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Læticia Hallyday : Elle a tout pris !

Publié le 22 février 2018

Læticia Hallyday aurait droit 
à 100 % de son patrimoine. Mais Laura et David contestent ce testament établi selon la loi californienne.

Il est sans doute un souvenir resté gravé dans votre mémoire depuis le 9 décembre dernier, un instant d’éternité ressemblant fort à une image pieuse. Celle de Læticia, David et Laura soudés par le chagrin et le deuil lors de l’émouvant hommage national rendu, sur les Champs-Élysées et en l’église de la Madeleine, à Johnny Hallyday, qui avait poussé son dernier soupir trois jours plus tôt.

Hélas, il apparaît que ce cliché d’un clan uni n’était qu’un mirage, vite dissipé par de profondes inimitiés au sein de cette famille. Des sentiments parfois violents, certes mis en sourdine après la mort du Taulier, mais qu’exacerbe aujourd’hui l’héritage de l’artiste.

La semaine dernière, déjà, nous vous avions évoqué les désaccords sérieux entre le beau-fils et sa jeune belle-mère de 42 ans, au sujet de l’album posthume du rocker, dont la sortie est prévue cette année.

David avait estimé « inconvenant de livrer au public sous le nom de Johnny Hallyday une œuvre qui ne serait pas intégralement de lui ».


Une façon à peine voilée de critiquer Læticia, qui est à la baguette pour finaliser un ultime opus, auquel, de toute évidence, l’aîné de Johnny refuse de s’associer. Et nous avions titré de manière prémonitoire : « La guerre est déclarée. »

Eh bien, il s’avère, même si nous aurions bien voulu, en l’occurrence, avoir tort, que cette métaphore belliqueuse était prophétique.

Pire encore, un nouveau front vient de s’ouvrir dans ce combat fratricide. Et cette fois, c’est Laura, la fille que Johnny a eue avec la comédienne Nathalie Baye, qui tire la première salve.

Douleur

Dans un communiqué daté du 12 février, l’actrice de 34 ans a d’abord fait savoir que, ayant pris connaissance des dispositions successorales de son père, elle avait décidé de contester par voie de justice un testament rédigé en avril 2014 alors que, selon BFM, Johnny estimait que ses aînés avaient assez bénéficié de sa notoriété.

À ses yeux, ce texte contrevient à la loi française : « Laura Smet a découvert avec stupéfaction et douleur le testament de son père Johnny Hallyday au terme duquel l’ensemble de son patrimoine et l’ensemble de ses droits d’artiste seraient exclusivement transmis à sa seule épouse, Læticia, par l’effet de la loi californienne. S’il en était ainsi, son père ne lui aurait rien laissé : ni bien matériel, ni prérogative sur son œuvre artistique, ni souvenir – pas une guitare, pas une moto, pas même la pochette signée de la chanson Laura qui lui est dédiée. Ce testament prévoit aussi qu’en cas de prédécès de son épouse, l’ensemble des biens et des droits de Jean-Philippe Smet seraient exclusivement transmis à ses deux filles, Jade et Joy, à parts égales. »

Ces dispositions lui semblant extravagantes, la jeune femme a confié la défense de ses intérêts à ses trois conseils, maîtres Ravanas, Sur et Temime. Plus important encore, David, son demi-frère, s’est porté codemandeur dans cette procédure. À la lecture de ce texte, une évidence semble s’imposer : Læticia a tout pris, en jouant sur la législation californienne très différente de celle en vigueur dans l’Hexagone.

Car, en France, les textes prévoient une réserve héréditaire, ce qui empêche les parents de spolier totalement leurs enfants. En revanche, outre-Atlantique, un citoyen a le droit de choisir en toute liberté celui auquel il léguera sa fortune.

La dernière épouse de Johnny a peut-être créé à cette fin un Family Trust, comme l’avait notamment fait le célèbre compositeur Maurice Jarre, décédé en 2009 et auteur des bandes originales de nombreux films mythiques à Hollywood. Il avait du même coup déshérité son fils, Jean-Michel, star de la musique électronique. Ce dernier, fâché avec son père depuis longtemps déjà, avait décidé de porter l’affaire devant les tribunaux.

Et en septembre 2017, la plus haute juridiction française, la Cour de cassation, lui a donné tort, estimant que le défunt, qui vivait depuis 1965 aux États-Unis, pays dans lequel il s’était marié à deux reprises et où il avait fait toute sa carrière, pouvait légitimement être considéré comme un résident de sa patrie d’adoption et qu’il n’y avait en aucun cas une volonté de fraude de sa part.

Défaveur

Les magistrats avaient par ailleurs précisé dans leurs attendus que les héritiers concernés ne se trouvaient pas « dans une situation économique de précarité ou de besoins ». Tel ne semble pas non plus être le cas de David et Laura, et cette jurisprudence pourrait jouer en leur défaveur. Ils ne manquent cependant pas d’atouts dans leurs manches, car le cas de Maurice Jarre apparaît tout de même bien différent de celui de Johnny.

Le rocker ne résidait à Los Angeles, dans sa maison de Pacific Palisades, que depuis 2013. Il donnait ses concerts (dont son ultime tournée, Les vieilles canailles, l’été dernier) et vendait ses disques presque exclusivement en France. Sa terre natale, où l’artiste et sa petite famille passaient du temps dans leur maison de Marnes-la-Coquette, quand ils ne posaient pas leurs valises dans leur superbe villa de Saint-Barth, petit paradis antillais et partie intégrante du territoire français.

Pas sûr donc que Johnny ait passé six mois de l’année 2017 en Californie, comme l’exige le statut de résident… Autres éléments à prendre en compte : Jade et Joy sont scolarisées dans la Cité des anges, et cela va dans le sens de Læticia, mais si Johnny payait ses impôts en France, son beau-fils et sa belle-fille marqueraient à leur tour un point.

Bataille

On le voit, la bataille juridique ne fait que commencer et risque de durer très longtemps (neuf ans auront été nécessaires avant que l’affaire Jarre connaisse son dénouement). Et l’enjeu est certes d’importance, si l’on considère de plus près le patrimoine laissé par le rocker.

En 2016, le magazine Capital le classait comme le deuxième chanteur le mieux payé de France, avec 16 millions d’euros de gains. Mais il s’agissait là d’une de ses meilleures années. À cela s’ajoute un impressionnant parc immobilier. Sa villa de Marnes-la-Coquette, dont Johnny a fait don à son épouse, et qui ne figurera donc pas dans l’héritage, est estimée à environ 20 millions d’euros ; le chalet à Gstaad, en Suisse, vaudrait 9,5 millions d’euros ; sa maison de Los Angeles, 12 millions d’euros ; sa demeure à Saint-Barth est actuellement à louer à la semaine pour une somme variant de 28 000 à 53 000 euros selon la saison.

À cela s’ajoutent ses droits d’interprétation sur plus de 1 300 titres, l’artiste n’étant compositeur ou parolier que pour une centaine d’entre elles. S’il est difficile de prédire ce que ces royalties rapporteront exactement, au vu de la fidélité des fans, cela devrait offrir une rente appréciable à ses ayants droit. Cependant, même si ces chiffres donnent le vertige, tout n’est pas qu’une affaire de gros sous.

Car, au-delà de cette lutte, dans une lettre adressée à son défunt père et rendue publique ce même 12 février, Laura expose ses blessures, son incompréhension en s’estimant « trahie » par celui qu’elle aimait tant : « Voilà plus de deux mois que tu es parti, tu me manques tellement, je ne t’ai jamais senti aussi proche de moi […] Il y a encore quelques semaines, tu me disais à table : “Alors, quand est-ce que vous faites un enfant ?” Mais que vais-je pouvoir lui transmettre de toi, toi que j’admire tant ? Toutes les nuits, tu viens me voir dans mon rêve, je te vois : tu es beau, sans aucun tatouage, tu es enfin libre et tu cours dans la brume, l’air totalement perdu et apeuré. Tant de questions sans réponses. Toutes ces fois où on a dû se cacher pour se voir et s’appeler ! Il m’est encore insupportable de ne pas avoir pu te dire au revoir, papa, le sais-tu au moins ? Je t’entends papa, et moi j’ai choisi de me battre […] Je suis si fière d’être ta fille. Je t’aime. »

Ces propos émouvants d’une fille pleurant le père que la mort lui a volé remontent aux sources du conflit qui l’oppose aujourd’hui, tout comme David,
à Læticia.

Cette dernière n’a jamais porté Laura dans son cœur, la considérant presque comme une rivale, au vu de leur faible différence d’âge. Pour la voir, Johnny était même obligé de mentir à sa femme, racontant par exemple avoir rendez-vous chez la dentiste avant de la rejoindre. Et cette situation ne s’est pas arrangée après que la star a frôlé la mort, sauvée in extremis par les chirurgiens de l’hôpital Cedars Sinaï à Los Angeles.

Petit à petit, Læticia aurait fait le vide autour de son homme. Comme en témoigne un employé de la société Magnum, chargée de l’éclairage lors des spectacles du chanteur : « Elle a dépossédé Johnny de toutes responsabilités, elle l’a caché, avait un œil sur tous les contrats. Lors d’un repas, elle aurait même déclaré : “Je vais faire de Johnny une cash machine”. » Devenue directrice artistique de son chéri, elle avait aussi pris les rênes de ses affaires en fondant la société Mamour SARL. Cela ne devait pas déranger plus que ça son époux, plutôt cigale que fourmi, et qui déclarait à Amanda Ethers dans sa biographie publiée chez Plon, Dans mes yeux : « Je me fiche de l’argent, pour moi, il sert à vivre, je ne le garde pas dans de grands coffres… »

Adieu

Des indices laissaient déjà deviner que les relations entre les aînés de la star et leur belle-mère ne pouvaient guère s’arranger.

Déjà, à la mort du rocker, elle avait prévenu l’AFP et l’Élysée, mais ni Laura ni David ! Par la suite, Læticia avait insisté pour que le malade revienne chez lui, contrairement à David qui voulait qu’il reste hospitalisé. David s’était aussi étonné que son père oppose une fin de non-recevoir à ses demandes de visite envoyées par SMS. Johnny lui aurait affirmé ne les avoir jamais reçues, ce qui peut supposer qu’une tierce personne avait la main sur le portable de la star agonisante.

En fait, dans la villa de Marnes-la-Coquette transformée en clinique, les deux aînés n’auront jamais l’occasion de dire adieu à leur père. Et lors de l’hommage national, ils ne faisaient pas partie de la garde rapprochée de la veuve éplorée. Même le choix d’enterrer Johnny à Saint-Barth, loin de ses fans et de sa famille, a fait polémique.

Aujourd’hui que les couteaux sont tirés, Læticia a riposté aux messages de Laura dans un communiqué adressé à l’AFP exprimant son « écœurement de l’irruption médiatique autour de la succession de son époux », tout en se disant sereine et prête à tout pour « faire respecter le travail et la mémoire de son mari ».

Pas sûr qu’en s’arrogeant le monopole sur la postérité et la fortune de la star, en jouant la gardienne du temple, elle augmente son capital sympathie auprès des fans de Johnny et de sa famille, même si la justice devait la laisser seule héritière d’un coquet patrimoine…

Claude LEBLANC

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