigé d'emmener William, alors âgé de 9 mois. De plus, pour accomplir ce long voyage, Charles et elle avaient pris leur fils avec eux, enfreignant à nouveau le protocole !

William, le futur roi, privé de dîner pour avoir menacé de tuer la nounou !

Mais dispenser de la tendresse et de l'affection à ses enfants n'impliquait nullement de leur laisser faire tout ce qu'ils voulaient. Diana était très consciente que leur rang exigeait une éducation sans faille, notamment dans le cas de William, l'héritier du trône, qu'elle appelait avec tendresse « ma petite terreur ». Un jour, la petite terreur en question, invitée à un goûter d'enfants, a jeté son assiette par terre, sous prétexte que ce qu'elle contenait ne lui plaisait pas. Puis, à la nanny qui s'était permis de le disputer pour cela, il a lancé : « Lorsque je serai roi, je vous enverrai mes chevaliers pour vous tuer ! » Lorsque l'incident a été rapporté à Diana, elle s'est mise très en colère contre son fils. Et William, tout futur roi qu'il était, a été privé de dîner et mis au lit séance tenante ! Une autre fois, c'est Harry qui s'est vu infliger un sermon par sa mère, parce qu'il avait remercié avec trop de désinvolture une femme qui, dans la foule, lui avait offert un modeste ours en peluche. Cette sévérité, les jeunes princes ont vite compris qu'elle était dictée par son souci de faire de ses fils des hommes bien dans leur peau. Et l'affection qu'ils éprouvaient pour leur mère transpirait dans chacun de leurs regards.

-> Lire aussi : Lady Diana, les photos inédites de son mariage !

Le choc de la séparation de Charles et Diana, puis la tragédie de la mort de leur mère ont donc été des épreuves d'autant plus difficiles à surmonter pour William et Harry. Le premier, qui était un enfant expansif, s'est en quelque sorte muré en son profond chagrin. Quant au cadet, qui n'avait pas 13 ans au moment du drame du pont de l'Alma, sa douleur a été si dévastatrice, qu'il n'est pas certain qu'elle soit aujourd'hui dissipée. Et ce n'est sans doute pas un hasard si c'est le plus souvent aux alentours du tragique anniversaire qu'Harry, parfois, « pète les plombs ».

C'était le cas il y a trois ans, avec ces photos de lui, entièrement nu et sans doute pas tout à fait sobre, qui se sont mises à circuler sur Internet : par moments, la pression de la souffrance est telle qu'elle fait, en quelque sorte, « sauter le couvercle »... Mais ce ne sont là que faux pas mineurs. Pour le reste, il semble évident que, si elle peut les voir de là où elle est, Diana doit être fière de ses deux fils, de ce qu'ils sont devenus, de ce que son amour et son attention ont fait d'eux. Fière de William, devenu un homme équilibré, un père posé. De William qui a su faire un magnifique mariage d'amour avec Kate, se laissant guider par ses sentiments plus que par le jeu des alliances dynastiques : c'est bien sûr ce que Diana aurait souhaité pour lui.

Lady Diana

Mais fière d'Harry, aussi, que l'on a pu voir reprendre le flambeau humanitaire de sa mère. En 2007, c'est lui qui a pris l'initiative de faire venir en Angleterre Sandra, la petite Angolaise qui avait perdu une jambe en sautant sur une mine, dans son pays ravagé par la guerre. Diana, bouleversée par cette tragédie, avait, en 1997, remué ciel et terre pour lui procurer la prothèse dont elle avait besoin. Et dix ans après, Harry a pris à son tour la pauvre mutilée en charge. « Je sais que c'est ce que maman aurait voulu que je fasse... », a simplement dit le jeune prince.

Car leur mère reste présente auprès de ses fils, en eux, en dépit de sa disparition, malgré ces dix-huit années d'absence. D'une certaine manière, Diana continue de les guider, de leur indiquer ce qui est bien ou mal. Elle est le phare sur lequel ils peuvent se repérer, dans la tempête continuelle qu'est une vie de prince du sang.

La conclusion, nous la laisserons à Harry, aux mots qu'il a prononcés lors du dixième anniversaire de la disparition de sa mère, en 2007, des propos plus que jamais valables aujourd'hui : « Elle était notre gardienne, notre amie, notre protectrice. Elle n'a jamais manqué de nous montrer son immense amour. [...] Elle était simplement la meilleure mère du monde. Elle nous manque. Elle nous embrassait chaque soir, son sourire éclatant nous accueillait au retour de l'école. [...] Nous pensons à elle tous les jours, nous parlons d'elle et rions en évoquant sa mémoire. » Ce rire de ses deux fils devenus des hommes, c'est probablement la plus belle récompense dont Diana pouvait rêver.

Pierre-Marie ELSTIR

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