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Læticia Hallyday : Elle parle enfin !

Publié le 20 avril 2018

Attaquée de toutes parts, Læticia a choisi de donner sa version des faits au magazine “Le Point”. Confidences d’une femme anéantie mais déterminée à se battre.

Enfin !

Quatre mois après la mort de son homme, Læticia sort du silence. En exclusivité pour Le Point, la veuve de Johnny a décidé de dire sa vérité. Et cette vérité risque de bousculer bien des certitudes sur cette guerre de succession qui a fait voler en éclats un clan que l’on croyait uni.

La maladie et les derniers instants de son grand amour, sa vie sans lui, ses relations avec David et Laura, le testament, le fameux trust qui a fait couler tant d’encre : elle laisse parler sans cœur, sans tabou ni rancœur…


Le cancer

« La maladie s’est développée très vite. Pourtant, qu’est-ce qu’on s’est battus ! » Comme l’explique Læticia, en septembre dernier, son mari, qui jusque-là avait incroyablement bien résisté au mal, « a mis un genou à terre ». Au point qu’il n’arrivait même plus à marcher…

Car le cancer s’était attaqué non seulement à ses poumons et son foie, mais aussi à ses os ! La souffrance du rocker était terrible, malgré les doses massives de morphine destinées à le soulager. Et il a fallu l’opérer. Lui faire une « cimentoplastie », c’est-à-dire lui injecter du ciment dans les os afin de les renforcer !

Hélas, cette lourde intervention n’a pas suffi, et Johnny a dû en subir deux autres ! Parallèlement, il faisait chaque jour des séances de radiothérapie…

A cela s’ajoutait une chimiothérapie, des transfusions sanguines… Et en octobre, il a dû être nourri par sondes et a ensuite été opéré de la vésicule biliaire. Véritable phénix, il est parvenu à remarcher…

Læticia était persuadée qu’il allait gagner sa bataille.

Mais une semaine plus tard, il avait du mal à respirer. Début novembre, c’est elle qui l’emmène à la clinique Bizet. C’est là que les médecins la prendront à part et lui diront cette phrase terrible : « La guerre est finie, Læticia. On n’a plus d’armes, son corps ne supportera plus rien… »

Les derniers moments

Personne ne dit à Johnny que son combat est terminé. On le ramène dans sa maison de Marnes-la-Coquette, où il dort dans son bureau, « aménagé en chambre d’hôpital ».

Ses proches dorment auprès de lui, sur des matelas, à même le sol…

Jusqu’à la fin, il a éprouvé des désirs et des envies. Le jour de sa mort, il a demandé au chef Jean-François Piège de lui préparer une langouste…

A un moment de cette journée, la grande amie de Læticia, la chef Hélène Darroze, est venue la voir. Læticia est donc sortie de la chambre de Johnny pour quelques minutes…

C’est là qu’il est parti pour toujours. « Je me suis effondrée. J’ai mis trois heures à me relever », a confié la veuve.

Le testament

Est-ce, comme l’affirme la jeune femme, parce que la mort l’a hanté toute sa vie que Johnny a fait plusieurs testaments ?

Sa plongée d’un mois dans un coma artificiel, en 2009, a profondément bouleversé sa vision des choses et de l’existence.

Mais c’est le crash de la Malaysia Airlines, en 2014, qui le fera modifier du tout au tout ses dernières volontés, comme l’explique Læticia : « Mon mari m’a dit : “On voyage souvent ensemble ; et si l’avion s’écrase ? Qui protégera Jade et Joy ?” »

Soucieux d’assurer un avenir à ses filles, Johnny épargnait pour leurs études. Mais sa grande hantise était de savoir qui les élèverait si lui et sa tendre épouse venaient à disparaître.

Ce n’est pas cette dernière, mais Johnny, qui a alors pensé à Grégory Boudou :
« J’ai été très surprise par ce choix, car mon frère, c’est l’opposé de mon mari, […] il n’a aucune folie dans sa vie. Mon mari m’a dit : “C’est un type normal. C’est lui qui doit s’occuper des enfants s’il nous arrive quelque chose” », explique la veuve.

Quant à la question brûlante : pourquoi Johnny n’a-t-il pas couché ses deux aînés sur son ultime testament ?, la réponse est simple. D’une part, il leur avait déjà fait des donations de son vivant, d’autre part, il estimait que David comme Laura étaient deux artistes reconnus et donc « sortis d’affaire ».

David et Laura

Ses deux aînés auraient attendu longtemps avant de rendre visite à leur père après avoir appris qu’il était malade.

David, six mois, Laura, quatre.

Mais Læticia dit ne pas les juger. « Ils avaient sans doute leurs raisons. »

Entre autres, le fait que David venait de vivre le même drame avec la maladie de son beau-père. Elle explique qu’elle les tenait au courant de l’état de Johnny régulièrement par SMS, leur envoyant des photos. Et qu’ils lui en étaient reconnaissants.

Parfois, le rocker souffrait quand il apprenait que son fils était venu à Los Angeles, ou ensuite à Paris, sans passer le voir. « Tu vois, ils n’en ont rien à foutre de moi ! », disait-il à son épouse.

Sur le fait que Læticia les aurait tenus éloignés de lui, elle affirme : « C’est totalement faux ! » Et explique : « C’est mon mari qui, à la fin, ne voulait plus ! »

Selon elle, les visites l’épuisaient et lui donnaient « la sensation qu’il allait mourir ». « J’en ai marre, je veux rentrer chez moi, retourner à Los Angeles avec mes filles. […] Dis-leur de partir ! », lui aurait-il assené.

Quant au fait qu’ils n’auraient reçu aucun objet de leur père, Læticia assure que s’ils lui en avaient demandé, elle les leur aurait donnés…

C’est leur refus de communiquer avec elle qui aurait tout bloqué.

Au sujet de l’organisation des obsèques, elle tient à préciser qu’elle ne les a pas écartés non plus et leur a proposé d’assister « à tout ». Selon elle, ils n’ont pas voulu fermer le cercueil ni descendre les Champs-Élysées à son côté. Elle ajoute qu’elle a trouvé « tellement étrange » que David et Laura fassent appel à des avocats pour lui communiquer leurs souhaits pour la célébration. « Jamais, dit-elle, je n’aurais pu imaginer ce qui se passe aujourd’hui. »

Ses relations avec Emmanuel et Brigitte Macron

On savait que le couple présidentiel avait joué un grand rôle pour tenter d’apaiser les tensions et réunir la famille de Johnny, dans les jours suivant sa disparition. Emmanuel Macron avait notamment convaincu David et Laura d’assister le 9 décembre à l’hommage rendu à leur papa sur les Champs-Élysées et à la messe donnée en l’église de la Madeleine, à Paris…

Mais ce que Læticia révèle, c’est que le chef de l’État et son épouse étaient proches de son couple bien avant que le cancer soit diagnostiqué : « J’avais organisé un anniversaire pour Line Renaud, on m’avait dit quelles personnes elle aimerait avoir. J’ai contacté Brigitte Macron, parmi d’autres. »

Entre les deux femmes, le courant est tout de suite passé, à tel point qu’elles sont toujours restées en contact.

Lorsque la maladie de Johnny s’est déclarée, Læticia l’a annoncé à la première dame, qui a pris des nouvelles de lui régulièrement. « Elle passait de temps en temps le président à mon mari au téléphone. Juste une ou deux minutes. »
Et d’ajouter, avec une immense admiration : « Brigitte, c’est une femme bienveillante et intelligente. Les gens intelligents nous rendent meilleurs. »

Le trust

A la veille de l’audience qui a eu lieu au tribunal de grande instance de Nanterre le 30 mars dernier, étaient dévoilés les détails de ce fameux trust qui englobe l’héritage de Johnny Hallyday, et qui est au cœur de la succession.

Cette entité juridique typique du droit américain, constituée en juillet 2014, trois ans et demi avant le décès du chanteur, rassemble toutes ses possessions, sauf les biens immobiliers situés en France.

Cette disposition voulue par son homme ne lui était pas familière au début, admet Læticia dans cette longue interview au Point. C’était sa manière à lui de continuer d’être là pour sa femme et ses filles après sa disparition : « Il voulait que Jade, Joy et moi soyons protégées, et que, pour cela, le patrimoine qui resterait à sa mort soit géré non par moi, mais par un professionnel, neutre et objectif. »

Ce professionnel est une banque, habilitée à autoriser ou non Læticia à vendre une maison ou une œuvre d’art. « Je suis bénéficiaire, avec mes filles, mais le patrimoine doit être préservé, je ne décide de rien », a-t-elle enfin expliqué.

Le sentiment d’abandon de Johnny

Abandonné par ses parents, Johnny a souffert toute son existence de ce terrible traumatisme. Il a d’ailleurs eu beaucoup de mal à pardonner à son père d’être parti quand il était enfant. « Il en parlait énormément, confie Læticia. Parfois il avait besoin de boire pour tout dire. Mais ça ne le lâchait jamais. »

Cette épreuve, il a finalement réussi à la surmonter grâce à l’arrivée de Jade et Joy. Aujourd’hui, les petites filles, adoptées par le couple au Vietnam, continuent de penser tendrement à leur papa, lui laissant toujours des dessins et des mots pleins d’amour.

Des gestes bouleversants qui rappellent à cette maman aimante et attentive que leurs deux enfants ont vécu la même chose que leur père : l’abandon.
« Elles se sont construites comme ça. Il y a tellement de lui en elles ! »

Sa vie sans son mari

Plus de quatre mois se sont écoulés depuis la disparition de son époux. Mais la peine est toujours aussi vive. « Il était mon monde entier et réciproquement ».

Dans leur sublime villa de Los Angeles, il n’est pas un centimètre carré qui ne lui rappelle Johnny. « Tout me ramène à lui. Jusqu’à l’air que je respire », explique-elle.

C’est à la fois un baume et une douleur. Læticia, qui confie pleurer tous les jours l’absence de son grand amour, ne trouve de réconfort que dans les promesses qu’elle lui a faites. En les tenant, elle le perpétue par-delà la mort.

Elle s’est ainsi engagée à s’occuper de l’association La bonne étoile, qu’ils ont fondée ensemble, mais aussi à faire exister l’œuvre du rocker : « Il m’a demandé de continuer à le faire vivre dans le cœur des hommes. »

Une mission pas toujours évidente. En effet, la malheureuse avoue avoir toutes les peines du monde à réécouter ses chansons, cette voix qui, plus jamais, ne s’adressera à elle…

Claude LEBLANC

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